Budget 2026 : Wauquiez écarte la motion de censure malgré le 49.3, appelle à l’unité de la droite, propose une primaire élargie et prône une Europe protectrice

Share This Article:

Laurent Wauquiez exclut toute motion de censure, jugeant qu’il serait irresponsable de faire tomber le gouvernement en raison du « contexte international de danger » et pour préserver la stabilité budgétaire. Il critique le budget adopté via l’article 49.3 comme imparfait, appelle à l’unité de la droite, propose une primaire élargie et met l’accent sur une posture européenne protectrice face aux États‑Unis et à la Chine.

Le chef des députés Les Républicains, Laurent Wauquiez, a exclu mercredi 21 janvier toute tentative de renversement du gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu, jugeant qu’une telle démarche serait « irresponsable » au regard du contexte international. S’exprimant devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP), il a aussi défendu l’action parlementaire de la droite tout en critiquant certains aspects du budget adopté récemment via l’article 49.3 de la Constitution.

Refus de faire tomber le gouvernement : la priorité à la stabilité

Interrogé sur la possibilité pour la « cinquantaine » de députés LR de déposer une motion de censure, Laurent Wauquiez a déclaré qu’« il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement » dans le contexte actuel. Il a justifié cette position par la situation internationale, parlant d’un « contexte international de danger » et d’une « menace d’une guerre commerciale ». Selon lui, provoquer la chute de l’exécutif reviendrait à laisser la France « sans budget », ce qu’il juge imprudent.

Le président du groupe a également rejeté l’étiquette de « budget socialiste » collée, selon lui, par le président de son parti, Bruno Retailleau. « Ce n’est pas un budget socialiste, ce n’est pas un budget de droite. C’est un budget qui est le fruit d’une situation politique pleine de tempêtes, dans laquelle il n’y a pas de majorité dans notre Assemblée nationale », a-t-il soutenu.

Wauquiez a salué le travail parlementaire de la droite, qu’il estime avoir permis d’éviter « l’hérésie fiscale » du projet initial. Il a toutefois concédé que la version du budget adoptée via l’article 49.3 restait « imparfaite ». À ses yeux, le « gros point noir de ce budget » tient au manque d’efforts d’économies sur les dépenses et au « poids mis sur les grandes entreprises ».

Critiques internes et appel à l’unité à droite

La position de Wauquiez s’inscrit aussi dans un contexte de tensions internes à la droite. Il a vivement critiqué les appels de David Lisnard, maire LR de Cannes, invitant les élus de droite à faire tomber le gouvernement. M. Lisnard, également président de l’Association des maires de France (AMF), est candidat à sa réélection à Cannes en mars et a annoncé qu’il se présenterait à la présidentielle l’an prochain si la primaire à droite qu’il souhaite n’est pas organisée.

La députée Alexandra Martin, qui siège au groupe LR sous l’étiquette Nouvelle Énergie, avait pour sa part promis de voter la censure. En réponse, Laurent Wauquiez a estimé que « ceux qui veulent censurer ou ne pas censurer, la meilleure façon, c’est d’avoir le courage de se présenter aux élections législatives », appelant de fait à traduire les positions politiques devant les électeurs plutôt que dans l’hémicycle.

Sur le plan stratégique, il a réitéré son appel à une « primaire de la droite élargie », englobant selon lui des figures allant « du macroniste Gérald Darmanin à Sarah Knafo (Reconquête) ». Il a indiqué rencontrer actuellement « beaucoup de personnalités de droite » et a cité parmi les « jeunes talents » la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon (Renaissance), ainsi que les ministres Vincent Jeanbrun et Sébastien Martin, tous deux LR.

Citant Edouard Philippe nommément, Wauquiez a affirmé que, s’il était à sa place, il se ferait « le premier champion du rassemblement de la droite », ajoutant : « Parce que là, je pense que les Français comprendraient ce qu’il veut faire ». Cette référence cherche à souligner, selon lui, la nécessité d’un projet rassembleur pour la droite.

Diplomatie et contexte international

Sur les questions internationales, Laurent Wauquiez a évoqué les récentes tensions liées, selon lui, aux prises de position du président américain Donald Trump au sujet du Groenland. Il a déclaré apporter son soutien « à ce que fait en ce moment la diplomatie française », estimant que le pays « a besoin d’unité » pour affronter ces enjeux.

Affirmant qu’« il ne peut pas y avoir de soumission européenne à Donald Trump », il a en outre appelé l’Union européenne à « cesser d’offrir un ticket d’entrée gratuit » aux États-Unis et à la Chine sur le marché européen. Cette mise en garde traduit, pour lui, la nécessité d’une posture européenne plus protectrice des intérêts économiques et stratégiques du continent.

En synthèse, Laurent Wauquiez choisit la prudence face à l’idée d’une motion de censure, plaidant pour la stabilité budgétaire et l’unité nationale face aux enjeux externes, tout en maintenant des critiques internes sur l’orientation et les insuffisances du budget adopté via l’article 49.3.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique