Des représentants des groupes parlementaires, à l’exception du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI), doivent être reçus mardi à Bercy pour tenter de dégager un compromis sur le budget, a indiqué le ministère de l’Économie et des Finances lundi 5 janvier.
Une réunion convoquée par Bercy
La rencontre, prévue mardi à 17 heures, réunira la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui recevront « les représentants des groupes parlementaires ayant exprimé la volonté, en responsabilité, de sortir la France de l’impasse budgétaire [ensemble des groupes hors RN et LFI] », précise le communiqué de Bercy.
Il s’agit d’une « réunion de travail » où les groupes conviés seront reçus simultanément, et non d’un cycle d’entretiens individuels. L’objectif officiel affiché est d’aborder « les principaux points de blocage identifiés lors de la commission mixte paritaire », instance composée de sénateurs et de députés qui s’était déjà réunie pour tenter de trouver un compromis sur le projet de budget.
Contexte : une commission mixte paritaire avortée et une loi spéciale
La commission mixte paritaire avait échoué le 19 décembre, sans accord sur un texte commun. En conséquence, les parlementaires avaient adopté, avant la fin de l’année, une loi spéciale destinée à assurer temporairement la continuité des services publics en l’absence d’un budget adopté.
Avec cette nouvelle convocation, le gouvernement espère « rapprocher les positions » afin de « construire des compromis » et ainsi « sortir du fonctionnement en loi spéciale et doter rapidement le pays d’un budget, condition indispensable pour relancer l’action publique et sécuriser les investissements », détaille encore Bercy.
Pression politique et calendrier parlementaire
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a exercé la pression sur les parlementaires dès lundi, demandant qu’ils s’entendent sur un budget d’ici la fin du mois. La réunion organisée à Bercy intervient deux jours avant que le texte retourne devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, programmée jeudi.
Ce calendrier serré illustre la volonté du gouvernement de ramener rapidement le débat budgétaire sur des rails parlementaires ordinaires, après une période de procédures dérogatoires. Les modalités précises des discussions et les concessions possibles n’ont pas été détaillées par le ministère.
Sujets fiscaux et dépenses sur la table
Parmi les points fiscaux qui figureront à l’ordre du jour, Bercy cite le barème de l’impôt sur le revenu, la taxe sur les holdings, la surtaxe d’impôt sur les sociétés, le droit de timbre et la taxe plastique.
Le ministère évoque également des thèmes liés aux dépenses : le plan France 2030, la prime d’activité, les questions spécifiques aux outre‑mer, l’agriculture, le fonds vert, l’université et la recherche, ainsi que les collectivités territoriales. Bercy mentionne enfin les effectifs et la masse salariale de l’État, sans fournir de précisions supplémentaires.
Ces sujets recoupent des enjeux à la fois politiques et techniques, susceptibles d’être des points de friction entre majorités et oppositions. Le choix d’un format de réunion simultanée laisse entendre une volonté de chercher des compromis globaux plutôt que des accords bilatéraux sur des mesures isolées.
Ce qui reste incertain
Le ministère n’a pas communiqué la liste complète des participants ni les marges de manœuvre budgétaires qui pourraient être discutées. De même, aucune indication n’a été fournie sur d’éventuelles concessions chiffrées ou calendrier précis de vote après la réunion.
Le succès de cette initiative dépendra des concessions que seront prêts à faire les groupes invités et de la capacité du gouvernement à arbitrer entre demandes divergentes sur les prélèvements et les dépenses.
Au moment de la convocation, Bercy se contente d’appeler à « rapprocher les positions » afin de clore la période de recours à une loi spéciale et d’offrir au pays un budget voté selon la procédure parlementaire normale.





