Budget 2026 : annulation de 1,1 Md€ sur France 2030 pour préserver un déficit à 5% du PIB — risque pour l’innovation et la compétitivité, PM engage sa responsabilité

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Arbitrage budgétaire : le gouvernement a inscrit dans la deuxième partie du PLF 2026 l’annulation de 1,1 milliard d’euros sur les 5,5 milliards prévus pour France 2030 afin de maintenir le déficit à 5 % du PIB. Ces nouvelles coupes, ajoutées aux réductions antérieures, mettent sous tension les investissements stratégiques du plan et suscitent des critiques sur le risque pour l’innovation et la compétitivité industrielle ; le Premier ministre a engagé sa responsabilité le 23 janvier 2026.

Arbitrage budgétaire : le gouvernement choisit la coupe

Le premier ministre Sébastien Lecornu a inscrit des réductions ciblées dans la deuxième partie du projet de loi de finances pour 2026, révèle la nouvelle version du texte consacrée aux dépenses. Pour contenir le déficit public malgré des concessions faites à la droite et aux socialistes, l’exécutif a renoncé au « rabot » et opté pour des coupes plus nettes, qualifiées dans les milieux politiques de « cisaille » voire de « hache ».

Le chef du gouvernement a engagé sa responsabilité sur ce texte le vendredi 23 janvier 2026, après le rejet des motions de censure visant la première partie du budget, consacrée aux recettes et à la fiscalité.

Montant et objectif : maintenir un déficit à 5 % du PIB

Pour « maintenir la cible de déficit à 5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026 », un amendement gouvernemental propose d’annuler 1,1 milliard d’euros sur les 5,5 milliards qui devaient initialement financer des « investissements stratégiques » au titre du plan France 2030. Cette réduction vise à limiter l’augmentation du déficit, alors que les prévisions et les objectifs de stabilité budgétaire restent au cœur des arbitrages.

Le chiffre de 1,1 milliard s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des diminutions antérieures des crédits alloués au même programme. Selon le bilan parlementaire, le Sénat avait déjà adopté, mi-décembre 2025, un amendement du rapporteur général Jean-François Husson (Les Républicains) annulant 1 milliard d’euros de crédits pour la mission en 2026. Une première annulation de 500 millions d’euros avait, par ailleurs, été décidée pour 2025.

France 2030 : un plan mis sous tension

Lancé par Emmanuel Macron en 2021, France 2030 est présenté comme un grand plan d’investissement de 54 milliards d’euros étalés sur cinq ans. Le programme vise, selon le texte fondateur, à « rattraper le retard industriel français », « investir massivement dans les technologies innovantes » et « soutenir la transition écologique ».

Depuis plusieurs semaines, ce volet d’investissement apparaissait particulièrement exposé aux arbitrages budgétaires. La combinaison d’annulations successives — 500 millions en 2025, 1 milliard au Sénat en décembre 2025, puis la proposition gouvernementale d’1,1 milliard pour 2026 — réduit la marge financière disponible pour des projets labellisés « France 2030 ».

Réactions politiques et enjeux d’innovation

La décision de rogner les crédits du plan a suscité des critiques de la part de responsables politiques qui estiment ces coupes contre-productives pour la compétitivité industrielle. « Est-ce que c’est sur l’innovation que nous devons faire des économies ? Au moment où nous sommes totalement décrochés par la Chine et les États-Unis, ça n’est pas possible », a plaidé Emmanuel Capus, sénateur Horizons de Maine-et-Loire.

À l’automne et début d’hiver, le gouvernement, la gauche et une partie de la droite avaient déjà jugé trop sévère l’annulation de 1 milliard votée au Sénat. Ce consensus partiel illustre la tension entre la contrainte des objectifs macroéconomiques et la volonté de préserver les moyens d’une politique industrielle ambitieuse.

Conséquences et points de vigilance

Les coupes annoncées affecteront prioritairement les crédits qualifiés d’« investissements stratégiques » au sein de France 2030. Le détail précis des programmes, des projets ou des secteurs touchés n’est pas exhaustif dans la version publique du projet de loi dévoilée à ce stade.

Sur le plan politique, l’engagement de responsabilité du gouvernement le vendredi 23 janvier 2026 renforce l’enjeu : en fixant ainsi sa ligne, l’exécutif cherche à assurer l’adoption rapide du budget malgré des résistances parlementaires et des appels au maintien des dépenses d’innovation.

Reste que la trajectoire budgétaire et la capacité d’investissement à long terme dépendront de prochains arbitrages, de l’évolution des recettes et des choix macroéconomiques. Les ajustements successifs sur France 2030 montrent que le plan, conçu comme un instrument de redressement industriel, subit désormais la contrainte des besoins immédiats de consolidation des comptes publics.

Les observateurs politiques et économiques suivront attentivement la publication intégrale de la deuxième partie du projet de loi de finances pour 2026 afin d’identifier les programmes précis concernés et d’évaluer l’impact concret de ces annulations sur les filières innovantes.

Parlons Politique

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