PLFSS adopté à 13 voix : Cazeneuve rallie Édouard Philippe, deux ex-PM alertent sur un déficit Sécu de 24 Mds et les divisions du centre en 2027

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À la Sorbonne, Bernard Cazeneuve a pris la défense d’Édouard Philippe (Horizons) dans un ralliement surprenant autour du PLFSS adopté « à 13 voix près ». Les deux anciens premiers ministres alertent sur le « mur de la dette » — un déficit projeté de 24 milliards d’euros pour la Sécurité sociale en 2026 — et ravivent les tensions stratégiques du centre à l’approche de 2027.

Un ralliement surprenant entre anciens premiers ministres

Mercredi 10 décembre au soir, Édouard Philippe a constaté une convergence inattendue avec un ancien rival politique. Alors que le président d’Horizons et ses députés étaient critiqués par le reste du « bloc central » pour avoir failli mettre en péril le budget de la Sécurité sociale, c’est Bernard Cazeneuve, ex-socialiste, qui a pris sa défense lors d’une conférence conjointe organisée par l’association étudiante Débattre en Sorbonne.

Le texte visé, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), avait été adopté la veille, mardi, avec une majorité extrêmement étroite — « à 13 voix près », selon les éléments rapportés. Cette adoption serrée a mis en lumière des dissensions internes au centre et a offert une tribune inhabituelle à des critiques venant d’anciens responsables politiques d’origines différentes.

Les critiques formulées par Bernard Cazeneuve

Lors de la prise de parole, Bernard Cazeneuve a résumé son objection par une comparaison nette entre deux configurations budgétaires successives. « En deux mois, nous sommes passés d’une situation où le premier ministre nous disait “Il faut un budget pour faire des économies”, à un contexte où on nous explique qu’il faut des dépenses pour avoir un budget ! » a-t-il déclaré.

Cazeneuve a dénoncé ce qu’il a qualifié d’absence de « lucidité et de courage politique » dans les décisions récentes. Sa critique vise le choix d’augmenter ou de préserver certaines dépenses plutôt que d’imposer des coupes jugées nécessaires pour maîtriser le niveau d’endettement.

Édouard Philippe, surnommé dans le texte « le Havrais », a marqué son accord avec cette analyse. Le soutien implicite d’un ancien premier ministre socialiste à la position d’Horizons illustre l’émergence d’un clivage moins idéologique que stratégique au sein du centre politique.

Le cœur du désaccord : le « mur de la dette »

La critique centrale formulée par Philippe et reprise par Cazeneuve porte sur ce qu’ils appellent le « mur de la dette ». Selon les éléments cités, les choix budgétaires récents conduiraient à un déficit de la Sécurité sociale estimé à 24 milliards d’euros en 2026, en intégrant les transferts vers le budget de l’État.

Ce point chiffré — 24 milliards d’euros en 2026 — sert d’argument pour justifier le refus d’Horizons de soutenir le PLFSS. Le groupe a préféré s’abstenir ou voter contre, au risque de faire dérailler l’ensemble du texte. Ce positionnement a été présenté comme une volonté d’imposer un débat plus net sur l’effort de réduction de la dette.

Impacts politiques et enjeux pour 2027

La décision d’Horizons de ne pas soutenir le PLFSS a des implications à plusieurs niveaux. D’abord, elle a mis en évidence les fragilités d’une majorité qui, sans unité, peut voir des textes cruciaux adoptés de justesse. Ensuite, ce refus a ravivé des tensions au sein de l’ex-majorité présidentielle, révélant des dissensions aussi bien de fond que stratégiques.

À l’approche de l’échéance électorale de 2027, ces divisions prennent une dimension particulière. Le choix de laisser passer le PLFSS sans soutien global peut être lu comme un signal stratégique : il renvoie l’ex-majorité à ses désaccords et oblige à clarifier les priorités budgétaires et programmatique du centre politique.

Enfin, le cas montre que des alliances circonstancielles peuvent se former entre acteurs issus d’horizons différents lorsque convergent des analyses sur la gestion des comptes publics. La scène de la Sorbonne a mis en lumière cette dynamique, avec deux anciens premiers ministres sur une même critique.

Questions ouvertes et éléments à surveiller

Plusieurs points restent à suivre sans spéculation : la manière dont le gouvernement et la majorité élargie répondront à la critique sur le déficit projeté de la Sécurité sociale et si des mesures supplémentaires seront proposées pour réduire le « mur de la dette ». De même, il conviendra d’observer si la position d’Horizons est passagère ou le début d’une ligne politique plus affirmée en vue de 2027.

Les faits rapportés — adoption du PLFSS « à 13 voix près », citation de Bernard Cazeneuve, l’estimation de 24 milliards d’euros pour 2026 — constituent les éléments vérifiables présentés lors de la conférence. Ils fondent l’analyse politique actuelle et expliquent, sans l’exagérer, le regain de tensions dans le centre politique.

Parlons Politique

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