Procès en appel des assistants RN : Le Pen change de stratégie de défense, l’issue déterminera son avenir judiciaire et sa capacité à se présenter en 2027

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Marine Le Pen a révisé sa stratégie de défense entre sa déclaration du 30 septembre 2024 (« Nous n’avons violé aucune règle ») et l’ouverture du procès en appel le 14 janvier 2026, où son avocat a plaidé l’incertitude d’interprétation des règles sur les assistants parlementaires. Condamnée en première instance à quatre ans (dont deux fermes) et cinq ans d’inéligibilité — exécution provisoire empêchant une candidature en 2027 —, l’issue de l’appel décidera de son avenir judiciaire et politique au sein du Rassemblement national.

Marine Le Pen a modifié sa stratégie de défense lors du procès en appel portant sur les assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national en 2018). Deux dates encadrent ce basculement : le 30 septembre 2024, lorsque Mme Le Pen affirmait à la presse « Nous n’avons violé aucune règle. », et le 14 janvier 2026, jour de l’ouverture du procès en appel, où la position de la défense était présentée différemment par son avocat Rodolphe Bosselut.

Une défense reformulée entre 2024 et 2026

Lors du premier procès, la ligne défensive semblait catégorique et négatrice : « Nous n’avons violé aucune règle. » Cette déclaration, tenue le 30 septembre 2024, résumait alors la posture publique de la prévenue face aux accusations liées aux assistants parlementaires.

Le 14 janvier 2026, à l’ouverture du procès en appel, l’argumentaire présenté par la défense a pris un tour distinct. Rodolphe Bosselut a insisté sur le caractère contextualisé et institutionnel des pratiques reprochées, affirmant : « Il y avait une pratique parlementaire qui était considérée par les députés RN comme une pratique autorisée et, du jour au lendemain, le Parlement européen nous dit : “Non, les règles que vous avez cru être les bonnes ne sont pas les bonnes”. »

Cette formulation recentre le débat sur l’interprétation des règles et la perception d’une pratique admise au sein d’un groupe politique. La défense met en avant une incertitude normative : selon elle, les députés concernés croyaient agir conformément à des usages parlementaires alors que l’institution européenne en a décidé autrement.

Sanctions et conséquences politiques

Le premier procès avait abouti à une condamnation lourde pour Marine Le Pen. Elle a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans fermes assortis d’un bracelet électronique, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité. L’exécution de la peine a été décrétée provisoire, c’est‑à‑dire immédiate, ce qui empêche pour l’heure Mme Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

Ces décisions de justice ont une double portée. Sur le plan judiciaire, la condamnation et l’exécution provisoire ouvrent la voie à des recours en appel, qui cherchent soit à modifier la peine, soit à réexaminer la qualification des faits. Sur le plan politique, la sanction d’inéligibilité touche directement l’horizon de candidature de la présidente du RN pour 2027. Le caractère immédiat de l’exécution rend la situation concrète et contraignante avant l’issue du second procès.

Franck Johannès, journaliste au Monde qui suit la procédure, résume l’enjeu : Marine Le Pen « joue son avenir à la fois politique à court terme, mais même définitif ». Cette appréciation souligne que le procès et son issue ont des implications qui dépassent la seule sphère pénale, en se répercutant sur la trajectoire politique d’une personnalité nationale.

Procès en appel : portée et limites

Le procès en appel se concentre sur la réévaluation des faits et sur la manière dont les règles ont été appliquées et interprétées. Il ne remet pas automatiquement en cause l’origine des accusations mais permet d’examiner les éléments de droit, la proportionnalité des peines et les circonstances invoquées par la défense.

La défense insiste ici sur une controverse d’interprétation : selon elle, il existait une pratique parlementaire considérée comme admise par les députés RN, et le changement d’appréciation du Parlement européen serait intervenu « du jour au lendemain ». Ce point met au centre du litige la question de l’information et de la compréhension des règles applicables aux assistants parlementaires.

Enjeux pour le Rassemblement national

Le procès et ses répercussions judiciaires affectent aussi le parti lui‑même. Le changement de nom du Front national en Rassemblement national en 2018 figure dans le contexte factuel du dossier, mais c’est le devenir politique et électoral qui est visé par les sanctions d’inéligibilité et par la visibilité médiatique des audiences.

À ce stade, la procédure d’appel constitue l’étape déterminante suivante. Elle doit permettre d’examiner si la condamnation et les mesures prises à l’issue du premier procès resteront en l’état, seront allégées, ou feront l’objet d’autres dispositions judiciaires. En attendant, la situation juridique et politique de Marine Le Pen reste encadrée par la condamnation prononcée et par l’exécution provisoire qui en découle.

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