La promesse faite par Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle de 2022, de « sauvegarder le droit à une information libre et indépendante » et de garantir le pluralisme des médias suscite des interrogations. Quinze mois après la présentation du rapport des États généraux de l’information — en 2024 —, aucune traduction législative concrète n’est encore visible, et certains contributeurs se montrent de plus en plus impatients.
Un constat d’attente et de déception
Plusieurs acteurs impliqués dans les États généraux de l’information (EGI) estiment que le calendrier annoncé n’a pas été respecté. « La déception est d’autant plus grande lorsqu’on compare la vibrante lettre de mission du président de la République et son atterrissage, inexistant à date », constate Elsa Da Costa, directrice générale de l’ONG Ashoka France, qui faisait partie de l’un des groupes de travail des EGI.
Ce constat de frustration illustre un écart entre les intentions politiques affichées et les résultats visibles pour les contributeurs et les observateurs. Les débats et propositions produits par les EGI ont alimenté des attentes précises, notamment sur la protection des journalistes, la transparence des financements et le renforcement du pluralisme. Pour l’heure, ces pistes n’ont pas trouvé leur traduction législative opérationnelle.
Le projet de loi annoncé et son calendrier
Un projet de loi qui reprendrait les travaux des États généraux est néanmoins en préparation. Selon les éléments fournis dans l’article d’origine, le texte a fait l’objet d’une relecture du Conseil d’État en novembre 2025. Son passage en conseil des ministres devait ensuite intervenir « d’ici à la fin janvier ou au début de février », selon le ministère de la culture, formulation reprise telle quelle dans le texte initial.
Le projet de loi se présenterait autour de quatre thématiques principales : la confiance dans les médias, leur indépendance, leur modèle économique et le pluralisme. Ces axes reflètent les préoccupations centrales soulevées lors des groupes de travail des EGI et suscitent des attentes différentes selon les acteurs concernés, qu’il s’agisse de rédactions, d’organisations non gouvernementales, d’éditeurs ou de représentants politiques.
Enjeux concrets et points de vigilance
La confiance et le pluralisme sont au cœur du débat public sur l’information. Restaurer ou consolider la confiance suppose des mesures visant la transparence des sources de financement, la protection des pratiques journalistiques et des mécanismes de régulation indépendants. L’indépendance éditoriale relève à la fois de garanties institutionnelles et de conditions économiques permettant aux rédactions de fonctionner sans pression excessive.
Le volet économique est particulièrement sensible : il concerne la capacité des médias à trouver des modèles de financement viables face à l’érosion des recettes publicitaires et à la concurrence des plateformes numériques. Différentes pistes peuvent être envisagées pour soutenir la production d’information de qualité, mais le texte dont il est question ici n’est pas détaillé dans l’article source et les mesures précises restent à confirmer.
Enfin, la question du pluralisme renvoie autant à la diversité des titres et des opinions qu’à l’accès du public à une information variée sur l’ensemble du territoire. Les contributeurs aux EGI ont exprimé des attentes variées sur ce point, certaines insistant sur des instruments de régulation, d’autres sur des soutiens ciblés aux médias locaux ou indépendants.
Réactions et perspectives
Du côté des ONG et de nombreux professionnels des médias, la lenteur perçue du processus cristallise l’inquiétude. L’appel à des réponses rapides se heurte toutefois à la nécessité de concevoir un texte juridique qui puisse encadrer des questions complexes et respecter les équilibres institutionnels. Le ministère de la culture, cité dans l’article original, reste la source de l’élément de calendrier évoqué, sans que d’autres détails sur le contenu du projet aient été fournis dans le texte de départ.
À ce stade, la promesse présidentielle demeure une orientation politique affichée. La transformation de cette intention en dispositifs juridiques et opérationnels dépendra des arbitrages ministériels, des consultations avec les acteurs concernés et des étapes réglementaires et parlementaires ultérieures. Les prochaines semaines mentionnées dans l’article constitueront un jalon important pour savoir si le gouvernement parvient à matérialiser les ambitions formulées lors des États généraux de l’information.
Le dossier reste donc à suivre de près : il lie des enjeux démocratiques, économiques et culturels, et il mobilise des parties prenantes aux attentes parfois divergentes. Le calendrier administratif indiqué dans le texte initial — relecture par le Conseil d’État en novembre 2025 puis passage en conseil des ministres « d’ici à la fin janvier ou au début de février » — fixe une échéance, dont l’issue déterminera la suite du processus législatif.





