Le député Horizons du Calvados, Jérémie Patrier‑Leitus, appelle à une « révolution de la politique familiale » pour répondre à la chute des naissances. Rapporteur d’une mission parlementaire lancée en juillet 2025 sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité, il a présenté son rapport le mercredi 11 février 2026. Son diagnostic : le souhait d’avoir des enfants resterait, selon lui, supérieur aux naissances constatées et c’est principalement l’existence de freins matériels qui empêche une partie des Français de concrétiser ce désir.
Un constat fondé sur auditions et déplacements
Après plusieurs mois d’auditions et des déplacements en France et à l’étranger, M. Patrier‑Leitus affirme être convaincu que l’écart entre le désir d’enfant et sa réalisation — ce qu’il nomme « le delta » — peut être réduit. Cette formulation reprend le raisonnement développé tout au long de la mission : si la motivation personnelle existe, ce sont des obstacles structurels qui retardent ou empêchent la naissance d’un enfant.
La mission a examiné des éléments relatifs au logement, aux modes de garde, à la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, ainsi qu’à l’accompagnement financier des familles. L’Union nationale des associations familiales (UNA) est citée comme soutenant l’idée que des contraintes matérielles pèsent sur la décision d’avoir des enfants.
Des propositions centrées sur un objectif unique
Le rapport propose de « recentrer la politique familiale sur un seul objectif clair : permettre aux Français qui le souhaitent et qui en seraient aujourd’hui empêchés, principalement par des freins matériels, d’avoir des enfants ». Pour atteindre cet objectif, l’éventail de mesures envisagées porte sur plusieurs leviers : logement, congés parentaux, modes d’accueil de la petite enfance, meilleure conciliation travail‑famille et aides financières.
Sur le volet financier, l’auteur du rapport préconise la création d’un versement familial unique de 250 euros par mois, accordé « dès le premier enfant et sans conditions de ressources ». Cette mesure vise à simplifier et à rendre plus lisible le soutien public aux familles, en concentrant les aides autour d’un montant forfaitaire versé systématiquement.
Parmi les autres pistes évoquées figurent des ajustements des congés parentaux et des dispositifs de garde afin d’améliorer la compatibilité entre les parcours professionnels et la parentalité. Le rapport met l’accent sur la nécessité d’un accompagnement structurel, supposé réduire les contraintes matérielles jugées déterminantes dans la décision d’avoir un enfant.
Implications et limites du modèle proposé
L’option d’un versement universel et non conditionné marque une volonté de simplifier le traitement des aides et d’élargir leur accès. Toutefois, le rapport ne détaille pas, dans le résumé publicisé, l’ensemble des effets budgétaires ou les arbitrages nécessaires pour financer une telle mesure à l’échelle nationale. De même, la traduction opérationnelle des réformes du logement, des congés ou des modes de garde reste à préciser pour en mesurer l’impact réel sur la natalité.
Le propos du député se concentre sur la réduction d’un écart entre intention et réalisation. Il s’agit d’un cadrage volontairement centré sur l’aspect matériel des décisions familiales, qui peut toutefois sous‑estimer d’autres facteurs socioculturels ou démographiques évoqués par certains acteurs consultés durant la mission.
Enfin, le rapport s’inscrit dans un débat public plus large sur l’évolution des politiques familiales et leur efficacité. Les mesures proposées par M. Patrier‑Leitus devraient, pour être traduites en loi, passer par des arbitrages politiques et budgétaires au Parlement, accompagnés d’évaluations permettant d’estimer leur efficience sur le court et le moyen terme.
En présentant ce rapport le 11 février 2026, le député du Calvados propose un cap : une politique familiale recentrée sur la suppression des freins matériels à la parentalité, avec, parmi les propositions marquantes, le versement unique de 250 euros par mois dès le premier enfant. La mise en œuvre et l’évaluation de ces mesures détermineront leur portée réelle sur l’évolution des naissances en France.





