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Affaire Epstein : Jack Lang propose de démissionner de la présidence de l’Institut du Monde Arabe pour préserver l’institution après révélations et enquête préliminaire

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Sous la pression des « Epstein files », Jack Lang a proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe à Jean‑Noël Barrot pour « préserver l’institution » et pouvoir se défendre. Les révélations de Mediapart et l’ouverture d’une enquête préliminaire du PNF sur d’éventuels liens financiers avec Jeffrey Epstein ont déclenché une forte polémique malgré l’absence de poursuites à ce stade.

Pressé de quitter ses fonctions après la révélation de ses liens avec Jeffrey Epstein, Jack Lang a annoncé, samedi 7 février, qu’il « propose » sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) au ministre des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot. La lettre a été consultée par l’Agence France‑Presse, et le ministre a indiqué au journal Le Monde avoir « pris acte » de cette décision.

Une démission proposée pour préserver l’institution

Ancien ministre de la Culture et président de l’IMA depuis 2013, Jack Lang a été convoqué dimanche au Quai d’Orsay, à la demande d’Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu, après la mise au jour de ses relations avec l’homme d’affaires condamné pour crimes sexuels.

Dans sa lettre adressée à Jean‑Noël Barrot, M. Lang déplore le climat « mêlant attaques personnelles, soupçons et amalgames, par ailleurs tous infondés ». « Le climat actuel […] est délétère. Il me révolte et me répugne. Il ne peut que nuire à cette magnifique institution », écrit‑il.

Pour éviter une rupture de continuité, il propose de remettre sa « démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire, qui pourra également choisir mon successeur afin d’éviter toute rupture de continuité ». Il affirme ainsi vouloir « préserver l’Institut du monde arabe » et « pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui [l]’assaillent ».

Origine des révélations et premier bilan

Les appels à la démission se sont multipliés après la publication, le 30 janvier, de millions de documents par la justice américaine, selon les éléments rapportés dans les médias. Le nom de Jack Lang y apparaît à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein, et sont mentionnés des liens d’intérêt entre la famille Lang et le financier.

À ce stade, aucune charge pénale ne pèse contre l’ancien ministre. Malgré tout, la présence répétée de son nom dans ces correspondances a suscité une forte réaction politique et médiatique, conduisant à des demandes publiques de départ de la présidence de l’IMA.

Interrogé samedi par l’AFP, Jack Lang a affirmé que « les accusations portées à [son] encontre [étaient] infondées ». Dans les jours précédents, il avait successivement déclaré « assumer pleinement (ses) liens » avec le financier, puis assuré ignorer tout du passé criminel de Jeffrey Epstein lors d’une rencontre intervenue, selon lui, « il y a une quinzaine d’années » par l’entremise du réalisateur Woody Allen. Il avait alors exclu de démissionner, invoquant sa « naïveté » face aux révélations et rappelant qu’Epstein était décédé en prison en 2019.

Enquête préliminaire et révélations complémentaires

Vendredi soir, le Parquet national financier (PNF) a indiqué à l’AFP l’ouverture d’une enquête préliminaire portant sur « les faits révélés par Mediapart relatifs à Caroline et Jack Lang », et sur d’éventuels liens financiers avec Jeffrey Epstein.

Sur la base des nouveaux éléments qualifiés d’« Epstein files », le site d’investigation Mediapart a évoqué des liens financiers et des intérêts économiques communs entre la famille Lang et le financier américain. Epstein avait été condamné en 2008 pour recours à des prostituées mineures et faisait l’objet de nouvelles poursuites en août 2019, peu avant son décès en prison.

Parmi les faits rapportés, Caroline Lang a démissionné lundi de la présidence d’un syndicat de producteurs de cinéma après la révélation d’une société offshore créée en 2016 avec l’homme d’affaires américain. Jack Lang, lui, a reconnu avoir sollicité personnellement le versement de 57 897 dollars en faveur d’une association liée à un film sur les « années Lang‑Mitterrand ».

Les échanges exhumés mentionnent également une négociation en 2015 sur la vente d’un riad à Marrakech entre Jack Lang et Jeffrey Epstein, et une correspondance poursuivie pendant plusieurs années. Dans des messages datés de 2017, Jack Lang aurait écrit : « Cher Jeffrey, (…) votre générosité est infinie ». Il aurait ensuite demandé : « Puis‑je encore abuser ? », puis sollicité le milliardaire pour un transport vers une fête organisée hors de Paris.

Alors que la situation évolue, l’IMA se retrouve au centre d’un débat public intense, au moment où son président propose de quitter formellement ses fonctions afin, selon lui, de préserver l’institution et de pouvoir se défendre des accusations qui lui sont faites.

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