Antilles : sargasses étouffent mangroves et herbiers, dégagements d’hydrogène sulfuré et d’ammoniac, étude Guadeloupe 2025 alerte sur risques sanitaires et gestion côtière

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Sargasses : nappes récurrentes dans les Caraïbes dégagent sulfure d’hydrogène et ammoniac, provoquant irritations oculaires et troubles respiratoires, et désoxygénèrent mangroves et herbiers. Une étude en Guadeloupe (2025) vise à quantifier ces impacts et améliorer la gestion côtière.

Fléau devenu récurrent dans les Caraïbes et le long de plusieurs littoraux nord-américains, les sargasses posent des problèmes à la fois sanitaires et écologiques pour les populations exposées. Ces grandes nappes d’algues brunes émettent des gaz toxiques, notamment du sulfure d’hydrogène et de l’ammoniac, qui provoquent irritation des yeux et des voies respiratoires chez les personnes à proximité.

Une nuisance pour la santé publique

Les émissions gazeuses dégagées lorsque les sargasses s’échouent et se décomposent sont au cœur des préoccupations sanitaires. Le sulfure d’hydrogène, même à faibles concentrations, peut irriter les muqueuses et aggraver des troubles respiratoires préexistants.

Les symptômes observés par les professionnels de santé incluent des brûlures oculaires, des toux, et des gênes respiratoires. Ces effets sont documentés sur les populations vivant près des zones d’échouage, où l’exposition peut être répétée pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Origines et facteurs d’amplification

La prolifération des sargasses s’est intensifiée depuis 2011, selon le constat général rapporté par des acteurs scientifiques et locaux. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ce phénomène : une modification des courants marins, le dérèglement climatique et une hausse des températures de surface de la mer.

Ces éléments favorisent la dispersion et la formation de larges nappes, dont la fréquence et l’ampleur semblent supérieures à celles des décennies précédentes. Les épisodes répétés posent des difficultés de gestion pour les autorités locales et les collectivités côtières.

Impacts sur les milieux naturels côtiers

Les premières observations issues d’une mission scientifique commandée en 2025 témoignent d’effets notables sur les habitats littoraux. La préfecture de Guadeloupe a demandé à des biologistes marins de l’université des Antilles une étude visant à mesurer l’impact du phénomène sur la biodiversité.

Selon ces premières constations, les mangroves et les herbiers marins sont particulièrement touchés. Ces milieux jouent un rôle essentiel de refuge et d’aires d’alimentation pour de nombreuses espèces, ainsi que de protection contre l’érosion côtière.

« Globalement, les bactéries qui décomposent les sargasses lorsqu’elles arrivent sur les rivages consomment tout l’oxygène, rendant l’espace inhabitable pour la faune et la flore », résume Charlotte Dromard, enseignante-chercheuse en biologie marine.

Cette désoxygénation locale peut provoquer des mortalités d’organismes benthiques et modifier la composition des communautés sous-marines. Les conséquences à moyen et long terme sur les populations de poissons, crustacés et autres espèces associées restent encore partiellement documentées.

Enjeux de gestion et limites des connaissances

La multiplication des échouages complique la gestion côtière. Les opérations de collecte représentent un coût logistique et environnemental important et peuvent s’avérer insuffisantes face à des arrivages massifs et répétés.

Par ailleurs, les données scientifiques sur certaines conséquences écologiques sont encore lacunaires. L’étude demandée en 2025 par la préfecture de Guadeloupe vise à combler certains de ces manques en mesurant précisément l’impact des sargasses sur la biodiversité locale.

Les autorités et les chercheurs insistent sur la nécessité d’approches coordonnées entre gestionnaires, scientifiques et acteurs locaux pour mieux évaluer et réduire les risques sanitaires et écologiques.

À ce stade, les constats rapportés restent basés sur des observations préliminaires et des investigations en cours. Les résultats détaillés de l’étude de l’université des Antilles devront être publiés pour affiner la compréhension des effets et orienter des réponses adaptées.

Parlons Politique

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