Service national militaire volontaire : 10 mois pour les 18‑25 ans, 1 mois formation, rémunération ~800 €/mois, premières incorporations en 2026 (3 000→42 500 en 2035)

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Le ministère des Armées lance un service national militaire volontaire pour les 18‑25 ans : dix mois sur le territoire national (1 mois de formation), rémunération ~800 € brut/mois et premières incorporations en 2026 (3 000 volontaires, objectif 42 500 en 2035). Visée : renforcer le lien armée‑nation, compléter les forces et la réserve opérationnelle tout en préservant les parcours scolaires et sans déploiement à l’étranger.

Le ministère des Armées a lancé lundi une campagne de recrutement pour un « service national » militaire destiné aux jeunes âgés de 18 à 25 ans. Le dispositif est présenté comme un moyen de renforcer le lien entre l’armée et la nation et de répondre aux besoins des forces face à un contexte perçu comme incertain.

Modalités du recrutement et de la formation

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au mois d’avril pour des incorporations prévues entre septembre et novembre. La durée du service est fixée à dix mois et s’effectuera exclusivement sur le territoire national, en métropole ou dans les outre‑mers.

Après une formation initiale d’un mois, les volontaires seront intégrés aux unités et participeront aux missions définies par les armées. Selon le chef d’état‑major des armées, le général Fabien Mandon, « ils seront formés à réagir dans des situations inconfortables, à inscrire leur action dans le cadre d’un groupe organisé, solidaire, solide… » et « participeront au renforcement de la capacité de résistance de notre nation ».

La sélection des candidats reposera sur trois critères : l’aptitude médicale, la motivation et l’adéquation aux besoins des armées, a précisé la ministre des Armées, Catherine Vautrin. Le statut du volontaire prévoit une rémunération d’environ 800 euros bruts par mois et un logement pendant la période de service.

Rôles, profils et débouchés

Les volontaires pourront occuper des postes très variés. Ils pourront, selon les armées, servir comme pilote de drone ou comme fantassin dans l’armée de Terre, assurer la protection d’une base aérienne, être assistant sur simulateur d’entraînement dans l’armée de l’Air, ou embarquer sur un navire pour environ 20 % des appelés de la Marine.

Environ 80 % des sélectionnés auront entre 18 et 19 ans. Cette période sous l’uniforme sera considérée comme une année de césure dans le cursus scolaire et les vœux sur ParcoursSup seront préservés. Les 20 % restants viseront des profils plus spécialisés — ingénieur, analyste de données, infirmier, etc. — et pourront effectuer leur service jusqu’à 25 ans avec le grade d’aspirant, premier grade d’officier.

À l’issue des dix mois, le volontaire pourra reprendre ses études, s’engager dans la réserve opérationnelle ou solliciter un engagement dans l’armée d’active. Quel que soit son choix, chaque ancien militaire sera automatiquement placé pendant cinq ans dans la réserve opérationnelle de disponibilité, susceptible d’être rappelée pour un maximum de cinq jours par an.

Objectifs chiffrés et calendrier des effectifs

Le service volontaire s’inscrit, selon la ministre, « dans une évolution de long terme vers un modèle d’armée plus hybride ». Le schéma présenté associe 200 000 militaires d’active, 47 000 réservistes dès 2026 (avec un objectif de 80 000 en 2030) et les appelés du service national.

Pour 2026, l’objectif est d’enrôler 3 000 volontaires — répartis en 1 800 dans l’armée de Terre, 600 dans l’armée de l’Air et de l’Espace et 600 dans la Marine. Les objectifs annuels évolueront ensuite : 4 000 en 2027, 10 000 en 2030 et une ambition portée à 42 500 en 2035.

Coût et communication

Le coût total estimé du service national pour la période 2026‑2030 s’élève à 2,3 milliards d’euros. Cette somme couvre la paie, l’équipement, l’habillement et l’hébergement. Parmi ces dépenses, 1,4 milliard est destiné aux infrastructures et 150 millions d’euros sont prévus pour l’année 2026.

Le dispositif fera l’objet d’une campagne d’information dans la presse régionale, sur un site internet dédié et sur les réseaux sociaux. Il sera également présenté lors de la journée défense et citoyenneté, rebaptisée « Journée de mobilisation ».

Cadre politique et précisions

Les autorités ont tenu à souligner que les volontaires ne seront pas déployés à l’étranger. Interrogé sur le risque d’un « choc » face à l’armée russe évoqué par le chef d’état‑major, le général Mandon, la réponse a été claire : il n’est pas envisagé d’envoyer ces appelés hors du territoire national.

La ministre Catherine Vautrin a par ailleurs voulu rassurer sur la question d’un engagement contraint en cas de conflit majeur. « L’option d’une mobilisation générale nécessite un vote du Parlement, c’est vraiment dans des conditions extraordinaires qui ne se sont pas produites dans notre pays depuis la Seconde guerre mondiale », a‑t‑elle déclaré.

Ce service national volontaire marque une étape institutionnelle trente ans après la suspension de la conscription obligatoire. Il vise à conjuguer formation citoyenne, renforcement des capacités militaires et offres de parcours professionnels pour les jeunes.

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