Le Parti socialiste (PS) a indiqué samedi soir qu’il n’engagerait pas à ce stade une motion de censure contre le gouvernement, à condition que le financement des « victoires obtenues » présentées par Sébastien Lecornu ne repose pas « sur le dos des Français », a précisé Olivier Faure sur TF1.
Conditions posées par Olivier Faure
Interrogé par la chaîne, le premier secrétaire du PS a posé deux conditions claires pour que les députés socialistes renoncent à voter la censure : « d’avoir la copie [budgétaire] complète » et « qu’il n’y ait pas de flou ». Ces exigences visent à obtenir des éléments précis sur l’impact financier des mesures annoncées et sur leur mode de financement.
Olivier Faure a aussi demandé le maintien d’une surtaxe sur les grandes entreprises, solution que le gouvernement envisage comme l’un des moyens de financement. « Il faut que cette surtaxe soit maintenue », a-t-il insisté, suggérant ainsi que le PS attend des garanties chiffrées avant d’adopter une posture politique plus ferme.
Les mesures annoncées et l’incertitude sur leur financement
Vendredi soir, le ministre chargé des collectivités, Sébastien Lecornu, a présenté plusieurs mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat, les étudiants et le logement, points réclamés par le PS. Parmi elles figure une augmentation de la prime d’activité de « 50 euros en moyenne » pour « plus de trois millions de ménages » à revenus modestes.
L’entourage du Premier ministre a estimé le coût de cette mesure « de l’ordre de 2 milliards d’euros » par an. En revanche, le chef du gouvernement est resté flou sur les modalités précises de financement, ce qui alimente les réserves de la majorité des groupes parlementaires et incite le PS à demander des chiffrages détaillés.
Le Parti socialiste propose qu’une partie du financement repose sur une surtaxe ciblée sur les grandes entreprises, position qui rejoint partiellement les pistes avancées par l’exécutif. Cette option reste cependant discutée au sein des autres groupes parlementaires.
Réactions des groupes parlementaires et calendrier budgétaire
Lors d’un vote jeudi, les groupes Les Républicains (LR) et Renaissance se sont opposés à un amendement du gouvernement destiné à porter le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros. Ce montant était mis en regard de 8 milliards en 2025 et des 4 milliards prévus initialement dans le projet de loi pour 2026.
Les socialistes réclamaient le maintien de la surtaxe à 8 milliards afin de préserver l’ampleur des recettes. Samedi matin, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a indiqué que « des chiffrages étaient en cours » pour préciser l’impact des différentes options.
Ces désaccords expliquent en partie les demandes de transparence formulées par le PS : sans copie budgétaire exhaustive et sans chiffrage clair, la formation socialiste ne souhaite pas transformer son refus en une confrontation immédiate.
Moyens législatifs envisagés et position du PS
Olivier Faure a également abordé la question des moyens que le gouvernement pourrait utiliser pour faire adopter le budget. Il a laissé entendre que la décision du gouvernement — recours éventuel à l’article 49.3 de la Constitution ou usage d’ordonnances — n’affecterait pas fondamentalement l’attitude du PS.
« Aucun de ces moyens n’a en réalité ma préférence ou mon soutien. J’aurais souhaité que les parlementaires puissent aller jusqu’au bout avec un vote », a-t-il déclaré, en rappelant sa préférence pour le travail parlementaire traditionnel. Le recours à l’un ou l’autre de ces dispositifs pourrait être décidé lors d’un conseil des ministres, prévu lundi.
Sur le fond, la position du PS se résume à une attente de transparence et de garanties financières : sans documents et chiffrages accessibles, le parti maintiendra sa vigilance et gardera la possibilité d’agir en conséquence au moment des votes.





