Salomé Zourabichvili a récemment mis en garde contre les risques pour les démocraties et estimé que « Vladimir Poutine est affaibli par la guerre au Moyen‑Orient ». Dans ses propos, elle a lié cet affaiblissement à des répercussions géopolitiques, tout en soulignant l’importance cruciale de l’élection présidentielle française de 2027 : « L’enjeu de l’élection présidentielle française de 2027 est extrêmement important. Une démocratie n’est pas donnée pour toujours. »
Parcours et légitimité contestée
Fille d’immigrés géorgiens installés en France depuis 1921, Salomé Zourabichvili a débuté sa carrière dans le service diplomatique français dans les années 1970. Soutenue par le parti Rêve géorgien (Georgian Dream) — au pouvoir en Géorgie depuis 2012 — elle a été élue cinquième présidente de la Géorgie lors de l’élection présidentielle de 2018, devenant la première femme à occuper cette fonction dans le pays.
À la suite d’un scrutin qualifié de contesté et largement boycotté par l’opposition, elle a, de facto, perdu la présidence en décembre 2024. Malgré cette évolution, elle se présente toujours comme la cheffe d’État « légitime » de la Géorgie, expression qu’elle a maintes fois reprise pour dénoncer la manière dont le pouvoir a évolué dans le pays.
Analyse : la guerre au Moyen‑Orient et ses effets
Dans ses déclarations, Zourabichvili observe que la guerre au Moyen‑Orient a déplacé l’attention internationale, reléguant temporairement la situation ukrainienne au second plan. Elle considère que ce déplacement d’attention affaiblit indirectement certains acteurs, dont la Russie de Vladimir Poutine. Sa formulation — « Vladimir Poutine est affaibli par la guerre au Moyen‑Orient » — traduit l’idée que des engagements et des coûts supplémentaires sur d’autres théâtres compliquent la projection de puissance russe.
Elle alerte en parallèle sur la fragilité des institutions démocratiques. « Une démocratie n’est pas donnée pour toujours », a‑t‑elle déclaré, rappelant qu’elle a « vu comment ces institutions peuvent disparaître en l’espace d’un an » dans le contexte géorgien. Cette observation vise à mettre en garde contre la banalisation des reculs institutionnels et à mobiliser l’opinion sur la vigilance démocratique.
Enjeux pour la France et pour la région
En reliant la question géopolitique à la préparation de l’échéance présidentielle française de 2027, Zourabichvili pose un double constat : d’une part, les crises internationales modifient l’agenda et les priorités des puissances européennes ; d’autre part, la résilience démocratique dépend aussi de la capacité des sociétés à rester vigilantes face aux pressions internes et externes.
Son propos rappelle que les dynamiques régionales — conflits, alliances, rivalités — peuvent avoir des effets en chaîne sur des dossiers nationaux comme la sécurité, l’économie et la diplomatie. En creux, elle invite à considérer la géopolitique comme un facteur influent des débats et des choix politiques à venir en France.
Situation interne en Géorgie
La trajectoire politique de la Géorgie, depuis l’arrivée au pouvoir du Rêve géorgien en 2012 jusqu’aux contests électoraux de 2024, constitue le cadre de référence de ses mises en garde. Zourabichvili, ancienne diplomate française devenue présidente, fait valoir son expérience personnelle pour illustrer la rapidité possible des ruptures institutionnelles.
Ses déclarations sur la légitimité et la contestation du scrutin traduit une polarisation persistante dans la vie politique géorgienne. Elles témoignent aussi de la persistance d’un débat international sur la qualité des processus électoraux et sur la place des observateurs et acteurs extérieurs dans l’évaluation de ces processus.
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