Dix jours après la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, le gouvernement a intensifié sa réponse politique et judiciaire face à ce drame, devenu un marqueur de la montée des violences politiques en France.
Un signalement transmis à la justice
Le ministère de l’Intérieur a adressé un signalement à la justice au sujet d’une possible « reconstitution de ligue dissoute » visant la Jeune Garde, a indiqué le texte de travail transmis en amont des décisions évoquées en réunion. Selon ces éléments, la dissolution de plusieurs structures jugées radicales est envisagée, sans que la liste complète des groupes concernés n’ait été rendue publique.
Cette démarche judiciaire s’inscrit dans un contexte d’attention accrue des autorités sur les « mouvements ultras ». Le signalement vise à permettre aux procureurs d’examiner si les faits rapportés constituent une infraction et justifient des poursuites ou des mesures administratives, y compris des dissolutions.
Réunion à l’Élysée : participants et objectifs
Le président de la République a convoqué, mardi 24 février, une réunion interministérielle à l’Élysée. Y ont participé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, ainsi que des responsables du renseignement. Initialement annoncé, le premier ministre Sébastien Lecornu a finalement été remplacé par ses conseillers ; selon le communiqué, il s’était préalablement engagé à se rendre au Salon de l’agriculture.
L’objectif affiché par l’exécutif était de démontrer que le sujet des « mouvements ultras » ne relevait pas d’une réaction ponctuelle mais d’un traitement coordonné et poursuivi. Un participant à la réunion a résumé cette intention par une formule citée : « C’est quelque chose qui a été ancré par le président depuis plusieurs années. »
Dissolutions passées et posture de l’exécutif
Aux côtés des mesures envisagées à court terme, l’exposé remis aux participants rappelait l’antécédent des dissolutions déjà effectuées depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Vingt-quatre groupes liés à des « subversions violentes » ont été dissous au cours de cette période : dix-neuf à l’ultradroite et cinq à l’ultragauche, précise le document cité lors des échanges. Ces chiffres ont servi à illustrer la continuité d’une politique gouvernementale visant à combattre l’extrémisme violent sous plusieurs formes idéologiques.
La réunion a aussi permis d’aborder la coordination entre les ministères, les services de renseignement et la justice afin d’accélérer les procédures lorsque des indices sérieux de reconstitution d’organisations interdites sont identifiés. Les mesures envisagées peuvent aller du signalement judiciaire à la dissolution administrative, en passant par des enquêtes policières approfondies.
Une réponse politique encadrée
Sur le plan politique, l’exécutif cherche à équilibrer la fermeté et le respect des procédures. La convocation du plus haut niveau de l’Etat illustre la volonté de placer la question de la violence politique au cœur des priorités gouvernementales, tout en laissant la justice instruire les dossiers signalés.
Plusieurs observateurs cités par des sources proches du dossier ont souligné que la dynamique récente — symbolisée par la mort de Quentin Deranque — a renforcé la nécessité d’une approche coordonnée entre prévention, renseignement et réponses judiciaires. Les décisions prises à l’issue de la réunion feront l’objet d’annonces ultérieures, selon le calendrier fixé par l’exécutif.
En l’état, les autorités poursuivent leurs investigations et renforcent les échanges entre administrations pour détecter d’éventuels réseaux ou tentatives de reconstitution de structures interdites. Les suites judiciaires du signalement adressé au parquet et les éventuelles dissolutions décidées dans les semaines à venir permettront de mesurer concrètement l’impact de cette réunion au sommet.





