Coupe de 14 millions pour la santé dans les quartiers populaires : Arnaud Bontemps alerte sur la menace pour l’expérimentation Secpa et la santé communautaire

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Dans la plus grande discrétion fin janvier, le gouvernement a supprimé 14 millions d’euros dédiés à l’accès à la santé dans une trentaine de quartiers populaires. Cette coupe menace l’expérimentation Secpa (lancée en 2021 après la crise Covid) et ses pratiques de santé communautaire — médiation, interprétariat, ateliers de littératie et prévention —, risquant de réduire heures, dispositifs et coopérations locales, tandis que les modalités et compensations restent floues.

Coupe budgétaire annoncée en toute discrétion

À la toute fin du mois de janvier (date précise non communiquée), le gouvernement a annoncé la suppression des financements dédiés à l’accès à la santé dans les quartiers populaires. Le montant annoncé se limite à 14 millions d’euros, une économie qualifiée d’« économie de bout de chandelle » par certains acteurs du secteur.

Cette décision affectera directement les habitantes et habitants d’une trentaine de territoires identifiés comme parmi les plus défavorisés du pays. Les responsables locaux et les associations alertent sur des conséquences immédiates pour l’accès aux soins, la prévention et les dispositifs d’accompagnement déjà mis en place dans ces zones.

Une expérimentation née pendant la crise sanitaire

La crise Covid-19 avait mis en lumière des inégalités de santé marquées. Les données citées à l’époque montrent une surmortalité atteignant 134 % en Seine-Saint-Denis, soit 33 points de plus qu’à Paris. Ces chiffres avaient servi d’alerte sur la vulnérabilité des territoires populaires face à la pandémie.

En réaction, l’été 2021 la délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté a lancé l’expérimentation Secpa (structures d’exercice coordonné participatif). Vingt-six structures s’y sont engagées avec pour objectif d’adapter l’offre de santé aux réalités sociales, linguistiques et culturelles des quartiers populaires, afin de faciliter l’accès aux soins pour les populations concernées.

Des pratiques réinventées et des résultats concrets

Quatre ans après son lancement, l’expérimentation Secpa s’est imposée comme un terrain d’innovation pour des pratiques de « santé communautaire ». Les équipes rapportent des changements concrets dans la façon de travailler sur le terrain.

Parmi les évolutions citées figurent le recours systématique à des médiateurs et médiatrices en santé pour accompagner les patients vers la prévention et l’accès aux droits. Les structures ont également généralisé l’appui d’interprètes, en présentiel et à distance, pour lever les barrières linguistiques.

Des outils visant à améliorer la littératie en santé des patients ont été développés. Ces outils cherchent à renforcer la capacité des personnes à trouver une information, à la comprendre, l’analyser et l’utiliser pour leurs décisions de santé.

Avec les usagers, les équipes ont co-construit des ateliers d’entraide contre le non-recours aux droits. Elles ont aussi mis en place des actions d’activité physique adaptée et des permanences de santé dans des foyers de travailleurs migrants. Ces initiatives, ancrées dans les besoins locaux, constituent l’essentiel du modèle qualifié de « santé communautaire ».

Impact attendu de la suppression des financements

Les observateurs soulignent que la suppression des 14 millions d’euros risque d’affaiblir des dispositifs encore fragiles mais opérationnels. Les dispositifs expérimentaux exigent souvent un temps de consolidation pour prouver leur efficacité et garantir leur pérennité; cette étape peut être remise en cause par un retrait rapide des moyens.

Les structures concernées expliquent que la réduction des financements entraînera des ajustements dans l’offre : diminution des heures dédiées, limitation des dispositifs d’interprétariat et réduction des actions de prévention et d’accompagnement. Ces ajustements toucheraient en priorité les personnes les plus exposées aux obstacles administratifs, linguistiques ou économiques pour accéder aux soins.

Sans nouveaux moyens, les acteurs locaux redoutent également une perte d’élan dans les coopérations instaurées entre professionnels de santé, associations et bénéficiaires, coopération qui formait le socle des innovations territoriales observées depuis 2021.

Reste que le calendrier et les modalités exactes de la mise en œuvre de cette décision n’ont pas été précisés publiquement. Les acteurs de terrain attendent des clarifications sur les montants réellement supprimés, les délais et les éventuelles mesures compensatoires.

Parlons Politique

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