Éric Coquerel à Bercy pour consulter la DGFiP sur la fiscalité des ultrariches après les déclarations d’Éric Lombard, le Sénat saisi et le budget 2026 en jeu

Share This Article:

Le 16 janvier 2026, Éric Coquerel (LFI) s’est rendu à Bercy pour consulter les travaux de la DGFiP sur la « fiscalité des ultrariches » après les déclarations d’Éric Lombard. Le Sénat a également saisi Bercy : les documents, sans violer le secret fiscal, doivent éclairer le débat et peser sur le budget 2026.

Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (Seine-Saint-Denis, La France insoumise), s’est rendu au ministère de l’Économie et des Finances, vendredi 16 janvier 2026, pour consulter des documents administratifs relatifs à la « fiscalité des ultrariches ». Ses équipes précisent qu’il est arrivé à Bercy vers 14 heures pour un point presse et devrait en sortir aux alentours de 16 heures.

Origine des révélations et éléments cités

La controverse a été déclenchée par une déclaration d’Éric Lombard, ancien ministre de l’Économie, dans une interview accordée mardi au quotidien Libération. S’appuyant, selon lui, sur des travaux de la direction générale des finances publiques (DGFiP), M. Lombard a affirmé que « des milliers » de contribuables parmi les plus fortunés « ont un revenu fiscal de référence de zéro » et « ne paient aucun impôt sur le revenu ».

Ces assertions, rapportées telles quelles, ont provoqué des réactions marquées à gauche et rouvert le débat public sur la taxation des patrimoines les plus élevés. Les termes employés — notamment les guillemets autour de « milliers » et des formules citées — indiquent que la formulation originale provient d’une source déclarative plutôt que d’un fichier publié.

Demande d’accès aux documents et nature des pièces sollicitées

Sur la base des déclarations d’Éric Lombard, Éric Coquerel a saisi le gouvernement pour obtenir les éléments « qui ont pu permettre d’établir ce constat, qu’il s’agisse de notes, d’analyses ou de chiffrages élaborés par les services » de la DGFiP. La demande vise explicitement les travaux internes qui auraient servi d’appui aux propos rendus publics.

La démarche s’inscrit dans les prérogatives de la commission des finances, qui peut consulter des documents administratifs relatifs à l’exécution des finances publiques. Le déplacement de M. Coquerel à Bercy traduit une volonté d’accès direct aux pièces, plutôt qu’une lecture à distance de synthèses médiatisées.

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a réagi en affirmant vendredi : « Il n’y a nulle part écrit à Bercy le nom des gens qui auraient des revenus fiscaux de référence qui seraient très bas. En revanche nous savons que ça existe. » Sa déclaration souligne la distinction entre l’existence de constats ou d’anomalies statistiques et l’absence d’un registre public nominatif accessible au ministère sous cette forme.

Mobilisation au Parlement et demande parallèle du Sénat

La présidence de la commission des finances du Sénat a engagé une démarche similaire. Claude Raynal (Parti socialiste) et Jean-François Husson (Les Républicains) ont transmis une demande auprès de Bercy pour obtenir les mêmes éléments ou documents. Interrogé par l’Agence France-Presse, M. Husson a précisé qu’il « ne serait pas sur place » lors de la consultation menée par l’Assemblée, mais qu’une communication des documents consultés par Éric Coquerel interviendrait « dans un délai aussi rapide que possible ».

La coordination entre les deux chambres illustre l’ampleur politique du sujet, qui dépasse les clivages partisans et touche à la confiance des citoyens dans l’équité du système fiscal. Les demandes de consultation visent à éclairer tant l’origine des chiffres cités que la méthodologie retenue par l’administration fiscale.

Enjeux politiques et calendrier budgétaire

Sur le plan gouvernemental, la question intervient dans un contexte budgétaire tendu. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit s’exprimer « en fin de journée » et cherche toujours à trouver un accord autour du projet de budget 2026 avec les socialistes, afin d’éviter une censure et sans recourir à un vote contraint. L’affaire pourrait peser dans les négociations si elle alimente critiques et demandes de clarification sur la fiscalité des plus riches.

À ce stade, les éléments publics reposent sur des déclarations médiatiques et sur la promesse d’un examen des documents administratifs. Les conclusions dépendront de la nature précise des notes ou analyses de la DGFiP et de la capacité des autorités à fournir des chiffrages vérifiables sans contrevenir au secret fiscal.

La séance de consultation organisée à Bercy et la communication ultérieure des pièces aux commissions parlementaires seront déterminantes pour éclairer les assertions initiales et pour informer le débat public sur la fiscalité des très hauts patrimoines.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique