Le cofondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, et l’ancien président François Hollande ont partagé, lundi 23 février, une présence remarquée au Salon de l’agriculture. Au-delà des échanges avec des agriculteurs et des visiteurs, leurs interventions ont surtout mis en lumière une même ligne politique : la rupture affirmée avec La France insoumise (LFI).
Déambulations séparées, message commun
Les deux personnalités se sont déplacées séparément dans les allées du Salon, multipliant les photos avec le public et répondant aux sollicitations des stands. Chacun a été encouragé à se lancer dans une candidature présidentielle, recommandation qu’ils ont décliné lors de leurs prises de parole.
Interrogé sur les municipales prévues les 15 et 22 mars, Raphaël Glucksmann a réitéré sa position : « Il n’y aura pas d’alliance avec La France insoumise. Vous ne verrez pas le logo de Place publique avec celui de La France insoumise. » Son entourage a précisé que les candidats de Place publique présents sur des listes communes avec le Parti socialiste quitteraient ces listes si, au second tour, les socialistes choisissaient de fusionner avec LFI — une option que le Parti socialiste a évoquée « dans de rares cas », selon le texte original cité.
Glucksmann a expliqué ce refus par sa lecture du climat politique : il juge qu’« une majorité de Français sont extrêmement inquiets par la brutalisation, par la polarisation du débat ». « Quand on porte un discours de nuances, de tolérance de l’altérité, on rencontre l’aspiration profonde du peuple », a-t-il ajouté.
Critiques de François Hollande envers LFI
François Hollande a pour sa part ciblé la responsabilité de Jean‑Luc Mélenchon, accusé d’avoir « contribué à banaliser l’extrême droite ». L’ancien chef de l’État a estimé que, pour 2027, « l’espace existe » pour une gauche réformiste et social‑démocrate capable, selon lui, de « permettre à la France d’éviter les extrêmes ».
Cette posture s’inscrit dans la continuité d’une prise de position antérieure, datée du 18 février, où François Hollande avait déjà jugé que les socialistes « ne peuvent plus avoir d’alliance » avec LFI, y compris au second tour des municipales. Il avait alors qualifié le mouvement mélenchoniste d’« extrême gauche », mettant en avant des liens allégués avec la Jeune Garde, mise en cause dans la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque — éléments repris du compte rendu original.
Questions agricoles et souveraineté alimentaire
Sur le volet agricole, François Hollande a exprimé sa préoccupation pour « la sécurité et la qualité de l’alimentation ». Les deux intervenants ont fait valoir l’importance d’une politique agricole adaptée aux défis actuels, même si leurs priorités affichées diffèrent.
Raphaël Glucksmann a détaillé une proposition financière précise : sur les 234 milliards d’euros de fonds de compétitivité européens, il souhaite qu’au moins « 20 milliards » soient consacrés aux stocks stratégiques européens. L’objectif affiché est de renforcer l’indépendance européenne en matière agricole et alimentaire, afin que l’Union européenne devienne « un véritable acteur indépendant » dans ces domaines.
Il a par ailleurs plaidé pour une politique agricole « refondée », estimant la politique actuelle « ni égalitaire, ni écologique, ni efficace en matière de souveraineté ou en matière économique », formulation reprise du texte d’origine.
Contexte et portée
Les déclarations au Salon de l’agriculture s’inscrivent dans un contexte politique tendu, à quelques semaines des élections municipales. Elles confirment le repositionnement affiché par des acteurs de la social‑démocratie qui refusent désormais toute alliance formelle avec LFI, au moins pour l’horizon immédiat évoqué lors de ces rencontres.
Sur le fond, les prises de position mêlent enjeux nationaux — stratégie électorale et horizon 2027 — et questions sectorielles concrètes, notamment la sécurité alimentaire et l’utilisation de fonds européens. Les propos cités ont été rapportés lors des rencontres de lundi 23 février et respectent les formulations originales reproduites par le compte rendu.





