Assistants parlementaires du FN : le gouvernement juge les risques d’ingérence américaine pas avérés, vigilance avant le procès en appel de Marine Le Pen

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Maud Bregeon a affirmé que les « soupçons d’ingérence américaine » dans le procès en appel du Rassemblement national n’étaient pas avérés, tout en appelant à la vigilance. Ces allégations, relayées par Der Spiegel et évoquées par le président du tribunal Peimane Ghaleh‑Marzban, restent non confirmées ; le procès de Marine Le Pen (13/01‑12/02) pourrait décider de son éventuelle inéligibilité pour 2027.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré jeudi 8 janvier que les « soupçons d’ingérence américaine » dans le procès en appel du Front national, devenu Rassemblement national (RN), n’étaient « pas avérés ». Elle a toutefois indiqué que la France restait « vigilante » sur ce dossier.

Contexte : l’article de Der Spiegel et l’alerte du tribunal

Les interrogations sont nées d’un article de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, selon lequel l’administration de Donald Trump aurait envisagé des sanctions à l’encontre des magistrats qui avaient condamné Marine Le Pen en première instance. Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh‑Marzban, avait évoqué ces éléments et formulé une mise en garde publique à l’approche du procès en appel.

Maud Bregeon a qualifié ces allégations de « spéculations » lors d’une interview sur Franceinfo. Elle a souligné que l’article reprenait des propos rapportés de façon anonyme et que la provenance exacte de ces informations n’était pas clairement établie. « Quand vous reprenez l’article de presse en question, vous avez des propos rapportés, anonymes, sans qu’on sache bien d’où ils viennent exactement », a-t‑elle déclaré.

Réactions officielles et mise au point

Interrogée au sujet de Peimane Ghaleh‑Marzban, la porte‑parole a rappelé que le magistrat s’était exprimé « au conditionnel » et qu’il avait surtout appelé « à la vigilance ». Le gouvernement, selon elle, n’a pas de preuve permettant de confirmer une ingérence américaine dans le déroulement du procès.

De son côté, le Rassemblement national a vivement critiqué les propos du président du tribunal. Dans un communiqué, le parti a estimé que ces déclarations étaient « de nature à préjudicier gravement aux intérêts des prévenus » et pourraient « apparaître comme une pression inadmissible sur les magistrats ». Le RN a ainsi dénoncé ce qu’il considère comme un risque de partialité ou d’influence extérieure sur la procédure.

Calendrier judiciaire et enjeux pour Marine Le Pen

Le procès en appel doit se tenir du 13 janvier au 12 février. Marine Le Pen avait été condamnée en première instance à une peine d’emprisonnement de quatre ans, dont deux ans avec sursis, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros et à cinq ans d’inéligibilité immédiate. Si la sanction d’inéligibilité est confirmée en appel, elle pourrait être empêchée de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

La question de l’éligibilité de Marine Le Pen constitue l’un des enjeux politiques majeurs du dossier. Le résultat de l’appel déterminera non seulement les conséquences pénales pour l’ancienne présidente du RN, mais aussi ses possibilités de participation aux échéances électorales à venir.

Dans un contexte politique déjà tendu, Maud Bregeon a par ailleurs rappelé une comparaison publique faite antérieurement par Donald Trump. En mars, M. Trump avait rapproché la condamnation de Marine Le Pen de ses propres déboires judiciaires, selon la porte‑parole. Ce parallèle a contribué à alimenter le climat de débat autour de l’affaire.

Un climat médiatique et diplomatique délicat

Les accusations d’ingérence, même non vérifiées, ont un effet immédiat sur la perception publique du procès. Elles soulèvent des questions sur l’influence possible d’acteurs étrangers et sur la protection de l’indépendance judiciaire en période électorale. Les autorités françaises, a indiqué Maud Bregeon, observent la situation sans pour autant disposer d’éléments formels confirmant une intervention américaine.

Le tribunal, le gouvernement et le Rassemblement national se retrouvent donc dans une position paradoxale : tous acceptent de souligner l’importance de préserver l’intégrité du procès, tandis que les interprétations politiques de la mise en garde du président du tribunal divergent fortement.

Au fil des prochaines semaines, le déroulement de l’audience d’appel et les décisions qui en découleront seront scrutés tant sur le plan juridique que politique. Le calendrier fixé—du 13 janvier au 12 février—devra permettre d’éclaircir la situation et, le cas échéant, d’apporter des éléments factuels qui viendraient confirmer ou infirmer les allégations rapportées par la presse étrangère.

Parlons Politique

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