Simplification: Sébastien Lecornu dévoile 70 mesures et exige un responsable unique par politique pour alléger l’administration et rendre l’État plus efficace

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Sébastien Lecornu ordonne à ses ministres de simplifier l’administration : chaque politique devra avoir « un seul responsable » (ministre, préfet ou élu) pour alléger le millefeuille administratif, améliorer la lisibilité de l’action publique et répondre aux attentes du grand débat, sans calendrier opérationnel détaillé.

Le Premier ministre a adressé des lettres à chacun de ses ministres pour leur donner « instruction » de « rendre » l’organisation administrative « plus simple » et « donc plus efficace ». Dans ces courriers, Sébastien Lecornu reprend un principe qu’il affiche depuis son arrivée à Matignon : l’action publique doit être compréhensible pour les citoyens et lisible pour les agents qui la mettent en oeuvre.

Une injonction à la clarté et un responsable unique

Au cœur de la directive figure l’exigence de clarté : chaque politique publique doit désormais identifier « un seul responsable », qu’il s’agisse « soit d’un ministre, soit d’un préfet, soit d’un élu ». L’objectif affiché est double : réduire la confusion pour les usagers et rendre plus transparente la chaîne de décision au sein de l’administration.

En insistant sur la lisibilité, le chef du gouvernement met l’accent sur la dimension symbolique et pratique de la réforme. Symbolique, parce qu’un responsable clairement identifié facilite la responsabilisation politique ; pratique, parce qu’il vise à simplifier les parcours administratifs et à améliorer la coordination entre services.

Viser le « millefeuille » administratif et la répartition des compétences

La consigne doit s’appliquer « en premier lieu » à l’État, à ses services et à ses agences, précise la lettre. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de s’attaquer au « millefeuille » administratif et aux chevauchements de compétences entre l’État et les collectivités territoriales. Ce dernier point est présenté comme un enjeu de fond : la superposition d’acteurs et de compétences est souvent pointée du doigt comme source d’inefficacité et de coûts supplémentaires.

Sur ce terrain, les pratiques des gouvernements précédents ont montré les difficultés à obtenir des résultats durables. Le chef du gouvernement reconnaît cette historicité et annonce une intention de rupture, tout en renvoyant à l’exercice politique et administratif que cela suppose.

Un contexte politique marqué par le grand débat

La démarche s’inscrit dans le sillage du grand débat issu de la crise des « gilets jaunes ». Sébastien Lecornu avait déjà exprimé en septembre 2025 son regret de n’avoir pas, selon lui, profité de ce moment pour « renverser la table en disant que le moment était venu de repenser l’organisation de l’État ». Il estimait alors que la dilution des responsabilités et les « surcoûts » rendaient nécessaire une réorganisation structurelle.

Ces références au grand débat servent à légitimer la nouvelle injonction : la demande de simplification est présentée comme une réponse directe aux attentes citoyennes exprimées lors de cette période de contestation et de consultation nationale.

Conséquences attendues et limites prévisibles

Dans sa lettre, le Premier ministre demande aux ministres de « faire le ménage ». Concrètement, cette injonction peut recouvrir plusieurs démarches : clarification des organigrammes, révision des compétences entre services, rationalisation des agences et renforcement des moyens de coordination. Le texte ne détaille toutefois pas de calendrier précis ni de mesures opérationnelles exhaustives.

Plusieurs obstacles sont néanmoins prévisibles. La répartition des compétences entre État et collectivités relève d’un équilibre politique et juridique délicat. De plus, les tentatives antérieures de simplification se sont souvent heurtées à l’inertie institutionnelle, aux résistances sectorielles et à la complexité des processus administratifs.

Le succès de l’initiative dépendra donc autant de la volonté politique que de la capacité à traduire des principes généraux en actions concrètes, mesurables et acceptées par l’ensemble des acteurs concernés.

Pour l’heure, le message adressé aux ministres est clair : il s’agit de réduire le flou et de rendre l’action publique plus lisible pour les citoyens et pour les agents. Reste à savoir comment cette orientation sera mise en œuvre sur le terrain et avec quels effets sur l’organisation administrative du pays.

Parlons Politique

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