Guadeloupe : le CGLPL alerte sur la surpopulation dramatique au centre pénitentiaire de Baie‑Mahault (435 détenus pour 173 places) et exige des mesures

Share This Article:

Le CGLPL alerte sur la situation « dramatiquement élevée » de surpopulation au centre pénitentiaire de Baie-Mahault (Guadeloupe) : 435 détenus pour 173 places (251 %), cellules <3 m², locaux vétustes, sanitaires défaillants et 154 faits de violence recensés (10 avec arme). Le rapport dénonce aussi des manquements graves pour les mineurs (enseignement réduit à 4 h/semaine) et exige des mesures urgentes pour réduire la surpopulation, améliorer les conditions de détention et garantir les droits fondamentaux — la future extension de 300 places ne prévoit pas de salle d’activité.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation du centre pénitentiaire de Baie-Mahault (Guadeloupe), qualifiant la surpopulation de « dramatiquement élevée ». Dans ses « recommandations en urgence » publiées au Journal officiel, l’autorité souligne des atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes détenues.

Des chiffres qui témoignent d’une saturation extrême

Lors d’une visite à l’automne 2025, les contrôleurs ont constaté un taux d’occupation de 251 % à la maison d’arrêt pour hommes : 435 détenus pour 173 places. Le rapport précise que quelque 167 personnes dormaient « sur un matelas posé au sol ou sur du mobilier précaire », parfois « installés sur la table et le réfrigérateur », faute d’espace disponible.

Dans la quasi-totalité des cellules, chaque détenu dispose de moins de 3 m2 de surface individuelle, seuil en dessous duquel la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) présume une violation des droits fondamentaux. « Parfois, il ne reste aucun espace pour se mouvoir et il arrive même que l’espace au sol soit insuffisant pour accueillir un matelas », ajoute le CGLPL, qui accompagne son rapport de photographies illustrant ces constats.

Conditions sanitaires et équipements déficients

Le rapport met en avant des locaux vétustes, la présence de moisissures et une absence d’intimité dans les espaces sanitaires. Le service de buanderie est décrit comme défaillant, contraignant les détenus à laver leurs draps dans des lavabos, à l’eau froide.

Ces défaillances matérielles ont des répercussions directes sur la santé et la dignité des personnes détenues, estime le CGLPL. Les images jointes au rapport mentionnent notamment un détenu dormant sur un matelas posé à cheval entre une table et un réfrigérateur, situation symbolique du manque d’alternatives.

Violences et climat de sécurité dégradé

Le document relève également un nombre important d’incidents violents : entre janvier et septembre 2025, 154 faits de violences ont été recensés en maison d’arrêt, dont dix avec arme. Parmi les épisodes cités, un détenu s’est vu fracturer la mâchoire et un autre a été retrouvé « le visage ensanglanté » lors d’une visite.

Ces chiffres et incidents traduisent, selon le CGLPL, un climat de tension favorisé par la promiscuité et les carences de la prise en charge. Le rapport appelle à des mesures visant à restaurer la sécurité et prévenir la récidive des violences entre détenus.

Prise en charge des mineurs : des manquements pointés

Le CGLPL marque une préoccupation particulière pour les conditions de détention des mineurs, qu’il juge « inadaptées ». Le rapport décrit de lourdes « carences » dans leur prise en charge : fouilles intégrales systématiques, temps d’enseignement réduit à quatre heures par semaine au lieu des douze prévues, et une cour qualifiée « d’indigne », dépourvue d’abri et de point d’eau.

Pour l’autorité de contrôle, ces pratiques sont incompatibles avec les obligations légales et les standards de protection de l’enfance en milieu pénitentiaire. Le rapport demande des mesures spécifiques pour garantir l’éducation, la santé et la protection de ces adolescents.

Le CGLPL exige des « mesures urgentes » pour réduire la surpopulation carcérale et améliorer les conditions de détention. Il relève par ailleurs que la construction en cours de 300 places supplémentaires au centre pénitentiaire de Baie-Mahault ne prévoit pas, à ce stade, de salle d’activité, élément jugé essentiel pour la réinsertion et l’encadrement des détenus.

La surpopulation carcérale est un phénomène régulièrement dénoncé en Guadeloupe. Elle touche également la maison d’arrêt de Basse-Terre, dont les détenus ont été transférés en novembre vers une nouvelle structure qui était en chantier depuis plusieurs années.

Le rapport du CGLPL, diffusé au Journal officiel, formule des recommandations précises et insiste sur l’urgence d’une action coordonnée des autorités pénitentiaires et des pouvoirs publics pour remédier à ces déficits structurels et protéger les droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique