Procès en appel des assistants parlementaires du RN : risques d’inéligibilité pour Marine Le Pen et scénarios de recomposition politique avant 2027

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La cour d’appel de Paris doit trancher avant l’été 2026 le procès des assistants parlementaires européens du RN : les avocats généraux ont requis cinq ans d’inéligibilité, quatre ans de prison (un an ferme) et 100 000 € d’amende, ce qui met en suspense la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle 2027. Son éventuelle inéligibilité pourrait provoquer une recomposition du Rassemblement national, favoriser des tentatives d’« union des droites » soutenues par des relais médiatiques et financiers, ou au contraire permettre l’ascension d’un successeur — avec des conséquences majeures pour l’équilibre politique et médiatique en France.

La cour d’appel de Paris doit rendre, avant l’été 2026, sa décision dans le procès en appel concernant les assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national, RN). Les avocats généraux ont formulé leurs réquisitions le mardi 3 février 2026 : cinq ans d’inéligibilité, quatre ans de prison dont un an ferme, et 100 000 € d’amende. Ces réquisitions rendent incertaine la possibilité pour Marine Le Pen de déposer une candidature à la présidentielle de 2027.

Deux scénarios politiques pour 2027

Si Marine Le Pen reste éligible, elle conservera, selon les analystes proches du dossier, le statut de candidate naturelle du RN. Dans ce cas de figure, la configuration politique serait relativement lisible : le RN resterait l’un des deux blocs structurants du second tour, aux côtés des forces républicaines classiques.

À l’inverse, son inéligibilité créerait une situation ouverte et potentiellement perturbatrice pour l’échiquier politique. Privé de sa dirigeante historique, le RN pourrait voir émerger des logiques de recomposition interne, mais aussi des tentatives d’alliances externes. Ces recompositions soulèvent des risques, estiment certains observateurs, parce qu’elles peuvent favoriser l’émergence d’une droite plus « respectabilisée » et disposant d’appuis médiatiques et financiers plus solides.

Union des droites : illusion ou vantage politique ?

On entend depuis plusieurs mois l’expression « union des droites » pour décrire l’idée d’une alliance entre la droite traditionnelle et l’extrême droite. Ce projet est encouragé par des acteurs influents cités par la presse, notamment Vincent Bolloré et Édouard Stérin. Mais tant que Marine Le Pen reste la tête de file du RN, elle n’a, selon ses déclarations publiques, aucun intérêt à diluer son contrôle en partageant l’affiche avec Les Républicains ou d’éventuels ex-macronistes. Elle a d’ailleurs affirmé qu’elle n’était pas favorable à l’« union des droites ».

Le Sommet des libertés, organisé en juin 2025 au Casino de Paris et associé aux réseaux de Bolloré et Stérin, illustre la capacité d’initiative de ces relais. L’événement a réuni des personnalités favorables à une convergence à droite, parmi lesquelles Jordan Bardella, Éric Ciotti, Sarah Knafo et Marion Maréchal. L’absence de Marine Le Pen lors de ce sommet a été relevée comme un indicateur des limites actuelles d’un projet d’union, alors que c’est elle qui demeure, pour l’instant, à la tête du RN.

Quels effets en cas d’inéligibilité ?

Si la cour prononce une inéligibilité, les conséquences seraient multiples et difficiles à prévoir avec certitude. Sur le plan électoral immédiat, le RN perdrait sa figure la plus connue, ce qui peut affaiblir sa capacité de mobilisation ou, au contraire, libérer d’autres ambitions internes. Sur le plan stratégique, l’absence de Le Pen pourrait faciliter des accords entre cadres du RN et des responsables de la droite dure cherchant à capitaliser sur l’électorat nationaliste.

Plusieurs scénarios restent envisageables : maintien d’un vote d’adhésion au RN autour d’un successeur choisi par la direction, fragmentation de l’électorat vers des listes concurrentes, ou ouverture de négociations avec des forces externes. Dans tous les cas, la disparition de la candidature de Marine Le Pen du paysage électoral ne garantit pas la disparition d’une dynamique d’extrême droite ; elle pourrait simplement en modifier la forme et les acteurs.

Un enjeu pour la scène politique et médiatique

Au-delà des conséquences partisanes, la question de l’inéligibilité touche aux relais médiatiques et financiers qui soutiennent certaines recompositions. La mise en avant d’un « visage » différent, plus « respectabilisé », est un objectif cité par des promoteurs d’union, qui cherchent à combiner notoriété et acceptabilité publique.

Pour l’instant, le calendrier judiciaire reste déterminant : la décision d’appel est attendue avant l’été 2026. Entre-temps, les stratégies des uns et des autres seront guidées par des arbitrages tactiques, par la nécessité de préparer des listes ou des candidatures, et par la vigueur des soutiens financiers et médiatiques.

Reste que, quelle que soit l’issue judiciaire, la recomposition annoncée ne se fera pas en espace vide. Elle prendra place dans un paysage politique où les équilibres nationaux se jouent à la fois sur des lignes program-matiques et sur la capacité de rassembler ou de diviser des électorats déjà polarisés.

Parlons Politique

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