Emmanuel Macron présente ce jeudi 15 janvier ses vœux aux armées, un rendez‑vous scruté au moment où la France cherche encore à concrétiser son budget pour 2026, dans un contexte de tensions géopolitiques et de besoins militaires croissants. Le chef de l’État doit « donner ses orientations pour la défense nationale » à 12 h 30, sur la base aérienne stratégique d’Istres (Bouches‑du‑Rhône), qui abrite l’arme nucléaire, à environ 60 kilomètres au nord‑ouest de Marseille, a précisé l’Élysée.
Un discours au croisement des crises
Le président sera accompagné de la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et de la ministre déléguée Alice Rufo, ancienne conseillère à la cellule diplomatique de l’Élysée. Un conseil de défense a été convoqué d’urgence jeudi à 8 heures à l’Élysée, a appris l’Agence France‑Presse, afin d’évoquer notamment les manifestations en Iran réprimées par les autorités et des tensions autour du Groenland, avant le déplacement présidentiel.
Le Groenland, territoire autonome du Danemark, et la situation en Ukraine figurent parmi les sujets attendus lors du discours. Le texte d’origine évoque des « menaces américaines de prise de contrôle du Groenland » et une procédure de participation française à une mission militaire européenne au Groenland, aux côtés de la Suède et de l’Allemagne. Ces éléments placent la cérémonie d’Istres dans un cadre diplomatique et stratégique plus large, marqué selon l’article par une « crise sans précédent au sein de l’OTAN ».
Les mots et les chiffres scrutés sur le budget
Responsables politiques et militaires guetteront en particulier les passages consacrés à la discussion budgétaire, toujours dans l’impasse au Parlement. Emmanuel Macron a demandé une augmentation des crédits des armées de 3,5 milliards d’euros pour 2026, a rapporté la dépêche d’origine ; il a également sollicité 3 milliards d’euros supplémentaires pour 2027.
La loi de programmation militaire (LPM) votée en juillet 2023 prévoit 413 milliards d’euros pour les armées sur la période 2024‑2030. Face à ce qu’il a qualifié de « monde de plus en plus brutal », le président demande donc une rallonge afin d’actualiser la feuille de route. Selon le texte, l’actualisation de la LPM — plusieurs fois reportée — doit intervenir désormais avant l’été, ce qui entraînerait une montée des moyens plus rapide : le budget de la défense atteindrait 64 milliards d’euros annuels dès 2027, au lieu de 2030.
Un conseiller militaire cité dans l’article souligne que le propos du jour sera « très probablement axé sur ce sujet‑là », rappelant par ailleurs l’engagement pris par Emmanuel Macron à Istres en 2017 de porter l’effort de défense de la France à 2 % du PIB en 2025, objectif qui, selon le compte‑rendu, a été atteint.
Service national et dissuasion nucléaire
Le chef de l’État a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, l’un de ses chantiers pour 2026. Les chiffres évoqués dans l’article précisent un recrutement initial de 3 000 personnes issues de ce service pour 2026 — réparties en 1 800 dans l’armée de terre, 600 dans l’armée de l’air et de l’espace, et 600 dans la marine — puis 4 000 en 2027, 10 000 en 2030, avec une ambition de 42 500 affectés en 2035.
Par ailleurs, le président prononcera cette année, probablement en février, un discours sur la dissuasion nucléaire, qualifiée dans le texte de « clé de voûte » de la stratégie de défense française. Il a déjà évoqué à plusieurs reprises « la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen », en citant la Russie comme l’une des menaces pour la France et l’Europe.
La visite d’Istres et le vol avec Thomas Pesquet
Après un déjeuner avec les militaires et une visite de la base, Emmanuel Macron doit embarquer à bord d’un Airbus A330 MRTT (Multirole Tanker Transport) — un avion ravitailleur et de transport de troupes — piloté, selon l’Élysée, par l’astronaute Thomas Pesquet. L’article rappelle que M. Pesquet est, depuis août 2024, colonel de réserve dans l’armée de l’air, affecté à Istres, et que l’Élysée affirme qu’il possède « tous les brevets et diplômes pour piloter un MRTT ».
Le président assistera au décollage et à l’atterrissage depuis le cockpit, ainsi qu’à une démonstration de ravitaillement en vol de chasseurs Rafale. Une équipe de santé présentera enfin les capacités d’évacuation sanitaire embarquée, indiquées comme pouvant prendre en charge jusqu’à dix blessés graves en conditions proches d’un service de soins intensifs à bord de l’appareil.





