Une rentrée solennelle marquée par les usages de la Rue Cambon
Jeudi 29 janvier, la Cour des comptes a respecté son cérémonial habituel lors de l’audience solennelle de rentrée : la Garde républicaine a accueilli les hauts dignitaires de la République, les magistrats portaient leurs robes, certains bordées d’hermine, et la Grand’Chambre offrait son atmosphère feutrée connue des habitués de la rue Cambon.
Au cœur de cette mise en scène institutionnelle, un geste a toutefois attiré l’attention : l’huissier d’antichambre, chargé d’annoncer les arrivées, a dû frapper le sol de son bâton pour signaler l’entrée d’un des plus hauts responsables de la juridiction. Ce moment a ponctué la solennité de la cérémonie en rappelant les codes et la mise en ordre propre à la Cour.
Un protocole légèrement bousculé par l’annonce
Au moment d’énoncer la fonction de la personne appelée, l’huissier a prononcé ces mots devant l’assistance : « Madame la présidente de la première chambre faisant fonction de première présidente de la Cour des comptes ». Cette formulation témoigne de la situation transitoire qui s’est ouverte à la tête de la juridiction.
La responsabilité de présider l’audience est ainsi revenue à Carine Camby, doyenne des présidents de chambre et présidente de la première chambre. Elle assure la première présidence par intérim depuis le 1er janvier, dans l’attente de la nomination d’un premier président définitif. ([ccomptes.fr](https://www.ccomptes.fr/fr/actualites/premiere-presidence-et-secretariat-general?utm_source=openai))
Contexte : le départ de Pierre Moscovici
Cette présidence par intérim fait suite au départ de Pierre Moscovici, qui a quitté la Cour des comptes pour rejoindre la Cour des comptes européenne. Dans une lettre interne évoquant la proposition de la France pour le nommer membre français de l’institution européenne, il a indiqué qu’une nomination pourrait prendre effet à partir du 1er janvier 2026, sous réserve des procédures au Parlement européen et au Conseil. ([lexpress.fr](https://www.lexpress.fr/economie/pierre-moscovici-annonce-son-depart-prochain-de-la-cour-des-comptes-OAMXXQT2LFFY7EQXIS2DN4KN3U/?utm_source=openai))
Le départ anticipé de M. Moscovici, nommé premier président en 2020, a déclenché une période de transition inhabituelle pour la Rue Cambon, selon les termes employés par certains magistrats. Carine Camby a reconnu elle-même que « cette période de transition est un peu atypique », soulignant la singularité de la situation institutionnelle actuelle.
Un intérim encadré par les règles de la juridiction
Selon la communication officielle de la Cour, la prise en charge de la première présidence par la doyenne des présidents de chambre s’inscrit dans les pratiques internes lorsque la fonction principale devient vacante. L’intérim est exercé dans l’attente d’une nomination par le Président de la République, conformément aux procédures qui régissent la désignation du premier président. ([ccomptes.fr](https://www.ccomptes.fr/fr/actualites/premiere-presidence-et-secretariat-general?utm_source=openai))
Carine Camby, nommée auditrice à la Cour des comptes en 1986, a occupé plusieurs fonctions au sein de l’administration et de grands établissements publics avant d’être promue présidente de chambre. Sa prise de fonction à titre intérimaire se fait donc dans la continuité d’un parcours long au sein de la juridiction.
Un moment symbolique pour l’institution
L’audience solennelle reste un temps fort du calendrier de la Cour des comptes : elle met en lumière la solennité de la fonction de contrôle des finances publiques et rappelle le rôle de la juridiction dans l’évaluation de l’action publique. La présence de la Garde républicaine, le port des robes et les rites anciens renforcent ce caractère cérémoniel, même lorsque des ajustements protocolaires ponctuent l’événement.
Pour l’observateur, la combinaison d’un cérémonial immuable et d’une présidence par intérim illustre la capacité de la Cour à conjuguer respect des usages et continuité du service public, même en période de changement à sa tête.





