L’œil rougi du président lors des vœux aux armées
Le président de la République, Emmanuel Macron, est apparu avec l’œil droit rougi jeudi 15 janvier lors de son allocution aux armées sur la base aérienne d’Istres (Bouches‑du‑Rhône). Devant un parterre de hauts gradés, il a immédiatement ironisé sur son apparence, demandant : « Je vous prie d’excuser ce caractère inesthétique de mon œil. »
Arrivé sur la base militaire le regard dissimulé derrière de grosses lunettes d’aviateur, le chef de l’État a insisté pour minimiser l’incident : « Ce n’est que quelque chose de totalement anodin. » Son entourage a précisé qu’il s’agissait d’un petit vaisseau de l’œil ayant saigné, information qualifiée de « totalement bénin » par le médecin‑chef de l’Élysée.
La référence à « l’œil du tigre » et l’interprétation
Pour détendre l’atmosphère, Emmanuel Macron a ajouté une touche d’humour et d’image : « Voyez‑y simplement une référence non volontaire à l’œil du tigre en ce début d’année. Pour ceux qui ont la référence, c’est un signe de détermination. Elle est entière. »
Cette allusion a suscité une double lecture : s’agit‑il d’un clin d’œil à Georges Clemenceau, surnommé « le Tigre » et figure de la détermination française pendant la Première Guerre mondiale, ou bien d’une référence culturelle à Rocky, incarné par Sylvester Stallone dans Rocky III et rendu célèbre par la chanson « Eye of the Tiger » ? Le chef de l’État n’a pas précisé explicitement laquelle de ces images il visait.
Un discours sur l’effort et la puissance
Au‑delà de la remarque personnelle, Emmanuel Macron a recentré son propos sur les enjeux militaires et la capacité de la France à répondre aux tensions internationales. Il a appelé la nation et ses forces armées à consentir « des efforts à la mesure de notre rude époque ». Dans la même allocution, il a annoncé, en lien avec les « revendications de Donald Trump sur le Groenland », l’envoi de « moyens terrestres, aériens et maritimes » dans ce territoire autonome danois.
Le président a souligné la nécessité d’une action plus rapide et plus résolue : « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort. » Ces mots ont servi à poser un cadre exigeant pour les décisions et les adaptations attendues des forces armées.
Contexte et tonalité du message
La tonalité de l’intervention a mêlé la décontraction et la solennité : une plaisanterie sur un signe physique mineur a précédé des annonces et exhortations à la mobilisation. L’évocation d’un incident ophtalmologique traité comme bénin par le médecin‑chef de l’Élysée a permis au président de limiter l’attention médiatique sur son état de santé, tout en utilisant l’image — volontaire ou non — pour souligner sa détermination.
Sur le plan stratégique, la mention des revendications américaines sur le Groenland et la promesse d’un renfort de moyens terrestres, aériens et maritimes traduisent la volonté de se positionner face aux évolutions géopolitiques, sans que l’allocution n’en précise la nature exacte, les calendriers ou l’ampleur opérationnelle de ces déploiements.
Les propos et précisions médicaux rapportés par l’entourage de l’Élysée donnent à l’incident un caractère anecdotique, tandis que le cœur du discours visait à mobiliser et préparer les forces pour des défis qualifiés de « rudes » et « brutaux ». Le chef de l’État a ainsi conjugué rappel de la mission et image personnelle pour marquer le début d’année.





