Le déroulé des auditions a été interrompu mercredi 4 février 2026 lorsque la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a suspendu l’audition de quatre anciens ministres de la culture, à la suite d’un échange tendu entre le président de la commission, Jérémie Patrier‑Leitus (Horizons), et son rapporteur, Charles Alloncle (Hérault, Union des droites pour la République).
Selon le compte rendu de la séance, la suspension a été décidée après que le rapporteur a mis en cause le groupe Mediawan et a laissé entendre que le président Patrier‑Leitus entretenait des liens avec cette société. M. Patrier‑Leitus a qualifié ces propos « d’accusations très graves » et a décidé d’interrompre l’audition.
Les faits qui ont provoqué la suspension
L’incident est survenu au cours d’un examen public conduit par la commission d’enquête, chargée d’éclairer les conditions de fonctionnement et les relations financières autour de l’audiovisuel public. Le rapporteur, M. Alloncle, a évoqué Mediawan, groupe audiovisuel souvent cité dans les débats sur les partenariats privés, puis a suggéré un lien entre ce groupe et le président de la commission.
Face à ces allégations, M. Patrier‑Leitus a interrompu la séance, motivant sa décision par le caractère, selon lui, « très grave » des accusations portées en séance. La suspension a interrompu l’audition des quatre anciens ministres, empêchant la poursuite immédiate des questions prévues à leur encontre.
Reprise et rappel au cadre des auditions
Le lendemain, lors de l’audition de la ministre de la Culture Rachida Dati, M. Patrier‑Leitus est revenu sur l’incident. Il a rappelé que les auditions de la commission d’enquête doivent se dérouler « dans un cadre digne et respectueux », soulignant la nécessité de préserver la déontologie et la sérénité des débats publics.
Le rappel adressé aux membres de la commission visait à rétablir un climat propice aux témoignages et aux échanges factuels. La reprise des travaux a permis d’interroger Mme Dati sur les sujets inscrits à l’ordre du jour, mais la tension entre le président et le rapporteur reste un élément marquant de ces sessions.
Un rapporteur déjà pointé du doigt
Ce n’est pas la première fois que Charles Alloncle est au centre de polémiques. Le rapporteur a déjà été rappelé à l’ordre par la présidente de l’Assemblée nationale en décembre 2025. Cette mesure disciplinaire, mentionnée dans les documents parlementaires, intervenait après des comportements jugés contraires au règlement intérieur.
Par ailleurs, quatre députés membres de la même commission ont demandé à la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun‑Pivet, de rappeler une nouvelle fois M. Alloncle à l’ordre. Cette démarche collective des membres de la commission témoigne d’une préoccupation croissante au sein de la majorité et de l’opposition quant à la conduite des auditions et au respect des usages parlementaires.
Enjeux et conséquences pour la commission
L’épisode met en lumière la fragilité du fonctionnement d’une commission d’enquête lorsque les tensions personnelles ou les accusations publiques perturbent le travail. Les auditions de personnalités et d’anciens responsables politiques requièrent un cadre procédural clair, où la présomption de bonne foi et la liberté d’expression doivent coexister avec l’obligation de ne pas porter d’accusations gratuites en séance publique.
Plusieurs députés ont déjà souligné que l’efficacité de la commission dépend de la confiance entre ses membres et de la capacité du président à faire respecter des règles de conduite. La suspension de l’audition, en pleine phase d’interrogatoire d’anciens ministres, interrompt le fil de l’enquête et peut retarder la production d’un rapport final destiné à éclairer les pratiques de l’audiovisuel public.
Les suites procédurales restent à suivre : la commission devra décider comment et quand reprendre les auditions suspendues, et si des suites disciplinaires internes sont nécessaires à l’encontre de l’un ou l’autre des protagonistes. Pour l’heure, les faits rapportés — la suspension du 4 février 2026, le rappel au respect des règles lors de l’audition du 5 février 2026, et le rappel antérieur en décembre 2025 — constituent les éléments confirmés du dossier.
En l’état, l’incident soulève des questions sur le pilotage des commissions d’enquête parlementaires et sur les moyens de concilier débat vigoureux et protection des personnes entendues. Les prochains rendez‑vous de la commission seront scrutés pour mesurer si le calme procédural est rétabli et si les auditions pourront se poursuivre dans les conditions attendues par les parlementaires et le public.





