Procès en appel de Bruno Gollnisch : admission d’un travail « de façon résiduelle » pour des assistants mais le détournement de 996 000 € demeure au cœur du dossier

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Le 26 janvier devant la cour d’appel de Paris, Bruno Gollnisch a renoncé aux digressions procédurales et admis pour la première fois que certains assistants avaient travaillé « de façon résiduelle » pour le Front national, geste visant à éviter une sanction d’audience et à recentrer sa défense. Cette concession limitée ne balaie toutefois pas l’accusation centrale de détournement de fonds publics (996 000 €) ni les lourds risques pénaux encourus, si bien que l’issue de l’appel reste incertaine.

Renoncement procédural devant la cour d’appel

Lundi 26 janvier, devant la cour d’appel de Paris, Bruno Gollnisch a renoncé à prolonger sa défense par des développements juridiques de longue haleine sur la séparation des pouvoirs. Cette intervention, décrite comme des « interminables cours de droit » lors de l’audience précédente, avait été utilisée l’an dernier pour tenter de gagner du temps et d’embrouiller le débat judiciaire.

Ce revirement procédural survient alors que l’ancien numéro deux du Front national se présente pour l’instant comme un prévenu moins combatif sur la forme que par le passé. L’abandon de ces exposés théoriques vise manifestement à éviter une nouvelle sanction pour trouble à l’audience et à resserrer la stratégie de défense sur le fond.

Reconnaissance partielle sur l’emploi des assistants

Sur le fond du dossier, M. Gollnisch a admis, pour la première fois de façon nette, que certains de ses assistants avaient travaillé « de façon résiduelle » pour le parti et non exclusivement pour leur eurodéputé. Cette formulation, distante et précise, constitue une concession limitée par rapport à ses précédentes positions.

La qualification de ces tâches comme « résiduelle » laisse entendre une reconnaissance partielle d’un partage d’activité entre missions parlementaires et tâches internes au parti. Ce geste peut être interprété comme une tentative de réduire la portée pénale de l’accusation, en distinguant un usage principal des assistants en faveur de l’eurodéputé et des activités annexes pour le parti.

Les enjeux pénaux et financiers

La position modérée adoptée devant la cour d’appel doit être lue au prisme des risques judiciaires encourus. Bruno Gollnisch était, lors du premier jugement, passible d’une peine combinant trois ans de prison dont un an ferme, 50 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. Ces éléments restent au cœur des enjeux: reconnaître partiellement l’emploi des assistants peut permettre d’éviter une confirmation d’une condamnation lourde en appel.

Néanmoins, la reconnaissance limitée apparaît insuffisante pour lever l’accusation centrale portée contre lui : celle de détournement de fonds publics évaluée à 996 000 euros. Sur ce point, la nuance apportée par la formule « de façon résiduelle » ne constitue pas une admission de la totalité des faits reprochés et ne répond pas à l’estimation financière retenue par l’accusation.

Un profil politique et linguistique inchangé

À 76 ans dans deux jours, M. Gollnisch conserve certains signaux d’affiliation politique et stylistique avec Jean‑Marie Le Pen, figure tutélaire du parti. Observateurs et participants ont noté que le prévenu reste fidèle à un vocabulaire soigneusement choisi et à des tournures de phrase marquées, y compris l’usage de l’imparfait du subjonctif, qui contribuent à un style oratoire reconnaissable.

Ce maintien d’une signature rhétorique ne préjuge pas du fond du dossier, mais il éclaire la manière dont l’ancien dirigeant politique conduit sa défense : une combinaison de précision linguistique et de posture défensive, désormais recentrée sur des concessions mesurées.

Portée et limites du geste

Le renoncement aux digressions juridiques et la reconnaissance partielle constituent incontestablement un pas vers le règlement de la procédure en appel. Ils peuvent, au plan technique, réduire la probabilité d’une sanction pour entrave à l’audience et améliorer la lisibilité de la défense.

En revanche, ces gestes restent insuffisants pour dissiper l’accusation principale qui pèse sur le prévenu. La question des 996 000 euros, qui structure l’instruction et les réquisitions, demeure entière. Sans une reconnaissance plus substantielle ou des éléments nouveaux produisant une explication complète des flux financiers, la cour d’appel gardera à trancher sur la réalité et l’ampleur des détournements allégués.

Au terme de l’audience du 26 janvier, la stratégie adoptée par Bruno Gollnisch apparaît donc pragmatique : réduire les frictions procédurales pour concentrer la dispute sur les éléments matériels du dossier. Reste à savoir si cette tactique suffira à infléchir la décision de la cour d’appel.

Parlons Politique

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