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Benoît Hamon : remettre l’empathie et la joie au cœur de la gauche en faisant de l’égalité effective et de l’accueil des migrants une priorité politique

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Benoît Hamon appelle la gauche à retrouver empathie et joie : faire de l’égalité effective et de politiques concrètes d’accueil (hébergement, droits, services) le cœur d’un projet politique pour combattre la déshumanisation liée aux migrations et renouer avec l’action collective.

Benoît Hamon appelle la gauche à retrouver deux qualités politiques qu’il estime décisives : l’empathie et la joie. Pour lui, la montée des violences dans l’espace public et les passions tristes ont affaibli la capacité de gauche à répondre par autre chose que la colère, et cette dynamique a conduit, selon lui, à une défaite annoncée lorsque l’on oppose colère contre colère.

L’empathie comme ressource politique

Hamon souligne que l’empathie n’est pas une faiblesse, mais une ressource politique essentielle. Il cite un sondage réalisé fin 2023 par Singa et l’Institut Bona fidé, selon lequel 61 % des Français déclareraient qu’ils quitteraient leur pays si leur situation économique ou politique était comparable à celle qui pousse d’autres à l’exil. Ce chiffre, écrit-il, montre qu’il est possible d’avoir peur de l’immigration tout en s’identifiant, dans une certaine mesure, à ceux qui choisissent l’exil.

Cette capacité d’identification, poursuit Hamon, ouvre des perspectives pour l’action et le progrès social. Mais il met en garde : elle peut se fragiliser si les représentations racistes et xénophobes s’imposent dans le débat public. L’empathie n’est pas automatique ; elle doit être protégée et nourrie par des politiques concrètes qui réduisent les inégalités.

Quand la déshumanisation gagne du terrain

Pour Hamon, la perte d’empathie commence par une mise à distance radicale de l’étranger, présenté comme un « Autre » dénué de la condition commune d’humanité. Il rappelle que les grands crimes de masse s’ouvrent toujours par des processus de déshumanisation, où des personnes deviennent d’abord des statistiques, puis des « indésirables » ou des « criminels » dans le récit public.

Il dénonce la manière dont, sous la pression de l’extrême droite, le lexique des migrations se charge d’images catastrophistes : les mouvements de population sont comparés à des fléaux, des guerres ou des calamités naturelles. Les individus, avec leur singularité, s’effacent derrière des foules et des nombres qui alimentent la peur.

Hamon illustre son propos par un épisode récent qu’il considère symptomatique : l’occupation de la Gaîté‑Lyrique à Paris par 250 jeunes étrangers « sans toit ni papier ». Il cite la réaction d’Elon Musk, datée du 28 février 2025, qui a qualifié cette forme de solidarité d’« empathie suicidaire » et ajouté : « Le problème avec l’empathie suicidaire, c’est qu’elle marque la fin de la civilisation. Game over. » Hamon utilise cette prise de position comme contre‑point : elle signale, selon lui, l’ampleur de la collision entre deux visions du monde.

Relier empathie et égalité effective

Plutôt que de s’enfermer dans des oppositions de posture, Hamon plaide pour faire de l’affirmation de l’empathie un véritable projet politique. Pour lui, l’empathie se renforce lorsque l’égalité devient effective : la capacité à se mettre à la place des autres grandira si les écarts sociaux se réduisent et si les politiques publiques garantissent des conditions de vie dignes pour toutes et tous.

Il met l’accent sur la nécessité de traduire les valeurs en mesures concrètes : accueil, hébergement, droits administratifs et accès aux services. Sans ces traductions, estime‑t‑il, l’empathie reste fragile face aux récits qui divisent et stigmatisent.

Dans ce cadre, la joie occupe une place singulière. Hamon l’évoque non pas comme un simple état émotionnel, mais comme une force politique : la joie collective, selon lui, est la conséquence et la preuve d’un projet de société qui fonctionne et qui inclut. Redonner à la politique la capacité de produire de la joie, soutient‑il, revient à montrer que des alternatives existent à la polarisation et à la peur.

Ses mots rappellent une conviction centrale : « En France, l’empathie grandira à mesure que l’égalité effective progressera. » Cette formule résume l’idée directrice de son intervention, en liant étroitement dimension morale et transformations structurelles.

À la lecture de son propos, la question posée à la gauche est claire : comment articuler immédiatement des réponses pratiques aux urgences sociales et migratoires, tout en cultivant les dispositions morales qui empêchent la déshumanisation ? Pour Hamon, c’est à travers cette double démarche — des politiques concrètes et une culture politique de l’empathie et de la joie — que la gauche retrouvera une capacité d’action efficace et crédible.

Parlons Politique

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