Budget 2026 : réunion à Bercy pour trouver des compromis avant l’examen, communistes et écologistes absents; PS exige justice fiscale, 49.3 en suspens

Share This Article:

Une réunion à Bercy s’est tenue le 6 janvier entre gouvernement et délégations parlementaires pour tenter de débloquer le projet de loi de finances (PLF) ; écologistes et députés communistes (GDR) ont boudé l’exercice. Le gouvernement vise des compromis avant la commission des finances et l’Hémicycle à partir du 13 janvier ; le PS exige des mesures sur la justice fiscale, le pouvoir d’achat et la transition écologique, tandis que la menace d’un recours au 49.3 et la piste d’un « pacte de non‑censure » restent en débat.

Une réunion entre membres du gouvernement et représentants de plusieurs groupes parlementaires a débuté mardi 6 janvier en fin d’après‑midi à Bercy. Y participaient notamment des délégations du Parti socialiste, du camp présidentiel et de la droite, tandis que les écologistes et les députés communistes ont choisi de ne pas s’y rendre.

Absences marquées et fermetures de position

Le groupe « Ecologiste et social » a publié un communiqué rappelant son refus de confier au seul ministère des Comptes publics le soin de remplacer le travail parlementaire. « Ce ne sont pas des réunions à Bercy qui remplaceront le travail parlementaire. Nous mènerons le combat en commission et en séance à l’Assemblée nationale, avec détermination, pour défendre un budget de refondation écologique et sociale », affirment ses responsables, qui regrettent que le gouvernement n’ait pas présenté « un nouveau budget » après l’échec des discussions sur le projet de loi de finances (PLF) fin 2025.

Le groupe GDR (communistes et ultramarins) a également décliné l’invitation. Son président, Stéphane Peu, a indiqué mardi matin que les députés GDR ne souhaitaient « pas créer l’illusion qu’il y aurait dans [leur] groupe, ne serait‑ce que la plus petite espérance de [les] voir [s’]abstenir ou encore moins voter pour [ce] budget ». Cette position ferme explique leur absence à la table de Bercy.

Objectifs affichés par le gouvernement

L’invitation aux travaux avait été lancée par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et le ministre de l’Économie, Roland Lescure. Devant la presse, M. Lescure s’est dit satisfait de la reprise des discussions : « On croit que c’est encore possible de donner un budget à la France, le plus vite possible. Et on n’est pas les seuls, puisque vous le savez, un certain nombre de groupes parlementaires ont accepté de participer. »

La ministre a insisté sur la durée nécessaire des échanges : la réunion « durera le temps qu’il faudra, et le gouvernement souhaite qu’elle dure (…) pour être utile au compromis », a‑t‑elle déclaré. Le but affiché est de tenter de lever « les principaux points de blocage identifiés lors de la commission mixte paritaire » du 19 décembre, a précisé Bercy dans son invitation.

Contexte procédural : CMP, calendrier et exclusion de certains groupes

La commission mixte paritaire, réunissant sept sénateurs et sept députés le 19 décembre, s’était soldée par un échec, les représentants des deux chambres actant rapidement l’impossibilité d’un accord. Suite à cet échec, Bercy a convié lundi les représentants des groupes parlementaires de l’Assemblée, en excluant toutefois La France insoumise et le Rassemblement national de cette série d’entretiens.

Le PLF est donc formellement de retour à l’Assemblée nationale pour une nouvelle lecture. La commission des finances doit en débattre jeudi et vendredi, avant que le texte n’arrive dans l’Hémicycle à partir du 13 janvier, pour une première période de discussion qui est prévue, théoriquement, jusqu’au 23 janvier.

Position du Parti socialiste et ligne négociatrice

Seul groupe de gauche à avoir répondu favorablement à l’invitation des ministres, le Parti socialiste a rappelé ses exigences en matière de justice fiscale, de pouvoir d’achat, de défense des services publics et de transition écologique. Lors de la conférence de presse de son groupe, le député Romain Eskenazi a indiqué que le PS souhaite une hausse de neuf milliards d’euros des recettes, afin d’augmenter d’autant les dépenses.

Interrogé sur l’éventualité d’un recours du gouvernement à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution — procédure permettant d’adopter un texte sans vote si aucune motion de censure n’est déposée ou adoptée — M. Eskenazi a affirmé que le PS « n’avait pas de position de principe sur le 49.3 ». Il a toutefois appelé, dans l’hypothèse d’un tel recours, à la négociation d’un « pacte de non‑censure », rappelant qu’une formule comparable avait été utilisée au début de 2025 avec l’ancien Premier ministre François Bayrou.

Enjeux et perspectives

La réunion à Bercy vise à rapprocher des positions jugées encore trop éloignées pour permettre l’adoption du PLF. Plusieurs groupes ont choisi la voie du dialogue, tandis que d’autres ont préféré affirmer publiquement leur rejet de la démarche, estimant que des discussions en comité ministériel ne sauraient se substituer aux débats parlementaires.

À court terme, l’attention se porte désormais sur les travaux de la commission des finances et sur la séance publique prévue à partir du 13 janvier, étapes où seront à la fois examinées les propositions d’amendements et testés les équilibres politiques autour du budget.

La suite des événements dépendra des concessions que pourront obtenir les principaux acteurs et de la capacité du gouvernement à transformer ces échanges en un texte accepté, ou au moins non rejeté, par l’Assemblée nationale.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique