Accord UE‑Mercosur : LFI et RN déposent deux motions de censure à l’Assemblée — débat tendu sur la colère des agriculteurs, adoption improbable

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À l’Assemblée nationale, LFI et le RN déposent deux motions de censure liées à l’accord UE‑Mercosur et à la colère des agriculteurs. Malgré la mobilisation et les menaces de dissolution, l’adoption paraît improbable, le débat révélant des divisions politiques marquées.

Mercredi 14 janvier, l’Assemblée nationale examine deux motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Les textes visent à sanctionner l’exécutif au lendemain des nouvelles annonces du premier ministre, Sébastien Lecornu, et à la veille de la signature prévue, samedi, d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Le contexte est marqué par un mouvement de colère agricole qui s’est poursuivi mercredi matin à Toulouse.

Faible probabilité d’adoption malgré l’unanimité politique affichée

Malgré une opposition politique présentée comme large à cet accord, les motions ont peu de chances d’aboutir. Ni le Parti socialiste (PS) ni Les Républicains (LR) n’ont souhaité s’y associer. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, avait estimé dimanche qu’il était « absurde » de censurer le gouvernement alors que le président de la République, Emmanuel Macron, s’est officiellement déclaré opposé au traité.

Sur Europe 1‑CNews, le président de LR, Bruno Retailleau, a rappelé mercredi : « J’avais dit avant la semaine dernière que si Emmanuel Macron votait pour le texte, alors nous pourrions censurer (…). Il a voté contre. » Il a également relativisé l’efficacité de la motion : « La motion de censure en France, ça n’apporte rien du tout. C’est désormais au Parlement européen que cela va se jouer. »

Menace de dissolution et stratégie de l’exécutif

Le dépôt des motions a provoqué une réaction vive de l’exécutif, qui a brandi vendredi la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement. L’exécutif a indiqué se préparer à des législatives anticipées, couplées aux municipales en mars, si la motion devait aboutir.

Parallèlement, l’exécutif a fait un geste vers les agriculteurs en s’opposant vendredi à la signature de l’accord avec le Mercosur. Cette prise de position est restée minoritaire au sein des autres États membres de l’Union européenne.

Accusations et justifications des groupes d’opposition

Pour LFI, le non déclaré par Emmanuel Macron ne suffit pas. Le parti accuse le président d’avoir « laissé ouverte la porte de la capitulation du pays face à la Commission européenne », et qualifie de « artifices » ses tentatives d’obtenir des contreparties.

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, a justifié la motion sur France 2 en la présentant comme une réponse à « un gouvernement minoritaire qui est illégitime et continue une politique coûte que coûte dont plus personne ne veut dans le pays ». Sa position souligne un reproche plus général sur la légitimité et la ligne politique de l’exécutif, au‑delà du seul dossier agricole.

Le RN, de son côté, reproche à l’exécutif de ne pas avoir su « utiliser tous les moyens de négociation à sa disposition » pour faire échec à l’accord. Les députés d’extrême droite estiment que « la France, deuxième contributeur net au budget de l’UE, se fait imposer un tel accord qui lui est si défavorable ». Sébastien Chenu, vice‑président du groupe RN, a précisé sur Franceinfo que la motion vise « à soutenir les agriculteurs, ensuite à dénoncer l’hypocrisie et la nullité de ce gouvernement en la matière ».

Alliances parlementaires et positions des autres groupes

Le groupe Gauche démocrate et républicaine (communistes et ultramarins) a annoncé qu’il voterait la motion portée par LFI, estimant que la position du président de la République « n’a pas toujours été très claire ». Les écologistes, qui dénoncent un refus « de façade », ont plaidé pour que la France saisisse la Cour de justice de l’Union européenne afin de contester l’application provisoire du traité. Ils devraient, selon le texte d’origine, se ranger aux côtés de la motion de LFI.

Au final, l’issue parlementaire apparaît liée aux choix tactiques des formations de centre‑gauche et de droite. Si le PS et LR n’apportent pas leur soutien, la motion manquera des voix nécessaires pour renverser le gouvernement, même si elle cristallise un mécontentement persistant sur le dossier agricole et la stratégie européenne.

La journée de débat et de vote à l’Assemblée devrait permettre de mesurer l’intensité du désaccord politique autour de l’accord Mercosur et d’évaluer les répercussions possibles sur la scène nationale, alors que la question des aides et des compromis pour l’agriculture reste au cœur des revendications.

Parlons Politique

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