Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : quatre députés demandent un rappel à l’ordre contre le rapporteur, accusé d’exposer la vie privée des auditionnés en ligne

Share This Article:

Nouvelle crispation dans la commission d’enquête sur l’audiovisuel public : le 2 février 2026, quatre députés ont demandé à Yaël Braun‑Pivet un rappel à l’ordre contre le rapporteur Charles Alloncle, l’accusant d’exposer la vie privée des auditionnés sur les réseaux sociaux. Le président Jérémie Patrier‑Leitus rappelle que la commission « n’est pas un tribunal ».

Une nouvelle tension est née au sein de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, où le président, le député Jérémie Patrier‑Leitus (Horizons, Calvados), multiplie les rappels au respect des règles de procédure. Il répète notamment qu’« une commission d’enquête n’est pas un tribunal, et nous, parlementaires, ne sommes pas des procureurs ». Malgré ces mises en garde, un rapporteur est désormais visé par des critiques publiques de la part de plusieurs collègues.

Quatre députés demandent un rappel à l’ordre

Dans un courrier adressé à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun‑Pivet, et daté du lundi 2 février 2026, quatre parlementaires ont demandé qu’elle intervienne pour rappeler à l’ordre le rapporteur Charles Alloncle (Hérault, Union des droites pour la République). Les signataires — Ayda Hadizadeh (Val‑d’Oise, Parti socialiste), Sophie Taillé‑Polian (Val‑de‑Marne, Génération.s), Erwan Balanant (Finistère, MoDem) et Céline Calvez (Hauts‑de‑Seine, Renaissance) — estiment que le comportement du rapporteur dépasse les limites de l’exercice parlementaire.

Les élues et l’élu mettent en cause la manière dont sont conduites certaines auditions et dénoncent des conséquences pour les personnes entendues. Dans leur lettre, ils écrivent que « chaque audition … jet[te] en pâture sur les réseaux sociaux les personnes auditionnées », les contraignant, selon eux, « parfois de se justifier abusivement sur des éléments propres à leur vie privée et sans rapport direct ou suffisant avec leurs activités journalistiques ou l’objet de leurs interventions dans le cadre de l’audiovisuel public ». Cette formulation reflète leur inquiétude quant à la divulgation et à l’exploitation d’éléments personnels lors des travaux de la commission.

Rappel antérieur de la présidence

Ce n’est pas la première fois que la présidence de l’Assemblée intervient sur ce dossier. En décembre 2025, Yaël Braun‑Pivet avait déjà adressé un rappel à l’ordre au député qualifié dans la correspondance de « ciottiste », lui demandant de « faire preuve de retenue dans [ses] prises de position, et [vos] expressions publiques ». Ce précédent montre que la question du ton et des méthodes employées au sein de la commission est suivie au plus haut niveau de l’Assemblée.

La nouvelle lettre des quatre parlementaires prolonge donc une crispation ancienne, en insistant sur l’impact concret des pratiques reprochées aux personnes auditionnées. Elles lient explicitement le comportement du rapporteur à une exposition médiatique et aux réactions sur les réseaux sociaux, ce qui, selon elles, sort du cadre strictement professionnel des auditions.

Position du président de la commission et enjeux

Jérémie Patrier‑Leitus, qui préside la commission, a rappelé à plusieurs reprises la différence entre l’exercice parlementaire et l’activité judiciaire, soulignant que les enquêteurs parlementaires ne sont pas chargés de juger mais d’éclairer l’Assemblée sur des faits d’intérêt public. Ce principe vise à préserver à la fois la protection des personnes entendues et la sérénité des débats parlementaires.

Les critiques formulées par les quatre députés posent la question de la frontière entre enquête publique et divulgation médiatique. Elles soulignent aussi le rôle de la présidence de l’Assemblée dans le maintien de la déontologie et du respect des droits des témoins. Les demandes de « rappel à l’ordre » s’inscrivent dans ce cadre institutionnel et visent à obtenir une intervention formelle pour encadrer les pratiques du rapporteur.

Le courrier précise des faits et expression d’inquiétude, sans, dans le texte disponible, détailler d’exemples nominativement publiés ni fournir de liste exhaustive d’auditions incriminées. Le contenu public de la lettre met surtout l’accent sur les effets redoutés pour des personnes entendues et pour la réputation des travaux de la commission.

Au moment de la publication de cet article, le rapporteur Charles Alloncle n’a pas, dans les éléments transmis à la presse, publié de réponse officielle aux accusations réunies dans la lettre du 2 février 2026. La présidence de l’Assemblée, déjà intervenue en décembre 2025, est désormais saisie à nouveau et est en position de décider d’un éventuel rappel formel ou d’autres mesures pour encadrer le déroulé des auditions.

Cette opposition interne illustre la tension qui peut exister entre l’exigence de transparence des travaux parlementaires et la protection des personnes auditionnées. Elle pose aussi la question de la conduite politique et médiatique des enquêtes, sujet que la présidence de l’Assemblée est désormais appelée à trancher.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique