62e Salon de l’agriculture : vaches absentes pour dermatose, syndicats en boycott et colère paysanne contre Mercosur, coûts et prix insuffisants

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62e Salon de l’agriculture : une édition inédite marquée par l’absence des vaches — retirées pour cause de dermatose nodulaire — et par des tensions syndicales visibles dès l’inauguration. La Confédération paysanne et la Coordination rurale ont boycotté la cérémonie, tandis que les agriculteurs protestent contre les accords commerciaux (Mercosur), la hausse des coûts et des prix insuffisants. La visite d’Emmanuel Macron, sans la traditionnelle photo auprès de la vache « Biguine », a mis en lumière une crise de confiance entre le monde rural et les pouvoirs publics, transformant le Salon en terrain de revendications concrètes.

La 62e édition du Salon de l’agriculture s’est ouverte dans un climat inhabituel, marqué par l’absence des vaches vedettes et par des tensions syndicales visibles dès l’inauguration. Emmanuel Macron a effectué la traditionnelle sortie d’ouverture, mais sans la présence des deux principaux syndicats et sans la vache « égérie » pour la photo officielle.

Absence des animaux et contraintes sanitaires

Pour la première fois dans l’histoire récente de la « plus grande ferme de France », les ruminants n’étaient pas à l’honneur lors du lancement officiel. Les vaches ont été retirées du Salon en raison d’une crise de dermatose nodulaire contagieuse, une maladie dont la gestion a pesé sur l’organisation et les présences animalières.

La décision d’éloigner les animaux a transformé l’image traditionnelle de l’événement et relancé le débat sur les mesures sanitaires à adopter dans les foires et expositions agricoles. L’absence de la vache emblématique, nommée Biguine, a été particulièrement remarquée : le président a échangé avec l’éleveur sans pouvoir s’arrêter près de l’animal, désormais absent des espaces d’exposition.

Contexte politique et revendications économiques

Le Salon se tenait aussi sur fond de contestation portée par plusieurs questions économiques. L’accord commercial avec le Mercosur, conclu le 17 janvier, figure parmi les éléments ayant alimenté la mobilisation des agriculteurs cet hiver. Pour de nombreux éleveurs et syndicats, ces accords et la concurrence qu’ils créent constituent un facteur d’inquiétude pour les filières nationales.

Cette inquiétude se mêle à des revendications plus larges liées aux prix, aux coûts de production et aux conditions de commercialisation. Les débats en marge du Salon ont rappelé que l’événement reste une vitrine — mais aussi un terrain de confrontation entre attentes du monde agricole et orientations politiques nationales.

La présence du chef de l’État, accueilli par des représentants agricoles et des élus triés sur le volet, n’a pas suffi à apaiser ces tensions. Entouré d’un dispositif de sécurité renforcé, Emmanuel Macron est entré dans le Salon à 8h30 le samedi 21 février et a entamé sa déambulation en rencontrant des acteurs du secteur, sans la pause symbolique près de la vache égérie.

Tensions syndicales et boycotts

La traditionnelle photo d’ouverture, et surtout le petit déjeuner organisé avec la présidence, ont été marqués par des absences. La Confédération paysanne a annoncé deux semaines auparavant qu’elle ne participerait pas au petit déjeuner présidentiel et qu’elle boycotterait l’inauguration. « Nous ne voulons pas être les pantins du show présidentiel annuel. Il est indécent de jouer le jeu dans une vitrine fantoche », a déclaré Stéphane Galais, porte-parole du syndicat.

La Coordination rurale s’est également tenue à l’écart de cette cérémonie, prolongeant une dynamique de désaccord avec la posture institutionnelle lors du Salon. Ces décisions de boycott traduisent une défiance envers les gestes symboliques jugés insuffisants face aux problèmes structurels rencontrés par les exploitations.

Sur place, d’autres organisations agricoles étaient présentes et ont échangé avec le président, mais l’absence de deux syndicats reconnus a rendu l’atmosphère plus tendue que lors des éditions précédentes. Les responsables syndicaux refusent de réduire leurs revendications à une simple mise en scène et réclament des mesures concrètes en faveur des filières.

Un Salon entre tradition et crise

Le Salon de l’agriculture conserve sa fonction de rencontre entre le monde rural et les décideurs publics. Pourtant, cette édition montre à quel point des enjeux sanitaires et commerciaux peuvent transformer un rendez-vous traditionnel en lieu de contestation. L’image a changé : les allées sans animaux et les sièges vides au petit déjeuner présidentiel resteront des signes visibles d’une crise de confiance.

Si le Salon continue d’être un lieu privilégié d’échanges, l’édition actuelle illustre la fragilité du consensus autour de cet événement. Entre gestion sanitaire, accords internationaux et demandes de réformes économiques, les revendications agricoles ont trouvé, pendant l’inauguration, une expression claire et déterminée.

Parlons Politique

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