Les budgets pour 2026 prévoient 402 milliards d’euros de recettes, 526 milliards de dépenses et un déficit de 124 milliards pour l’État. Pour la Sécurité sociale, les prévisions font apparaître 660 milliards de recettes, 677 milliards de dépenses et un déficit de 17 milliards. Au total, cela représente 141 milliards d’euros de dette supplémentaire, et, selon le texte initial, aucune disposition n’a été ébauchée ni discutée pour rétablir l’équilibre en 2027 ou dans les années suivantes.
Chiffres clés et portée du déficit
Les écarts annoncés entre recettes et dépenses posent une question simple : s’agit‑il d’un épisode transitoire ou d’un nouvel état permanent des finances publiques ? Le cumul de 141 milliards d’euros correspond ici à la somme des déficits de l’État et de la Sécurité sociale tels que présentés pour 2026. Cette augmentation de la dette publique interroge la soutenabilité budgétaire, surtout en l’absence de mesures formelles visant à corriger le solde à court terme.
La présentation des montants — 402 milliards de recettes contre 526 milliards de dépenses pour l’État, et 660 milliards contre 677 milliards pour la Sécurité sociale — met en lumière la structure du déséquilibre : il ne provient pas d’un poste isolé mais d’un écart global entre recettes fiscales et engagements de dépense.
Pourquoi les États peuvent s’endetter plus que les ménages
Une première explication tient à la capacité même des États à emprunter. Les particuliers et les entreprises empruntent parce qu’ils en ont besoin et sont contraints de rembourser sous peine de saisie, de faillite ou de perte de capital. Les États, en revanche, bénéficient d’un statut différent : ils peuvent lever l’impôt, émettre de la dette souveraine et, dans de nombreux cas, repousser l’ajustement en empruntant davantage.
Cette asymétrie institutionnelle modifie les incitations politiques. Quand la pression du remboursement pèse sur un foyer ou une société, les réponses sont immédiates et contraignantes. Pour les gouvernements, la contrainte électorale et les arbitrages politiques déterminent souvent le rythme des ajustements budgétaires.
Le financier américain Warren Buffett illustre cette idée par une formule provocatrice : « On peut résorber le déficit en cinq minutes. Il suffit de voter une loi stipulant que dès que le déficit dépasse 3 % du PIB tous les membres du Congrès en exercice ne sont pas rééligibles. Alors les incitations seront au bon endroit. C’est faisable. » La citation souligne que modifier les règles du jeu politique peut changer rapidement les comportements budgétaires.
Fréquence des budgets équilibrés et comparaison avec le secteur privé
Il est fréquent d’observer que les budgets d’un État ne sont équilibrés que rarement, peut‑être tous les quarante ou cinquante ans, selon l’argument avancé dans le texte d’origine. Cette périodicité contraste avec la capacité presque générale des ménages et des entreprises à équilibrer leur budget personnel ou d’entreprise sur des horizons courts.
Les données citées illustrent cette différence : en 2025, 1,2 % des entreprises françaises étaient en défaillance, soit 68 000 sur 5,9 millions ; et, en 2023, 1,9 % des ménages étaient considérés en situation de surendettement, soit 586 000 sur 30 millions. Ces chiffres montrent qu’à l’échelle individuelle ou entrepreneuriale, les situations d’insolvabilité restent marginales comparées aux déséquilibres persistants des finances publiques.
La comparaison met en relief deux réalités : d’une part, une grande majorité d’acteurs privés maintien un équilibre budgétaire ou retrouve rapidement la solvabilité ; d’autre part, les États disposent d’instruments et de marges de manœuvre qui rendent les ajustements moins contraints et plus dépendants de choix politiques.
En l’absence d’un plan explicite de retour à l’équilibre pour 2027, la trajectoire budgétaire annoncée pour 2026 pose des questions sur la soutenabilité et sur les choix politiques à venir. La décision de maintenir ou de réduire les déficits relèvera in fine d’arbitrages entre impératifs socio‑économiques, contraintes de financement et volonté politique, autant d’éléments qui déterminent la capacité d’un pays à stabiliser sa dette publique.
Cette présentation, factuelle et concentrée sur les chiffres fournis, laisse intactes les interrogations sur la façon dont seront conduits les prochains ajustements budgétaires et sur les priorités retenues par les décideurs.




