Procès en appel des assistants parlementaires du FN : le 28 janvier Wallerand de Saint‑Just se dit « petit télégraphiste » et conteste sa responsabilité

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Wallerand de Saint‑Just, ancien trésorier du Front national, comparaît en appel le 28 janvier 2026 dans le dossier des assistants parlementaires soupçonnés d’avoir fait supporter au Parlement européen des salaires à des fins partisanes. Condamné le 31 mars 2025 (3 ans dont 1 ferme, 50 000 € d’amende, 3 ans d’inéligibilité), il conteste un rôle central et minimise sa responsabilité ; l’appel doit préciser les responsabilités de chacun.

La présidente de la cour s’acharne à le désigner « Monsieur Saint‑Jus ». Wallerand de Saint‑Just ne relève pas l’erreur et reste silencieux. L’ancien trésorier du Front national (FN), déjà condamné pour des détournements de fonds publics, est venu au procès en appel des assistants parlementaires du parti se tenir en marge des échanges.

Une condamnation lourde en première instance

Le 31 mars 2025, Wallerand de Saint‑Just a été condamné pour complicité de détournements de fonds publics à trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme, à 50 000 euros d’amende et à trois ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. Il a par ailleurs été démis d’office de son mandat de conseiller régional d’Île‑de‑France.

Cette décision constitue, selon les termes rapportés pendant l’audience, l’une des peines les plus lourdes prononcées dans ce dossier. L’exécution provisoire signifie que la peine peut être appliquée dès à présent, malgré la possibilité d’un appel.

Comportement réservé lors de l’audience du 28 janvier 2026

Au procès en appel, mercredi 28 janvier 2026, l’ancien avocat de 75 ans a fait le dos rond et a reconnu peu des faits qui lui sont reprochés. La présidente Michèle Agi a pris son temps pour tenter de le mettre en difficulté. L’accusé, décrit comme disert et alerte, a puisé dans sa pratique professionnelle passée pour répondre aux questions.

Trésorier du parti depuis 2009, il a nié toute responsabilité centrale dans le mécanisme décrit par l’accusation, consistant à convertir des dotations européennes en ressources pour le parti via un jeu de « chaises musicales » entre assistants parlementaires et salariés du parti.

Les explications du trésorier

Interrogé sur son rôle précis, Wallerand de Saint‑Just a affirmé : « Il y avait des députés européens FN depuis 1984, je ne m’en suis jamais occupé. Je ne m’en suis occupé, pour ne pas payer deux fois les charges sociales, que lorsque des salariés du parti devenaient assistants parlementaires, ou des assistants membre du FN, ce qui n’est pas très fréquent. »

Il a déclaré compter sept assistants concernés en 2014, dont seulement deux sont poursuivis dans ce volet du dossier. Ces chiffres ont été répétés à l’audience sans que l’accusé n’en accepte pour autant la portée entière tel que la présente l’accusation.

Parmi les personnes citées, le nom de Thierry Légier a été évoqué. Légier, décrit comme ancien garde du corps des Le Pen, était selon les éléments rapportés payé 5 000 euros en tant qu’assistant, puis la même somme pour un mi‑temps.

Sur ce point, le prévenu a commenté de manière lapidaire : « Les officiers de sécurité sont toujours bien payés. »

Un dossier centré sur les assistants parlementaires

Le procès en appel porte sur l’organisation et la rémunération d’assistants parlementaires désignés par des élus du Front national au Parlement européen, et sur les liens entre ces fonctions et des emplois internes au parti. L’accusation soutient que certaines nominations auraient permis de faire supporter au budget du Parlement européen des salaires destinés à des activités partisanes.

Lors de l’audience, Wallerand de Saint‑Just a contesté l’idée d’une implication systématique de sa part, en distinguant les cas où il aurait été contraint d’agir pour éviter la double cotisation sociale et ceux où il n’aurait pas eu de rôle opérationnel.

Le procès se déroule alors que la condamnation de 2025 est déjà devenue un épisode majeur du dossier, entraînant des conséquences politiques et judiciaires pour l’ancien trésorier. À l’audience d’appel, il a adopté une stratégie de défense prudente, reconnaissante de peu d’éléments et insistant sur la limite de son rôle.

Les débats doivent permettre aux magistrats d’examiner à nouveau la nature des responsabilités et la réalité des pratiques dénoncées, à la lumière des témoignages et des pièces produites. Le procès en appel constitue une étape importante pour préciser la part de responsabilité de chacun dans un dossier complexe impliquant des élus, des assistants et l’organisation interne d’un parti politique.

Rien dans cette audience n’a, à ce stade, modifié les éléments factuels indiqués lors de la condamnation du 31 mars 2025 ; les avocats, les parties civiles et l’accusation poursuivent leurs plaidoiries dans le cadre de l’appel en cours.

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