Mort de Quentin Deranque : le RN instrumentalise le drame pour accuser LFI, ravivant la polarisation avant que la justice établisse les responsabilités

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La mort de Quentin Deranque, tué lors d’une rixe à Lyon entre groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche, déclenche une enquête judiciaire en cours. Le Rassemblement national instrumentalise le drame pour attaquer LFI et raviver la polarisation politique, avant que la justice n’établisse les responsabilités.

Depuis la mort de Quentin Deranque, jeudi 12 février à Lyon, le débat politique a pris un tour intense et polémique. Le jeune militant de la mouvance nationaliste-révolutionnaire a été tué lors d’une rixe opposant des groupuscules radicaux d’extrême droite et d’extrême gauche, un événement qui a immédiatement suscité des réactions politiques et médiatiques fortes.

Les faits et les premières investigations

Les premiers éléments disponibles mentionnent des affrontements entre petits groupes radicaux, situés aux marges des mouvements politiques institutionnels. Des interpellations ont été menées, visant notamment plusieurs membres de la Jeune Garde, une formation antifasciste créée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd’hui député (LFI) de Vaucluse. Les autorités ont ouvert une enquête, mais les procédures judiciaires et la vérification complète des responsabilités restent en cours.

Dans une ville où les affrontements entre groupuscules fascistes et antifascistes sont fréquents, la qualification des faits et l’identification des responsabilités exigent du temps et des vérifications. À ce stade, les constats policiers et les auditions sont prioritaires pour établir une chronologie précise et comprendre les responsabilités individuelles.

Une récupération politique immédiate

Le Rassemblement national (RN) a rapidement transformé l’affaire en argument politique. Selon le texte d’origine, le parti tente de transférer à La France insoumise (LFI) et à son chef, Jean‑Luc Mélenchon, la « tunique de Belzébuth » dont Marine Le Pen a cherché à débarrasser sa formation au fil de son parcours politique. Le RN accuse LFI d’une proximité coupable avec des groupes radicaux, et présente la mort de Quentin Deranque comme révélatrice d’un « péril » lié à l’extrême gauche.

Cette stratégie consiste, d’après les éléments cités, à attribuer à LFI un monopole de la radicalité politique en France et à dénoncer sa prétendue responsabilité dans les violences. Le parti d’extrême droite n’aurait pas attendu les conclusions de l’enquête ni l’aboutissement des interpellations pour porter ces accusations.

Les déclarations publiques et leurs enjeux

Lors d’une conférence de presse consacrée au « péril démocratique » de « l’extrême gauche », Jordan Bardella, président du RN, a réclamé, mercredi 18 février, la mise « à l’écart des institutions, que ce soit à l’Assemblée nationale (…) ou en vue des prochaines élections municipales ». Cette demande traduit une volonté politique de réintroduire à l’encontre de LFI un cordon sanitaire, notion qui avait longtemps servi à isoler les héritiers de Jean‑Marie Le Pen.

Le choix des mots — « péril démocratique », « mise à l’écart » — vise à transformer une affaire judiciaire encore en cours en enjeu institutionnel et électoral. Cette conversion d’un fait divers violent en argument pour restreindre la participation politique d’un adversaire soulève des questions sur la temporalité et l’opportunité de telles attaques, alors que l’instruction avance.

Conséquences pour le débat public

L’accélération des accusations politiques peut avoir plusieurs effets : polariser davantage l’espace public, détourner l’attention des enquêtes en cours, et nourrir la stigmatisation de mouvements entiers pour des actes commis par des individus ou des groupes marginaux. Dans ce contexte, la distinction entre responsabilités individuelles et responsabilité politique collective demeure centrale et doit être établie par la justice.

La stratégie du RN de transférer sur LFI la « diabolisation » dont il a lui‑même souffert historiquement illustre un retournement rhétorique. Plutôt que d’appeler à une réponse collective contre la violence politique, la démarche décrite tend à instrumentaliser le drame pour des objectifs électoraux et institutionnels.

À mesure que l’enquête progresse, les éléments factuels devront servir de base à tout jugement politique. Les acteurs publics et les responsables de formation politique ont par ailleurs la responsabilité de ne pas précipiter des conclusions, afin de préserver l’intégrité des procédures judiciaires et la clarté du débat démocratique.

Parlons Politique

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