Le dossier judiciaire surnommé « des barbouzeries » autour du Paris-Saint-Germain et de son président qatarien, Nasser Al-Khelaïfi, rassemble plusieurs volets et de nombreux noms connus. Parmi eux apparaît celui de Rachida Dati, ministre de la Culture et maire (Les Républicains) du 7e arrondissement de Paris, dont la situation judiciaire se complexifie par recoupements avec d’autres affaires.
Des liens personnels au cœur d’un dossier à tiroirs
Plusieurs enquêtes juxtaposées composent ce qu’on désigne communément comme l’affaire des « barbouzeries » autour du PSG. Selon des articles de Libération et Mediapart, le point de jonction entre Rachida Dati et l’un des volets du dossier tient à son ancienne amitié avec le lobbyiste franco‑algérien Tayeb Benabderrahmane. Ce lien personnel, aujourd’hui rompu, est cité par ces médias comme l’élément qui relie Mme Dati à des investigations dans lesquelles M. Benabderrahmane est poursuivi.
La présence de personnalités issues de milieux politiques, économiques et médiatiques a transformé l’enquête en véritable « who’s who », multipliant les branches d’investigation et les interrogations sur les interactions entre acteurs publics et privés.
Les mises en cause et les chefs d’accusation cités
Rachida Dati est, d’une part, renvoyée devant le tribunal correctionnel pour « corruption » dans une affaire liée à l’ex‑PDG de Renault‑Nissan, Carlos Ghosn. D’autre part, elle fait l’objet d’une autre information judiciaire qui porte sur ses rémunérations lorsqu’elle siégeait au Parlement européen (2009‑2019), et qui évoque notamment des faits qualifiés de « détournement de fonds publics ». Ces éléments figurent dans le dossier tel que rapporté par la presse.
Pour sa part, Tayeb Benabderrahmane est poursuivi dans ce dossier pour plusieurs infractions : « corruption », « trafic d’influence », « faux et usage de faux » et « aide au séjour irrégulier en bande organisée ». Ces qualifications, si elles sont portées par les réquisitions ou les actes d’enquête, traduisent la pluralité des incriminations qui jalonnent les différents volets de l’instruction.
Enjeux judiciaires et politiques
La coïncidence de personnalités publiques et d’affaires de grande ampleur transforme ce dossier en sujet sensible sur les plans judiciaire et politique. La mise en examen, le renvoi devant une juridiction ou l’ouverture d’une information judiciaire n’équivalent pas à une condamnation ; ils signifient toutefois que des éléments ont été jugés suffisants pour approfondir la vérité par la voie pénale.
Sur le plan politique, la mise en cause d’élus ou d’anciens responsables suscite des questions de transparence et de gouvernance. Le caractère multipartite et international de certains échanges — indiqués notamment par l’implication d’un président de club soutenu par des capitaux qataris — complexifie l’enquête et appelle des réponses précises des autorités judiciaires compétentes.
Ce qui reste à établir
Plusieurs points restent à éclaircir au fil de l’instruction. Les corrélations entre amitiés personnelles, relations professionnelles et flux financiers doivent être vérifiées par les enquêteurs, qui rassemblent et confrontent pièces et témoignages. Les éléments publiés par Libération et Mediapart constituent des points d’information, mais l’instruction est le lieu où se vérifient et se tranchent les responsabilités pénales.
Il convient enfin de distinguer les volets distincts de l’enquête : l’un centré autour des pratiques liées au club et à ses acteurs, un autre lié à des soupçons de malversations autour de rémunérations publiques ou d’instrumentalisation de fonctions. Tant que les décisions judiciaires définitives n’auront pas été rendues, la prudence reste de mise dans l’interprétation des faits.
Les développements ultérieurs dépendront des actes d’instruction et des calendriers judiciaires. Les nombreux noms cités, ainsi que la multiplicité des chefs d’accusation, rendent probable une longue série de procédures parallèles ou imbriquées avant qu’un éventuel jugement ne soit rendu sur chacun des volets évoqués.





