Proposition de loi à l’Assemblée pour lutter contre les formes renouvelées d’antisémitisme : débat sur la liberté d’expression, le slogan From the river to the sea et l’usage du mot génocide

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Inscrit le 26 janvier à l’Assemblée, le projet de loi visant à lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme » relance un vif débat sur la liberté d’expression : le slogan « From the river to the sea… » ou l’emploi du mot « génocide » pour Gaza pourraient-ils être visés ? Déposé en novembre 2024 par Caroline Yadan et cosigné par 120 députés, le texte sera précisé par les débats parlementaires.

Le projet de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », inscrit lundi 26 janvier à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, suscite des interrogations vives sur ses conséquences pour la liberté d’expression et le débat public.

Parmi les questions les plus sensibles figurent celle de savoir s’il resterait possible de scander « From the river to the sea, Palestine will be free » ( « de la mer (Méditerranée) au fleuve (Jourdain), la Palestine sera libre ») et celle de savoir si l’emploi du mot « génocide » pour qualifier les événements à Gaza pourrait entraîner des poursuites ou condamnations. Ces interrogations ont alimenté les débats depuis le dépôt du texte.

Les enjeux juridiques et symboliques

La proposition de loi place au centre des débats la frontière entre la répression des discours jugés antisémites et la protection des libertés d’expression et de manifestation. Le slogan cité ci-dessus est devenu un symbole polémique : pour ses détracteurs il exprime, selon eux, la négation du droit d’Israël à exister ; pour ses défenseurs il relève d’une revendication politique et d’une expression de solidarité avec les Palestiniens.

Le texte, tel que présenté, ne donne pas dans l’exposé public d’une liste exhaustive d’expressions interdites. Il soulève toutefois des questions pratiques et symboliques sur la capacité de la loi à tracer une ligne claire entre exhortation à la haine et prise de position politique. Les parlementaires et juristes interrogés lors des premières discussions ont insisté sur la nécessité d’éviter des formulations trop floues, qui pourraient conduire à des décisions juridiquement contestables ou à des interprétations divergentes selon les tribunaux.

Contexte politique et parlementaire

La proposition a été déposée en novembre 2024 par la députée des Français de l’étranger Caroline Yadan (Renaissance). Elle a recueilli la signature de 120 parlementaires du camp présidentiel et d’une « poignée » d’élus socialistes, parmi lesquels figure François Hollande, précise le texte d’origine.

Le projet intervient dans un contexte international et national marqué par la guerre à Gaza. Les chiffres cités dans le dossier législatif et dans les discussions publiques rappellent la violence du conflit : selon les autorités de Gaza sous le contrôle du Hamas, plus de 70 000 personnes y ont trouvé la mort. Ces pertes massives ont alimenté une vague mondiale de protestations et de débats sur la légitimité et la proportionnalité des opérations militaires.

La genèse du texte est explicitement reliée à la vague de protestation qui a suivi l’attaque du 7 octobre 2023 contre le sud d’Israël, qualifiée dans le dossier de « massacre terroriste » et ayant fait, selon les éléments cités, plus de 1 200 morts — une majorité de civils — et 250 otages.

Questions pratiques et incertitudes

Au stade de l’inscription à l’ordre du jour, plusieurs incertitudes demeurent. Le texte fait déjà l’objet de vives discussions en raison de la sensibilité des sujets qu’il aborde et de l’équilibre délicat qu’il prétend atteindre. Les termes mêmes de la future loi seront déterminants pour savoir si certaines formules seront explicitement visées, ou si les condamnations resteraient cantonnées à des cas d’incitation directe à la haine ou à la violence.

Les oppositions et une partie des observateurs ont souligné le risque d’effets dissuasifs sur le débat public, tandis que les partisans du texte mettent en avant la nécessité de répondre à l’évolution des formes d’antisémitisme, y compris dans des contextes protestataires.

A ce stade, la question centrale reste donc juridique et politique : comment définir, dans le texte, les contours d’une incrimination qui protège les personnes et groupes contre la haine sans empiéter sur des expressions politiques et des manifestations publiques ? Les auditions parlementaires et les débats à l’Assemblée permettront d’éclairer ces points au fil des amendements et des échanges.

Le calendrier parlementaire et la rédaction finale détermineront si la loi aura des effets immédiats sur des slogans, des prises de parole ou des qualifications comme celle de « génocide ». Jusqu’à l’adoption — ou au rejet — du texte, la portée exacte des mesures proposées demeure sujette à interprétation et à controverse.

(Article réécrit à partir du texte fourni : dépôt en novembre 2024 par la députée Caroline Yadan, cosigné par 120 parlementaires du camp présidentiel et une poignée d’élus socialistes, inscrit à l’ordre du jour le lundi 26 janvier. Chiffres cités : plus de 70 000 morts selon les autorités de Gaza sous le contrôle du Hamas ; plus de 1 200 morts et 250 otages lors de l’attaque du 7 octobre 2023.)

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