Après un week-end de négociations à Paris, il n’existait pas, lundi 19 janvier au matin, d’accord « Elysée-Oudinot » réunissant l’ensemble des formations politiques de Nouvelle-Calédonie et l’État. Lancé le vendredi 16 janvier à l’Élysée, ce nouveau cycle de discussions devait fournir des « clarifications » sur le texte signé le 12 juillet 2025 à Bougival (Yvelines), mais aucun compromis consolidé n’avait été annoncé au terme des échanges.
Des pourparlers sans accord conclu
Les rencontres, tenues sous la supervision du directeur de cabinet du chef de l’État, ont mobilisé des représentants des indépendantistes, des non-indépendantistes et des autorités françaises. Selon les éléments communiqués, les pourparlers du week-end n’ont pas abouti à un document finalisé capable d’être présenté comme un nouvel « accord Elysée‑Oudinot ». La formulation renvoie à la rue Oudinot, siège du ministère des outre‑mer, en lien avec les négociations menées entre l’État et les acteurs calédoniens.
Le projet que devaient clarifier ces discussions est celui signé à Bougival le 12 juillet 2025, accepté par certains acteurs mais rejeté par le Front de libération kanak et socialiste (FLNKS). La réalité politique calédonienne reste donc marquée par ce rejet, qui complique la recherche d’un large compromis institutionnel et politique.
Ce que contient (et ce que laisse) l’accord de Bougival
Le texte conclu à Bougival prévoyait, de manière provisoire, l’inscription d’un « État de la Nouvelle‑Calédonie » dans la Constitution française, une disposition à portée symbolique et juridique forte. Mais cette inscription renvoie à des étapes ultérieures: la rédaction d’une loi fondamentale de la Nouvelle‑Calédonie et l’adoption d’une loi organique destinée à préciser les compétences et l’organisation juridique du futur État local.
Sur les aspects institutionnels, les discussions du week‑end ont peu fait évoluer le cadre défini à Bougival. Les participants ont apporté des ajustements marginaux, sans ajouter d’éléments déterminants susceptibles de dissiper les désaccords persistants entre les parties sur la mise en œuvre concrète des institutions envisagées.
Durant la conférence de presse du lancement des négociations, le président de la République, Emmanuel Macron, avait déclaré: « L’objectif n’est pas de repartir de zéro. Bougival est notre domaine de vol [sic]. Nous continuons à écrire l’histoire. » Cette citation, prononcée vendredi, montre la volonté d’ancrer la démarche dans la continuité du texte de juillet 2025, malgré les critiques de certains protagonistes.
Les enjeux juridiques et politiques restant à trancher
La transformation annoncée implique un double travail législatif: d’une part, une loi fondamentale locale qui définirait les principes constitutionnels propres à la Nouvelle‑Calédonie; d’autre part, une loi organique française pour encadrer, en droit interne, les transferts de compétences et la relation entre l’État et le nouvel État calédonien. Ces textes sont conditionnés par un consensus politique qui fait défaut aujourd’hui.
Le rejet du projet par le FLNKS continue d’alimenter l’incertitude. Tant que les principaux acteurs politiques de l’archipel ne donneront pas leur assentiment à un compromis rénové, l’application pratique des dispositions prévues restera en suspens. Les discussions menées à Paris ont confirmé l’existence de marges de négociation, mais pas de convergence suffisante pour verrouiller un accord définitif.
Prochaines étapes et temporalité incertaine
Rien dans les éléments rendus publics ne permet de fixer une échéance précise pour la conclusion d’un nouvel accord. Les échanges de la fin de semaine ont montré la volonté de l’État de poursuivre le dialogue sans effacer les acquis de Bougival, mais aussi la difficulté de rapprocher des positions divergentes sur le fond et sur la méthode.
Les interlocuteurs calédoniens et les services de l’État devront maintenant décider des modalités de reprise des discussions, des sujets prioritaires — constitution locale, répartition des compétences, calendrier juridique — et des conditions de participation de l’ensemble des acteurs politiques. Jusqu’à nouvel ordre, l’issue de ce processus reste ouverte et dépendra de la capacité des parties à surmonter les dissensions autour du texte signé le 12 juillet 2025.





