Rachida Dati à la commission d’enquête : préserver l’audiovisuel public, garantir le soutien de l’État à France Télévisions et engager une réforme vers une holding commune

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Rachida Dati a plaidé devant la commission d’enquête pour la préservation de l’audiovisuel public, promettant le soutien de l’État à France Télévisions tout en appelant à une réforme structurelle et au projet d’une holding commune. Elle a renvoyé les questions d’impartialité à l’Arcom, critiqué une remarque de Delphine Ernotte sur CNews et rappelé le contexte de l’affaire Legrand‑Cohen à l’origine de l’enquête.

Rachida Dati plaide pour la préservation de l’audiovisuel public

Jeudi 5 février (année non précisée dans le texte), la ministre de la Culture, Rachida Dati, a insisté devant la commission d’enquête parlementaire que « l’audiovisuel public français doit être préservé ». Sa déclaration intervient alors que le secteur traverse des tensions politiques et financières visibles au sein des médias et des institutions publiques.

« On ne doit pas l’affaiblir. On doit travailler ensemble », a ajouté la ministre face aux députés. La commission qui l’a auditionnée a été créée à la demande de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti, un parti allié du Rassemblement national et favorable, selon le compte rendu, à la privatisation d’une partie de l’audiovisuel public.

Sur la situation financière de France Télévisions et les réformes

Interrogée sur la « situation financière critique » de France Télévisions soulevée par la Cour des comptes, Mme Dati a rappelé que « l’audiovisuel public assure des missions de service public qui ne sont pas rentables ». Elle a affirmé que « l’État prendra ses responsabilités » concernant les besoins en capitaux de l’entreprise publique.

La ministre a toutefois insisté sur la nécessité d’une « réforme structurelle et d’organisation » pour le secteur, estimant indispensable d’engager des changements en parallèle des soutiens financiers. Elle a évoqué l’espoir que « le projet de holding commune pour le secteur voie le jour », sans détailler le calendrier ni les modalités précises de ce projet.

Sur la question de l’impartialité des médias publics, Mme Dati a renvoyé au rôle de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, chargée de veiller au respect des obligations déontologiques et pluralistes.

La ministre, candidate annoncée à la mairie de Paris, doit prochainement quitter le gouvernement, détail qui situe son audition dans un contexte politique particulier.

Rappel d’un épisode polémique avec la direction de France Télévisions

Mme Dati a également reproché à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, une remarque faite en septembre qualifiant CNews de « chaîne d’extrême droite », au plus fort d’un conflit entre médias proches du groupe Bolloré et l’audiovisuel public. La ministre rapporte lui avoir dit « que ce n’était peut‑être pas habile d’avoir indiqué qu’un autre média (…) était d’extrême droite ».

Cette critique souligne la sensibilité du débat sur la neutralité et les formules publiques des responsables de groupes audiovisuels, alors que la polarisation médiatique reste un sujet central des travaux de la commission.

Contexte : l’affaire Legrand‑Cohen et la création de la commission

La commission d’enquête a été lancée à la suite de l’affaire dite Legrand‑Cohen. Deux journalistes du service public ont été accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion, début septembre, d’une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux responsables du parti.

Dans cet enregistrement, Thomas Legrand déclarait : « Nous, on fait ce qu’il faut pour [Rachida] Dati, Patrick [Cohen] et moi », phrase qui a été interprétée par certains comme un signe de parti pris. Sur ce point, Mme Dati a réagi : « Quand on dit, “on va s’occuper de quelqu’un”, je sais à quoi ça renvoie » et jugé que « ce n’est pas un vocabulaire approprié ». Elle a en outre qualifié d’« inacceptable » la réalisation d’enregistrements « à l’insu des gens ».

Déroulement de l’audition et climat au sein de la commission

L’audition de la ministre, qui a duré près de trois heures, s’est déroulée globalement dans le calme, selon les comptes rendus. Ce calme a contrasté avec des épisodes précédents des travaux de la commission, marqués par des tensions entre députés.

Le président de la commission, Jérémie Patrier‑Leitus (Horizons), a d’ailleurs déploré, après un incident survenu la veille, le « triste spectacle » offert par une confrontation avec le rapporteur Charles Alloncle (UDR). Ces échanges montrent la polarisation politique qui entoure l’examen du secteur audiovisuel et la difficulté à mener des débats sereins sur des sujets mêlant finances, éthique et influence politique.

La position exprimée par Mme Dati lors de son audition récapitule les enjeux : garantir le financement et la mission de service public de l’audiovisuel tout en engageant des réformes structurelles, et confier au régulateur la responsabilité des questions d’impartialité.

Parlons Politique

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