La Banque de France a annoncé, mardi 24 mars, un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros au titre de l’exercice 2025. Ce résultat permet d’effacer les pertes de 7,7 milliards constatées en 2024, elles-mêmes liées à la période de taux directeurs élevés.
Les ressorts du gain : une opération « technique sur l’or »
Selon le gouverneur François Villeroy de Galhau, une part importante du bénéfice provient d’une opération qualifiée de « technique sur l’or ». La Banque de France fait depuis plusieurs années fondre et reconditionner certaines barres d’or pour atteindre un taux de pureté supérieur à 99,5 %, conformément aux « standards les plus modernes » de conservation.
Dans le cas présent, l’institution détenait 129 tonnes d’or dans les coffres de la Réserve fédérale américaine (Fed). Ne souhaitant ni faire fondre ces barres aux États-Unis ni les rapatrier par bateau vers l’Europe — une option jugée trop coûteuse — la Banque de France a procédé à la vente de ces 129 tonnes puis à leur rachat sur le marché européen.
Cette séquence de cessions et d’achats a généré, en comptabilité, un gain d’environ 11 milliards d’euros. Ce bénéfice est lié à l’écart entre le cours actuel de l’or, très élevé l’an dernier, et les prix d’acquisition antérieurs.
Effet de la baisse des taux sur les revenus monétaires
Un second facteur déterminant du résultat 2025 est la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). Avec une inflation en recul l’année dernière, la BCE a progressivement abaissé son taux de rémunération des dépôts, passant de 3 % en début d’année à 2 % à partir de juin 2025.
Pour la Banque de France, cela s’est traduit par un taux moyen de rémunération des dépôts des banques commerciales de 2,3 % sur l’année 2025, contre 3,7 % en 2024. La diminution de ce coût a permis d’augmenter de 10,2 milliards d’euros les revenus dits « monétaires » de l’institution.
Une position nette confortable et la capacité d’absorption des chocs
À la clôture de l’exercice, la Banque de France affiche une situation nette de 283 milliards d’euros, somme décrite par son gouverneur comme l’argent « en théorie disponible pour faire face à tout choc monétaire ». François Villeroy de Galhau a assuré que, grâce à cet niveau de capitaux propres, la banque centrale nationale était capable d’affronter « n’importe quel choc » à venir.
Ce constat intervient au moment où le gouverneur a annoncé qu’il quitterait son poste en juin, après onze années à la tête de l’institution. Il s’agit de la dernière présentation annuelle des résultats effectuée par M. Villeroy de Galhau avant son départ, précisent les annonces officielles.
Au total, la combinaison d’un gain exceptionnel lié à une opération sur l’or et de produits monétaires renforcés par la baisse des taux a permis à la Banque de France de redresser sa situation comptable en un an. Les chiffres publiés — 8,1 milliards d’euros de bénéfice en 2025, 7,7 milliards de pertes en 2024, 11 milliards liés à l’opération sur l’or, et 283 milliards d’euros de situation nette — constituent les éléments centraux du bilan communiqué lors de la conférence de presse.





