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Neuf Sciences Po régionaux lancent le groupe ScPo pour mutualiser formations, recrutements, fonds et mobilités, renforcer attractivité internationale et démocratisation

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Neuf IEP régionaux lancent le « groupe ScPo » (Aix, Lille, Lyon, Rennes, Saint‑Germain‑en‑Laye, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Grenoble) pour renforcer leur poids dans l’enseignement supérieur en mutualisant formations, recrutement, financements et mobilité. Déjà concrétisé par une bourse commune d’environ 100 masters et des échanges de mobilité, ce regroupement — structure juridique à définir, mise en œuvre prévue fin 2026 — vise à favoriser la démocratisation, l’attractivité internationale et préserver une identité collective pour près de 20 000 étudiants.

Par Marie-Christine Corbier

Neuf Instituts d’études politiques (IEP) de région ont engagé un projet de regroupement destiné à renforcer leur poids dans l’enseignement supérieur. Baptisé « groupe ScPo » dans une note citée par l’agence AEF info et consultée par Les Echos, ce collectif doit voir le jour d’ici à la fin de l’année, avec une mise en œuvre prévue pour la fin 2026.

Une alliance de neuf IEP

Le futur groupe rassemblera sept IEP du concours commun du réseau Sciences Po — Aix, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse — ainsi que Sciences Po Bordeaux et Sciences Po Grenoble. L’identité juridique du regroupement, qui pourrait prendre la forme d’un groupement d’intérêt public ou d’une autre structure, n’est pas encore tranchée.

Les directions des établissements soumettent actuellement le projet au vote de leurs conseils d’administration. Les promoteurs du projet indiquent vouloir s’inspirer de réseaux d’écoles d’ingénieurs, comme les écoles Centrale, les Insa ou les INP, qui pèsent davantage à la Conférence des grandes écoles parce qu’ils sont structurés collectivement.

Des premières mesures déjà en place

Le processus de rapprochement est déjà opérationnel sur certains points. Pour la première fois, les étudiants de 3e année ont choisi parmi une bourse commune d’environ cent masters proposés par les neuf IEP, ce qui facilite la mobilité inter‑établissements : à la rentrée suivante, un étudiant ne poursuivra pas nécessairement sa scolarité dans l’IEP où il l’a commencée.

Les Jeux Inter‑Sciences Po, qui se dérouleront à partir du 4 avril, servent de cadre à ce calendrier politique et symbolique. En marge de l’événement sportif, les directeurs doivent finaliser le montage du « groupe ScPo » et préciser les étapes suivantes.

Recrutement, démocratisation et identité commune

Le document transmis aux conseils d’administration évoque « une coordination partagée des politiques de recrutement et d’accès », tout en respectant « la diversité des modalités existantes », y compris le concours commun et les concours spécifiques de Bordeaux et Grenoble. Ces deux établissements ne prévoient pas d’adhérer au concours commun, selon la note.

Les promoteurs envisagent aussi une mise en commun des programmes de démocratisation. Tous les IEP mènent des actions pour aider des élèves d’origine modeste ou rurale à surmonter l’autocensure et accéder à l’enseignement supérieur. Le regroupement devrait permettre de conduire « une véritable politique d’aménagement du territoire » et de réduire les « zones blanches », en attirant des financements de mécènes nationaux plutôt que locaux.

Les partisans du projet insistent sur la nécessité de préserver une identité commune et le projet éducatif des IEP. « Le futur ensemble ne se constituera surtout pas contre Sciences Po Paris », affirment plusieurs administrateurs. L’objectif affiché est de défendre « l’étiquette Sciences Po, sa diversité disciplinaire et les valeurs de service public » contre les détournements du modèle.

Un administrateur dénonce les accusations récurrentes visant les IEP : « On est associés à l’islamo‑gauchisme et au wokisme ou à des structures élitaires non ouvertes sur la diversité, ce qui est totalement faux dans les deux cas. »

Ressources, partenariats et mutualisation

Au‑delà des questions pédagogiques, le regroupement vise des retombées financières. Les neuf IEP espèrent candidater ensemble à des appels à projet nationaux, européens ou internationaux et ainsi accroître leurs ressources propres.

La mutualisation pourrait aussi concerner les partenariats internationaux. Les directions imaginent, par exemple, d’échanger des « slots » de mobilité afin qu’un étudiant puisse partir dans un pays où une place manque en profitant d’une place disponible dans un autre IEP.

Les discussions à venir porteront notamment sur l’éventuelle création d’une voie internationale de recrutement pour améliorer l’ouverture à l’international, une question qui, selon certains participants, prendra « deux à trois ans » avant d’être mise en place si la décision est prise.

Au total, le futur ensemble regrouperait près de 20.000 étudiants et souhaite conjuguer autonomie locale et actions coordonnées. Les étapes formelles restent à franchir dans les conseils d’administration, mais le mouvement de coopération est déjà tangible dans les pratiques académiques et les projets partagés.

Parlons Politique

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