Roland Lescure a respiré. Vendredi 23 janvier 2026, peu avant midi, le ministre de l’Économie a reçu à Bercy des représentants du monde économique alors que l’Assemblée venait de rejeter deux motions de censure déposées contre la première partie du projet de loi de finances pour 2026, consacrée aux recettes. Le ministre s’est permis une pointe d’humour pour détendre l’atmosphère — « Pas besoin de jeter les petits fours » — avant d’évoquer la perspective d’un budget enfin bouclé.
Résultat parlementaire et calendrier restant
La première étape parlementaire s’est donc soldée par un échec des tentatives de renversement du gouvernement, après le recours à l’article 49.3 de la Constitution décidé par l’exécutif pour faire adopter sans vote la partie « recettes ». Les deux motions de censure n’ont pas atteint la majorité absolue requise, ce qui a pour effet de considérer la première partie du projet de loi de finances adoptée en nouvelle lecture. ([assemblee-nationale.fr](https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/plf-2026-nouvelle-lecture-depot-de-2-motions-de-censure-apres-l-engagement-de-la-responsabilite-du-gouvernement-sur-la-2nde-partie-et-l-ensembl?utm_source=openai))
Après ce rejet, le gouvernement a annoncé qu’il engagerait la suite de la procédure parlementaire sur la partie « dépenses » du budget. Selon les échanges et la communication ministérielle, le texte pourrait être promulgué vers la mi-février, soit avec environ un mois et demi de retard par rapport au calendrier habituel. La situation reste toutefois soumise aux prochaines étapes de votes à l’Assemblée nationale et au Sénat. ([presse.economie.gouv.fr](https://presse.economie.gouv.fr/agenda-previsionnel-de-roland-lescure-du-lundi-19-au-vendredi-23-janvier-2026/?utm_source=openai))
Une réaction immédiate des marchés
La nouvelle a été immédiatement accueillie positivement par les investisseurs. L’écart de taux exigé par les marchés entre l’OAT française et le Bund allemand à dix ans, appelé « spread », s’est nettement réduit le jour même : il est retombé aux alentours de 58–59 points de base, niveau le plus bas observé depuis juin 2024 pour cette série de données. Cette contraction traduit un apaisement de la nervosité sur la dette souveraine française après l’épisode politique. ([optionfinance.fr](https://www.optionfinance.fr/info-financiere-en-continu/d/2026-01-23-taux-beaucoup-de-stats-et-peu-de-mouvement-le-spread-oatbund-secrase-a-58pts.html?utm_source=openai))
Ce resserrement est d’autant plus notable qu’il fait suite à une période de forte volatilité : le spread avait culminé à des niveaux bien supérieurs à l’automne 2025, dépassant 85 points de base lors des tensions politiques et institutionnelles observées en octobre. Le pic d’octobre, pointé par plusieurs observateurs et médias, avait marqué une détérioration de la prime de risque perçue par les prêteurs envers la France. ([vermoegenszentrum.ch](https://www.vermoegenszentrum.ch/fr/bourses-et-marches/news/hausse-subite-de-lecart-entre-les-taux-demprunt-de-la-france-et-lallemagne?utm_source=openai))
Ce que cela signifie pour l’exécutif et pour les marchés
Sur le plan politique, le non-adoption des motions de censure offre un répit au gouvernement mais ne met pas fin aux tensions. L’usage du 49.3, jugé coûteux politiquement, laisse subsister des risques pour la suite du processus budgétaire et pour la stabilité de la majorité parlementaire. Les prochaines semaines seront structurées par la discussion de la partie dépenses et par la possibilité d’autres mobilisations parlementaires. ([assemblee-nationale.fr](https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/plf-2026-nouvelle-lecture-depot-de-2-motions-de-censure-apres-l-engagement-de-la-responsabilite-du-gouvernement-sur-la-2nde-partie-et-l-ensembl?utm_source=openai))
Pour les agents économiques et les investisseurs, la contraction du spread est un signal de confiance retrouvée, au moins à court terme. Une réduction de l’écart avec l’Allemagne allège mécaniquement le coût de financement de l’État et peut réduire les tensions sur la charge de la dette, à condition que la trajectoire budgétaire reste crédible et que les échéances parlementaires se déroulent sans nouvelles secousses.
Une accalmie conditionnelle
L’amélioration des indicateurs financiers n’annule pas les incertitudes structurelles qui pèsent sur le budget et sur la crédibilité des engagements publics. L’exécutif conserve la possibilité d’avancer par la voie constitutionnelle, mais toute nouvelle crispation politique ou tout épisode économique défavorable pourrait inverser rapidement la tendance observée vendredi.
En attendant, la réunion organisée à Bercy entre le ministre et les représentants économiques a fourni un cadre pour rappeler le calendrier, apaiser les inquiétudes et consolider les messages sur la maîtrise des finances publiques, au moins jusqu’à la prochaine étape parlementaire. ([presse.economie.gouv.fr](https://presse.economie.gouv.fr/agenda-previsionnel-de-roland-lescure-du-lundi-19-au-vendredi-23-janvier-2026/?utm_source=openai))





