Mercredi 7 janvier 2026, une audition à l’Assemblée nationale a attiré l’attention sur l’avenir des missions locales, ces structures chargées d’accompagner l’insertion professionnelle des jeunes de 16 à 25 ans. Lors de la semaine de contrôle, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) — composé principalement de députés communistes — a organisé un débat pour interroger le gouvernement sur l’évolution du financement de ces organismes à l’aube des discussions budgétaires pour 2026.
Une coupe budgétaire annoncée dans la première version du PLF 2026
Les députés ont rappelé que, dans la première version du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, le gouvernement envisageait une réduction de 13 % du budget alloué aux missions locales. Ce chiffre a servi de point de départ aux échanges, organisés la veille de la reprise des travaux de la commission des finances, le jeudi 8 janvier 2026.
La réunion visait à obtenir des précisions sur l’intention gouvernementale et sur les conséquences opérationnelles d’une telle baisse. Les missions locales, présentes sur l’ensemble du territoire, jouent un rôle d’interface entre jeunes, entreprises et services publics pour favoriser l’accès à l’emploi, à la formation et aux droits sociaux.
Tensions structurelles et impact sur l’activité
Le député du Val-d’Oise Emmanuel Maurel (divers gauche) a résumé l’état des lieux en des termes francs, énumérant les difficultés auxquelles sont confrontés ces organismes : « Tensions de trésorerie, gel des recrutements, réduction d’activité et, dans les cas les plus critiques, plan de licenciement. (…) Tous les voyants sont passés au rouge. »
Ce constat a été présenté comme partagé par l’ensemble des groupes parlementaires présents. Les élus ont aussi rappelé que les missions locales avaient déjà subi une contraction de leurs moyens l’an précédent : en 2025, leur budget avait été réduit de 5,8 %.
Les députés ont souligné que des diminutions successives de crédits peuvent fragiliser les capacités d’accompagnement de publics vulnérables et contraindre certaines structures à revoir leur organisation ou leurs services.
Questions pratiques et calendrier parlementaire
Le débat s’est déroulé dans un calendrier serré : la semaine de contrôle permet aux groupes parlementaires d’interpeller le gouvernement sur des sujets choisis, juste avant les étapes de l’examen du PLF en commission et en séance publique. Les échanges du 7 et 8 janvier 2026 constituent donc une étape préparatoire aux arbitrages budgétaires qui seront rendus au cours des prochaines semaines.
Les élus ont demandé des éclaircissements sur les hypothèses retenues par l’exécutif, les critères d’affectation des coupes et les mesures d’accompagnement prévues pour éviter des ruptures de service. À cette phase, les éléments présentés dans la première mouture du PLF restent susceptibles d’évoluer au fil des amendements et des arbitrages parlementaires.
Un large consensus inquiet, sans décision finale
Le débat organisé par le groupe GDR a mis en lumière un large consensus parlementaire sur la nécessité de préserver le maillage territorial et les capacités d’intervention des missions locales. Néanmoins, aucun accord définitif n’a été acté lors de cette séance : il s’agissait davantage d’un questionnement formel adressé au gouvernement que d’une décision contraignante.
Les parlementaires ont insisté sur l’importance d’une information transparente et chiffrée, afin d’évaluer précisément l’impact des économies envisagées sur l’emploi des équipes locales et sur l’offre de services aux jeunes.
En attendant les suites des discussions budgétaires, les missions locales restent engagées dans leurs activités quotidiennes d’accompagnement. Les prochaines étapes du PLF 2026, en commission et en séance, permettront d’apporter des réponses plus concrètes sur les montants finalement retenus et les éventuelles mesures compensatoires.





