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Procès en appel du financement libyen : Brice Hortefeux nie tout rôle d’intermédiaire au profit de Nicolas Sarkozy et affirme n’avoir rien sollicité ni reçu à Tripoli

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Au procès en appel du financement libyen, Brice Hortefeux affirme n’avoir jamais reçu d’argent à Tripoli en 2005 et nie tout rôle d’intermédiaire au profit de Nicolas Sarkozy lors de sa rencontre avec Abdallah Senoussi.

Ancien ministre et proche de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux a de nouveau nié toute implication dans un éventuel intermédiaire en faveur de l’ex-chef de l’État lors de son interrogatoire devant la cour d’appel de Paris. Assis dans la première chambre, l’élu de 67 ans a réaffirmé qu’il n’avait « jamais reçu d’argent à Tripoli en 2005 » et qu’il n’avait « rien sollicité » lors d’une rencontre qualifiée de discrète avec Abdallah Senoussi, alors numéro deux du régime libyen.

La rencontre de Tripoli au centre des débats

La séance s’est focalisée sur le déplacement de Brice Hortefeux à Tripoli le 21 décembre 2005 et sur la nature précise de son entretien avec Abdallah Senoussi, condamné antérieurement par la justice française à la perpétuité pour son rôle dans l’attentat du DC‑10 d’UTA en 1989, qui a fait 170 morts, dont 54 Français. D’abord peu audible, la voix de l’ancien ministre a pris de l’assurance au fil des questions du président de la cour d’appel, Olivier Géron, qui a méthodiquement reconstitué le calendrier diplomatique entourant la visite.

Hortefeux a insisté sur le caractère officiel et programmé du déplacement, soulignant avoir répondu à « une invitation officielle du ministère de l’Intérieur libyen ». Il a expliqué que la Libye cherchait à « revenir dans le cercle des nations fréquentables » et à renouer des liens, un contexte qu’il décrit comme un « redémarrage des relations diplomatiques » après des visites françaises récentes, notamment celles de Claude Guéant le 30 septembre 2005 et de Nicolas Sarkozy le 6 octobre 2005.

Condamnation en première instance et points contestés

En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait retenu que le déplacement visait à « obtenir des fonds » pour la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy et avait déclaré Brice Hortefeux coupable d’association de malfaiteurs. Il avait été condamné à deux ans de prison, peine aménageable sous bracelet électronique, assortie de l’exécution provisoire, et à une amende de 50 000 euros. Hortefeux a fait appel, dénonçant une « injustice ».

Devant la cour d’appel, il a répété qu’il n’était « pas demandeur » de cette audience à Tripoli et qu’il n’était « pas particulièrement désireux de (s’)y rendre ». Interrogé sur une lettre qu’il avait adressée au ministère de l’Intérieur libyen, datée du 15 novembre 2005, et dans laquelle il insistait pour que la rencontre ait lieu « avant la fin de l’année », il a expliqué que ses contraintes d’agenda le poussaient à programmer la visite à cette période plutôt qu’au début de l’année suivante.

La thèse du « piège » et le rôle de Ziad Takieddine

Au cœur de sa défense figure l’accusation d’avoir été « piégé » par Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais devenu principal accusateur dans l’affaire. Brice Hortefeux a affirmé que Takieddine avait besoin de « se crédibiliser » en organisant une rencontre avec un ministre français afin d’obtenir des avantages personnels. Selon lui, Takieddine lui a « menti en ne me disant pas que j’allais rencontrer Abdallah Senoussi ». « Car s’il m’avait dit cela avant mon déplacement en Libye, je ne serais pas allé en Libye », a-t-il déclaré à la barre.

Le prévenu a soutenu que, dans la note accompagnant son voyage, le nom d’Abdallah Senoussi et le rendez‑vous organisé avec lui « n’apparaît jamais ». Il a admis comprendre le scepticisme de l’audience : « Les gens dans cette salle peuvent dire : ‘Ben oui, il ne va pas écrire qu’il va rencontrer un terroriste !’ Mais il faut en tenir compte », a‑t‑il ajouté.

Contenu de l’entretien et suites du procès

Sur le fond de l’entretien, Hortefeux a assuré qu’Abdallah Senoussi s’était surtout informé de l’état de santé de l’ancien président Jacques Chirac et avait surtout insisté sur la question migratoire, évoquant la nécessité pour la France d’allouer « 500 millions » pour contenir des ressortissants libyens. « Ça s’est limité à ça », a résumé l’accusé. Il a répété avec force : « Si j’avais rencontré Abdallah Senoussi de manière délibérée, je le dirais. Mais je ne le dis pas parce que ce n’est pas la vérité. »

La cour a longuement interrogé la logique des parties en présence, notamment la finalité d’un tel entretien pour Senoussi et la réalité des promesses alléguées dans le dossier. Les débats, qui se sont poursuivis pendant près de cinq heures lors de cette audience, doivent reprendre lundi après‑midi pour compléter l’interrogatoire et entendre d’autres éléments de défense et de poursuite.

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