Emmanuel Taché (RN) condamné pour travail dissimulé : 134 859 € à verser à son ex-assistant, polémique sur les pratiques des assistants parlementaires

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Le conseil des prud’hommes de Marseille a condamné le député RN Emmanuel Taché à verser 134 859 € à son ancien assistant Nicolas Tellier, estimant que des heures travaillées n’avaient pas été payées et relevant du « travail dissimulé ». Recruté en août 2022 et licencié lors de la dissolution de l’Assemblée (9 juin 2024), l’assistant assurait missions et déplacements fréquents entre Arles et Marseille. L’affaire interroge la pratique d’emploi des assistants parlementaires et pourrait faire l’objet d’un appel.

Le conseil des prud’hommes de Marseille a condamné, jeudi 19 février, le député Rassemblement national (RN) Emmanuel Taché à verser 134 859 euros à son ancien assistant parlementaire, selon la décision rendue dans cette affaire de contrat de travail et d’heures non réglées.

Les faits et la procédure

Nicolas Tellier, employé comme assistant parlementaire à temps partiel à compter du 5 août 2022, a saisi la justice pour contester son licenciement et obtenir des indemnités liées, selon lui, au non-respect de son contrat de travail. La plainte, révélée par Mediapart en février 2025, visait notamment le paiement d’heures effectuées et des sommes dues au titre du contrat.

Le salarié a été licencié le 9 juin 2024, au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale. Pendant près de deux ans, il a assuré des missions d’accompagnement et de chauffeur pour le député, effectuant des trajets réguliers entre Arles et Marseille pour répondre aux sollicitations de l’élu dans une circonscription décrite comme l’une des plus vastes de France.

Nicolas Tellier est présenté dans le dossier comme un militant connu localement au sein du RN. Le texte d’origine précise qu’il est aussi le cousin de Franck Allisio, député RN de la 12e circonscription des Bouches‑du‑Rhône et candidat à la mairie de Marseille.

La qualification retenue par le conseil

Dans sa décision, le conseil des prud’hommes estime que le député n’a pas réglé les heures effectuées par son attaché parlementaire et a eu recours, pour partie, à du « travail dissimulé ». Cette qualification a des conséquences chiffrées : le montant global des condamnations, « toutes condamnations confondues », s’élève à 134 859 euros, somme que le tribunal a ordonné de verser à l’ancien salarié.

Le jugement précise, d’après le compte rendu public de l’audience, les éléments qui ont conduit le conseil à retenir l’existence d’heures non payées. Le tribunal a pris en compte la durée effective du travail, les déplacements réalisés par l’assistant et le contenu des missions exécutées pour le parlementaire.

Enjeux et contexte politique local

La condamnation intervient alors que la figure concernée est élue dans la 16e circonscription des Bouches‑du‑Rhône. Le point soulevé par le conseil des prud’hommes porte sur la pratique contractuelle des assistants parlementaires et sur la distinction entre missions parlementaires et tâches relevant d’une relation de travail salariée non déclarée.

Sur le plan politique, l’affaire s’inscrit dans un contexte local sensible. Le lien familial du salarié avec un autre élu du RN, candidat à la mairie de Marseille, est mentionné dans le dossier et dans la presse. Le jugement judiciaire reste limité à l’examen des relations de travail entre l’élu et son assistant, et ne se prononce pas sur des aspects politiques ou disciplinaires hors du champ du droit du travail.

Conséquences et suite possible

La décision condamne financièrement le député à verser le montant indiqué à son ancien assistant. Le texte d’origine ne précise pas si l’une ou l’autre des parties a annoncé un recours ni les délais éventuels pour faire appel. En droit, la possibilité d’appel existe généralement dans ce type d’affaire, mais aucune information supplémentaire n’a été fournie dans le compte rendu cité.

Par ailleurs, la qualification de « travail dissimulé » peut ouvrir la voie à d’autres procédures administratives ou pénales, selon les suites que souhaiteront donner les parties et les autorités compétentes. Le document initial ne fait état d’aucune autre saisie ou démarche complémentaire connue à ce stade.

Enfin, l’affaire interroge la pratique d’emploi d’assistants parlementaires et la nécessité d’une traçabilité des heures et des tâches, en particulier pour des collaborateurs intervenant sur de fréquents déplacements entre plusieurs communes d’une même circonscription.

Parlons Politique

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