Reprise des débats sur le budget 2026
Les discussions sur le projet de loi de finances pour 2026 reprennent ce jeudi 8 janvier, après une brève trêve pendant les fêtes. Le texte est étudié en commission des finances à l’Assemblée nationale avant d’être examiné en hémicycle la semaine prochaine.
La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a insisté le lundi 5 janvier sur la nécessité d’adopter un budget en janvier. « Il faut un budget en janvier, il y aura un budget en janvier », a-t-elle déclaré, ajoutant que « il est temps de passer à autre chose ». Emmanuel Macron, lors de ses vœux aux Français le 31 décembre, a de son côté appelé à faire adopter le projet de loi de finances « au plus vite ».
Un dossier inchangé et un objectif politique clair
Après dix jours qualifiés de « trêve des confiseurs », l’exécutif retrouve un dossier qualifié d’inchangé, avec un objectif politique explicite : faire voter le PLF rapidement. Le gouvernement espère ainsi ramener le déficit public à 5 % du PIB au maximum pour 2026, contre une estimation de 5,3 % arrêtée par le Sénat lors de sa première lecture fin novembre.
Ce niveau de déficit renvoie aux règles européennes héritées des années 1990 et inscrites dans le pacte de stabilité et de croissance : ne pas dépasser 3 % du PIB pour le déficit public et 60 % du PIB pour la dette publique. Ces règles, maintenues en avril 2024 tout en étant assouplies, laissent néanmoins une marge d’interprétation que l’exécutif entend exploiter pour présenter sa trajectoire financière.
Mesures provisoires et coût de la trêve
En attendant un budget complet, une loi spéciale adoptée le 23 décembre a assuré la continuité de l’État et le fonctionnement des services publics. Cette solution est présentée comme strictement provisoire : elle n’autorise aucune nouvelle mesure fiscale ni dépense supplémentaire.
Le gouvernement a chiffré le coût des six semaines passées sous ce régime, au début de 2025, à environ 12 milliards d’euros. Fin décembre, l’exécutif avait tenté de dédramatiser la situation en rappelant le rôle du mécanisme : « C’est le service minimum. On assure trois choses : on paye les fonctionnaires, on assure la sécurité vitale du pays et on paye nos créanciers », a résumé Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics.
Pressions parlementaires et divisions politiques
Les ministres de l’Économie et des Comptes publics ont reçu à Bercy l’ensemble des groupes parlementaires, à l’exception de La France insoumise et du Rassemblement national, pour tenter de trouver un terrain d’entente. Ces discussions s’annoncent, selon le texte original, ardues, compte tenu des dissensions qui règnent au Palais Bourbon.
À gauche, les socialistes ont multiplié les échanges avec le gouvernement pour ne pas s’opposer au budget de la Sécurité sociale (PLFSS), mais ils conditionnent toute abstention à des concessions substantielles sur le pouvoir d’achat, la fiscalité des hauts revenus et le financement des services publics. Les écologistes et les communistes, eux, ont d’ores et déjà annoncé leur intention de voter contre le texte, selon Forbes.
À droite et au centre, l’accent est mis sur la nécessité de contenir les dépenses publiques et d’assurer une fiscalité stable pour les entreprises. Ce discours a été particulièrement martelé par le président des Républicains, le sénateur Bruno Retailleau.
Trajectoire budgétaire et flexibilités utilisées
Le texte rappelle aussi que des flexibilités ont déjà été mobilisées par le passé pour lisser la trajectoire de retour vers les critères européens. Le prédécesseur de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre, François Bayrou, avait, selon le contenu d’origine, utilisé l’une des flexibilities introduites dans la réforme du pacte, qui prévoit plus de temps pour revenir à une trajectoire conforme aux objectifs de l’Union européenne.
Le gouvernement, confronté à un déficit sous tension et à un calendrier parlementaire serré, cherche donc à concilier calendrier accéléré et concessions politiques limitées. L’enjeu demeure d’importance : sécuriser le financement de l’État pour 2026 tout en préservant une marge de manœuvre face aux obligations européennes et aux attentes des différents groupes parlementaires.
Les prochains jours, notamment l’examen en hémicycle, permettront de mesurer l’ampleur des compromis qui seront acceptés et de vérifier si l’exécutif parviendra à faire adopter le projet de loi de finances « au plus vite », comme l’a demandé le président.





