Sébastien Lecornu a adressé une lettre aux parlementaires le mardi 20 janvier 2026, dans laquelle il affirme que le nouveau projet de budget pour 2026, sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité le même jour, « est meilleur que celui présenté initialement par le gouvernement ». Le premier ministre cherche ainsi à convaincre les députés de ne pas voter, le vendredi 23 janvier 2026, les motions de censure déposées par plusieurs groupes parlementaires.
Le calendrier parlementaire et les motions de censure
Plusieurs motions de censure ont été déposées : d’un côté, celles portées par La France insoumise (LFI), les communistes et les écologistes ; de l’autre, une motion du Rassemblement national (RN). Le gouvernement mise sur le rejet de ces textes pour faire adopter la première partie du projet de loi de finances, consacrée aux recettes.
Si les motions de censure sont rejetées — scénario rendu probable par l’abstention annoncée des socialistes — la première partie du budget sera réputée adoptée. Cette manœuvre permettrait à l’exécutif d’enchaîner rapidement et de présenter la seconde partie du projet, relative aux dépenses.
La suite de la procédure et le calendrier prévisionnel
Après l’adoption implicite de la section « recettes », l’exécutif prévoit d’engager sa responsabilité sur la partie « dépenses ». Cela entraînera, si une nouvelle motion de censure est déposée, un vote supplémentaire destiné à valider ou renverser le gouvernement sur ce point précis.
Selon le calendrier annoncé, et sauf événement imprévu, le texte devrait ensuite être transmis au Sénat avant de revenir à l’Assemblée nationale pour une validation définitive. Une fois voté par le Parlement, le projet de loi de finances serait examiné par le Conseil constitutionnel. En l’état, le gouvernement estime qu’une promulgation pourrait intervenir « mi-février », soit avec environ un mois et demi de retard par rapport au calendrier habituel et aux engagements précédemment pris par Sébastien Lecornu.
Enjeux politiques et incertitudes
La lettre du premier ministre vise à rassurer et convaincre un parlement aux équilibres fragiles. En affirmant que le texte modifié est « meilleur », Sébastien Lecornu cherche à réduire la coalition des opposants suffisamment pour empêcher la réussite d’une motion de censure.
Les équilibres sont cependant serrés : l’issue dépendra du comportement des groupes d’opposition et de la discipline de vote de députés parfois divisés. L’abstention annoncée des socialistes est un élément clé de la stratégie gouvernementale, mais elle ne garantit pas à elle seule l’absence de surprise lors des scrutins prévus.
Conséquences d’un calendrier déplacé
Un report de l’adoption et de la promulgation du budget aurait des conséquences pratiques et politiques. D’un point de vue institutionnel, un délai d’un mois et demi par rapport au calendrier normal contraint l’exécutif et les administrations à gérer une période d’incertitude budgétaire.
Politiquement, ce décalage nourrit les débats sur la méthode choisie par le gouvernement et sur la capacité de la majorité à faire passer un texte structurant sans majorité absolue. Il renforce aussi la visibilité des oppositions, qui ont multiplié les recours au dépôt de motions pour marquer leur désaccord.
La séquence parlementaire annoncée — lettre du premier ministre, vote des motions de censure, engagement de responsabilité sur la seconde partie du budget, passage au Sénat, saisie éventuelle du Conseil constitutionnel — restera à suivre de près au fil des étapes formelles et des votes à venir.





