En déplacement à l’Institut du monde arabe ce lundi 23 mars, le président de la République a rendu hommage à l’ancien ministre de la Culture et ex-président de l’institution, Jack Lang, tout en abordant d’autres sujets d’actualité liés au Moyen-Orient et à la vie culturelle.
Un hommage mesuré d’Emmanuel Macron
Lors de son intervention devant le public réuni pour la présentation de l’exposition « Byblos, cité millénaire du Liban », Emmanuel Macron a voulu saluer le rôle de son prédécesseur à la tête de l’Institut du monde arabe (IMA). S’adressant à Anne‑Claire Legendre, récemment nommée pour diriger la maison, le chef de l’État a déclaré : « Je pense qu’il est juste qu’hommage lui soit rendu pour son engagement à la tête de cet institut », provoquant quelques applaudissements.
Le président a souligné que Jack Lang « a beaucoup fait pour cette exposition et qui pendant toutes ces années a beaucoup fait pour l’Institut du monde arabe. » Ces propos s’inscrivent dans un contexte délicat pour l’IMA, marqué par la succession de sa présidence et par l’actualité judiciaire qui entoure l’ancien ministre.
Enquête et démission : les raisons du départ de Jack Lang
Président de l’IMA depuis 2013, Jack Lang a démissionné en février après la révélation de liens présumés avec l’homme d’affaires américain Jeffrey Epstein. La parution fin janvier de « millions de nouveaux documents » liés à Epstein a précipité sa mise en cause et son départ de l’institution.
Le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant, selon les éléments rendus publics, une société offshore de revente d’œuvres d’art contemporain créée par Caroline Lang, la fille de Jack Lang, et Jeffrey Epstein. Dans ce cadre, les enquêteurs de la brigade financière ont perquisitionné le mois dernier les bureaux de l’ancien ministre à l’IMA ainsi que son domicile parisien.
Face à ces événements, la démission est intervenue dans un contexte de pression médiatique et institutionnelle. Le texte que nous réécrivons indique que Jack Lang a été « acculé au départ » et qu’il a finalement quitté ses fonctions en février.
La nomination d’Anne‑Claire Legendre et les défis pour l’IMA
Anne‑Claire Legendre, choisie pour prendre la tête de l’Institut du monde arabe, a elle aussi salué l’action de son prédécesseur après sa nomination. Peu après sa désignation, le 17 février, elle avait déclaré vouloir « saluer (l’)action » de l’ex-ministre de la Culture, estimant qu’il avait « redonné une très grande visibilité » à l’IMA.
Selon elle, il faudra « bien sûr pouvoir continuer sur cette lancée et trouver des nouvelles pistes d’action et élargir je crois encore le rayonnement de cette institution ». Ces objectifs se heurtent désormais à la nécessité de restaurer la confiance, de gérer l’image publique de l’Institut et d’assurer la continuité des projets culturels en cours, comme l’exposition consacrée à Byblos.
La situation laisse l’IMA confrontée à un double impératif : poursuivre son activité culturelle et répondre aux questions administratives et judiciaires soulevées par les enquêtes en cours. Les autorités judiciaires et la direction nouvellement installée auront à concilier exigence de transparence et préservation de la programmation artistique.
Les propos rapportés ici reprennent les déclarations publiques tenues lors de la visite présidentielle et les éléments factuels mentionnés dans le compte rendu d’origine : dates (lundi 23 mars, nomination le 17 février), durée de la présidence de Jack Lang (depuis 2013), perquisitions et ouverture d’une enquête du PNF pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».
Le futur immédiat de l’Institut du monde arabe dépendra désormais de la capacité de sa nouvelle direction à maintenir la visibilité culturelle acquise et à gérer les suites judiciaires et administratives liées aux révélations récentes.





