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Comment combattre le néofascisme aujourd’hui : leçons de Gramsci, Umberto Eco et Marcuse pour décrypter hégémonie culturelle et autoritarisme

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Face à la montée de l’extrême droite et des discours autoritaires, rééditions et essais — notamment sur Marcuse, Gramsci et Umberto Eco — reviennent en librairie pour analyser le néofascisme contemporain. Marcuse alerte sur un autoritarisme pouvant s’appuyer sur des procédures démocratiques ; Gramsci éclaire l’hégémonie culturelle et le lien entre violence politique et intérêts économiques. Ces lectures offrent des clés pour décrypter la continuité possible entre capitalisme prédateur, nationalisme et pratiques répressives actuelles.

Face à la montée d’un « international » d’extrême droite et au renouveau des discours autoritaires, des rééditions et des essais consacrés à la lutte contre le fascisme retrouvent les tables des librairies. Parmi eux figurent des écrits d’Antonio Gramsci et d’Umberto Eco, ainsi qu’un livre récent consacré au philosophe Herbert Marcuse.

Herbert Marcuse : anticiper le « néofascisme »

Herbert Marcuse (1898-1979), penseur allemand de l’École de Francfort exilé aux États-Unis, est redevenu un point de référence pour analyser les formes contemporaines de l’autoritarisme. Connu pour Eros et civilisation (1955) et pour sa synthèse de Marx et Freud, il estimait déjà en 1971 qu’« le fascisme américain sera probablement le premier qui arrivera au pouvoir par des moyens démocratiques et avec un soutien démocratique ». Cette formulation illustre sa crainte que des pratiques électorales et des institutions formellement démocratiques puissent servir de véhicules à une logique autoritaire.

La philosophe Haud Guéguen, dans l’ouvrage Herbert Marcuse face au néofascisme (Amsterdam, 2025), prend au sérieux cette hypothèse. Elle décrit le « néofascisme » comme un phénomène qui s’appuie sur des ressorts pulsionnels issus d’un individualisme compétitif et d’une exigence de performance agressive. Selon elle, et d’après l’analyse qu’elle tire de Marcuse, cette tendance est « inhérente au capitalisme pris dans sa dimension prédatrice et autoritaire ».

Haud Guéguen promeut une lecture de Marcuse qui le rapproche des préoccupations écologiques et féministes. Elle va jusqu’à qualifier Marcuse, « à bon droit », d’écoféministe, soulignant la sensibilité du penseur aux questions environnementales et aux enjeux d’émancipation des femmes. Ces lectures contemporaines présentent Marcuse comme un auteur capable d’articuler critique du capitalisme et préoccupations sociales actuelles.

Antonio Gramsci : hégémonie culturelle et violence

Antonio Gramsci (1891-1937), cofondateur du Parti communiste italien, est depuis longtemps une référence dans l’analyse des mécanismes idéologiques. Sa notion d’« hégémonie culturelle » a parfois été déformée et récupérée par des acteurs de l’extrême droite, bien que le sens originel chez Gramsci vise à expliquer la domination des classes au travers des institutions culturelles.

Dans l’un de ses textes des années 1920, repris sous le titre Qu’est-ce que la réaction ? et publié dans le recueil Comment naît le fascisme (Grasset, 2025), Gramsci affirme que « Le fascisme est l’illégalité de la violence capitaliste ». Cette formule, concise et efficace, inscrit le fascisme dans une dynamique où la violence politique s’articule à des intérêts économiques et à des ambitions nationales, plutôt que d’être un simple épisode aventureux de l’histoire.

Les écrits réunis dans ce recueil couvrent la période 1920-1924, moment où Gramsci analyse la transition politique italienne et tente de comprendre la conjonction entre mouvement social, stratégies politiques et usages de la violence. Ces textes servent aujourd’hui de matériau de réflexion pour qui veut saisir les liens entre pouvoir économique, domination culturelle et formes de coercition politique.

Un panorama de textes pour une actualité inquiète

Les rééditions et les études contemporaines offrent un corpus critique pour penser la résurgence de pratiques et d’idéologies autoritaires. Le propos de Marcuse, la lecture critique de Gramsci et les essais d’Umberto Eco — mentionnés parmi ces publications — convergent sur l’idée suivante : le fascisme n’est pas seulement un phénomène du passé mais une virtualité possible de la modernité.

Le texte signale aussi des réalités contemporaines : la transformation des pratiques policières, ou des dispositifs migratoires, en forces aux allures paramilitaires est évoquée comme l’un des indices de cette actualité problématique. Sans prétendre dresser un panorama exhaustif, les travaux cités fournissent des outils d’analyse pour décrypter les gestes politiques et symboliques qui alimentent l’autoritarisme.

En rassemblant des essais historiques et des lectures contemporaines, ces publications visent à situer la résistance intellectuelle et politique face à des tendances qui lient capitalisme prédateur, nationalisme et usage légitimé de la violence. Elles invitent les lecteurs à considérer la continuité possible entre structures économiques, pratiques culturelles et mutations politiques.

Parlons Politique

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