Mort de Quentin Deranque : deuxième collaborateur du député LFI Raphaël Arnault placé en garde à vue, tollé politique et débat sur la violence militante

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Un deuxième collaborateur du député LFI Raphaël Arnault figure parmi les 11 personnes placées en garde à vue dans l’enquête sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, après des heurts à Sciences Po Lyon. L’affaire — qui met en cause d’anciens membres de la Jeune Garde — provoque un vif tollé politique et relance le débat sur la violence militante et les responsabilités individuelles.

Un deuxième collaborateur du député La France insoumise (LFI) Raphaël Arnault figure parmi les onze personnes placées en garde à vue après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, a annoncé le procureur de la République de Lyon à Franceinfo, mercredi 18 février. Deux sources proches de l’enquête ont confirmé l’information à l’Agence France-Presse (AFP), qui faisait écho à une information du Parisien.

Enquête et gardes à vue

Selon le Parisien, l’intéressé est désigné sous le nom de « Robin C. », engagé sous pseudonyme à l’Assemblée nationale. Mardi soir, neuf personnes avaient déjà été interpellées, dont Jacques-Eli Favrot, également assistant parlementaire du député Raphaël Arnault. La veille, Raphaël Arnault avait indiqué avoir engagé les démarches pour rompre le contrat de Favrot.

Un autre ancien stagiaire du député, identifié comme Adrian B., a été interpellé mardi. L’AFP indique que ce dernier est soupçonné d’avoir participé directement aux violences. Toujours selon l’agence, « Robin C. » est suspecté d’avoir aidé Adrian B. à se soustraire aux forces de l’ordre.

Dans un communiqué publié mercredi en fin d’après-midi, le parquet de Lyon précise que les gardes à vue des neuf personnes interpellées mardi soir ont été prolongées de 24 heures. « Sur les onze personnes interpellées, sept d’entre elles sont actuellement placées en garde à vue pour les chefs d’homicide volontaire, violences aggravées de trois circonstances avec ITT inférieure à huit jours et association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement », indique le ministère public.

Les quatre autres personnes sont, selon le parquet, gardées à vue pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches ». Les investigations se poursuivent pour déterminer les responsabilités individuelles et la chronologie précise des faits.

Les circonstances de l’agression

Quentin Deranque, 23 ans, est décédé la semaine précédente après avoir été agressé par plusieurs personnes munies de cagoules, en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (LFI) à Sciences Po Lyon. Le jeune homme était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis.

Selon l’AFP, une « bataille rangée » s’est ensuivie entre « membres de l’ultragauche et de l’ultradroite ». Au terme des heurts, Quentin Deranque s’est retrouvé isolé avant d’être attaqué. Les causes exactes du décès et le rôle de chacun des mis en cause font l’objet d’expertises et d’auditions.

Réactions politiques et retentissement

Le dossier a rapidement pris une forte dimension politique. Raphaël Arnault, fondateur du groupe antifasciste la Jeune Garde, est placé au centre des soupçons liés à l’affaire. La Jeune Garde a été dissoute en juin 2025, selon les éléments publics déjà rendus publics.

Sur Franceinfo, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a demandé l’« exclusion » de Raphaël Arnault du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a estimé sur Europe 1 et CNews que le député devrait démissionner.

En parallèle, Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « mépris absolu de la séparation des pouvoirs » et a affirmé sur X que Raphaël Arnault n’était « absolument pas concerné par l’enquête en cours ». Jean-Luc Mélenchon, chef de file du mouvement, a déclaré que LFI « n’approuve pas la violence » tout en cherchant à marquer une distance avec la Jeune Garde.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a lancé au Sénat que Jean-Luc Mélenchon « n’a toujours pas pris la mesure du drame », l’accusant de relativiser le meurtre. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a ajouté que « les discours de haine (…) créent un climat de violence qui conduit à des drames », avant de proposer une minute de silence.

D’autres responsables politiques ont demandé des mesures fortes. Bruno Retailleau (LR) a plaidé pour « dresser un cordon sanitaire » autour de la gauche radicale. Le premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé au parti de Jean-Luc Mélenchon de « faire le ménage » dans ses rangs.

Les critiques ne viennent pas uniquement de la droite. L’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique) et l’ancien président François Hollande ont estimé qu’il ne pourrait plus y avoir d’alliance avec LFI. François Hollande a demandé que les « insoumis » rompent « entièrement » tout lien avec la Jeune Garde.

Face à ces mises en cause, LFI affirme subir une « instrumentalisation » du drame et se dit la cible de menaces. Le siège national du parti à Paris a été brièvement évacué mercredi à la suite d’une alerte à la bombe. Plusieurs candidats aux municipales rapportent, selon le parti, des attaques sur le terrain et sur les réseaux sociaux.

Manuel Bompard a appelé les pouvoirs publics à « garantir un débat démocratique digne et sain » et demandé de « cesser d’accuser LFI », avertissant que ces accusations peuvent, selon lui, conduire à des intimidations et à des attaques contre des permanences et des locaux.

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