Procès en appel des assistants du FN : Marine Le Pen plaide la « bonne foi », sa candidature à la présidentielle 2027 en suspens après sa condamnation

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Le 21 janvier 2026, Marine Le Pen a plaidé la « bonne foi » devant la cour d’appel de Paris dans le procès en appel sur l’emploi d’assistants parlementaires d’eurodéputés, contestant une fraude intentionnelle et pointant des défauts de contrôle du Parlement européen. Condamnée en première instance le 31 mars 2025 (cinq ans d’inéligibilité), sa candidature à la présidentielle 2027 reste en jeu pendant que la cour réexamine les preuves et les responsabilités administratives.

Au deuxième jour de son audition devant la cour d’appel de Paris, Marine Le Pen a plaidé la « bonne foi » du Front national (FN), mercredi 21 janvier 2026, dans le cadre du procès en appel portant sur l’emploi d’assistants parlementaires d’eurodéputés. La présidente du Rassemblement national (RN), anciennement FN, a contesté l’idée d’une fraude intentionnelle et mis en avant, selon elle, des erreurs de contrôle et d’information au sein des institutions européennes.

Les faits reprochés et la chronologie du dossier

La justice reproche au RN — et à dix autres cadres — d’avoir financé, entre 2004 et 2016, des salariés du parti avec des fonds provenant du Parlement européen. Ces versements auraient permis de régler des salaires alors que le parti traversait des difficultés financières liées à de mauvais résultats électoraux.

Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait déclaré Marine Le Pen coupable et prononcé notamment une peine de cinq ans d’inéligibilité, exécutée provisoirement, ce qui la rendait en l’état dans l’impossibilité de se porter candidate à l’élection présidentielle suivante. Cette décision avait été perçue comme un tournant politique, la dirigeante étant alors, selon la presse et les sondages cités à l’époque, en tête des intentions de vote pour le premier tour.

La ligne de défense : absence d’intention et responsabilité administrative

Devant la cour d’appel, Marine Le Pen a affirmé que, si des irrégularités avaient eu lieu, elles n’étaient pas le résultat d’une volonté délibérée de frauder. « Pourquoi est-ce que nous, qui sommes des gens rigoureux, semblons avoir fait preuve, dans la façon dont ce dossier est présenté, d’une absence totale de rigueur ? Car nous étions totalement de bonne foi », a-t-elle déclaré mercredi matin.

Elle a imputé une part significative du problème au fonctionnement et au contrôle exercés par l’administration du Parlement européen. Selon elle, les règles et leur application étaient, pendant la période visée, moins strictes qu’aujourd’hui : « l’administration du Parlement européen était beaucoup plus coulante que ce qu’elle est aujourd’hui », a-t-elle soutenu, en insistant sur un défaut d’information et de contrôle de l’institution communautaire.

La dirigeante a également évoqué le contexte politique européen de l’époque pour expliquer certaines missions confiées aux assistants : le « cordon sanitaire » visant à limiter l’influence des élus d’extrême droite au sein des commissions européennes, selon elle, aurait restreint ces assistants à des fonctions essentiellement de tribune. « L’objectif était d’interdire à un député du FN d’avoir la moindre mission au sein d’une commission. (…) On nous avait un petit peu condamnés à une fonction tribunitienne », a-t-elle dit, vêtue d’un tailleur bleu marine.

Les difficultés de la preuve et la position personnelle de la prévenue

Marine Le Pen a admis que des « reproches incontestablement peuvent nous être faits », mais a souligné la difficulté de produire des justifications ou des preuves détaillées, en raison du temps écoulé depuis les faits. Face à l’examen minutieux des contrats d’assistants parlementaires liés à son mandat d’eurodéputée, elle a fait part de son exaspération : « Je ne sais pas comment faire pour vous prouver ce que je ne peux pas vous prouver, que je dois vous prouver. »

La dirigeante reste, selon le dossier, frappée d’inéligibilité au moment du procès en appel, et sa candidature éventuelle à la présidentielle de 2027 est présentée comme directement menacée par ces procédures judiciaires. Le procès en appel vise à réexaminer les éléments qui avaient conduit à la condamnation en première instance, en tenant compte des arguments de la défense et des pièces versées au dossier.

L’audition de Marine Le Pen, interrompue en milieu de journée, devait reprendre mercredi après-midi. Le dossier soulève des questions à la fois juridiques et politiques : juridiques, parce qu’il porte sur l’emploi et le financement de personnels avec des fonds européens ; politiques, parce qu’il touche à la trajectoire et à l’éligibilité d’une figure majeure de la vie publique française.

Les débats à la cour d’appel permettront de préciser si les éléments présentés en première instance constituent, au regard des règles de droit et de la preuve, des infractions imputables à la prévenue et aux autres mis en cause, ou s’ils relèvent de pratiques administratives ambiguës et non intentionnelles telle que l’a soutenu la défense.

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