Le budget promulgué le 19 février 2026, après des débats parlementaires longs et la recourse à l’article 49.3 de la Constitution, devrait réduire la croissance de la France en 2026 de 0,5 point, estiment les experts de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Cette estimation figure dans une note publiée jeudi 26 février 2026.
Chiffres clés et comparaison avec le projet initial
Selon l’OFCE, l’impact du budget sur le produit intérieur brut (PIB) pour 2026 serait de -0,5 point. Ce coût pour la croissance reste inférieur à celui évalué pour le projet initial de loi de finances, qui avait été chiffré à -0,8 point. Autrement dit, les modifications apportées au texte en cours d’examen auraient réduit l’effet négatif attendu de 0,3 point.
Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE, commente cette estimation en la reliant à la prévision de l’institut : « Cette estimation peut nous amener à réviser à la hausse notre prévision de croissance pour 2026, qui est actuellement de 1 % ». L’OFCE fait ainsi état d’une progression du PIB attendue autour de 1 % pour 2026, contre 0,9 % pour 2025.
Pourquoi le budget pèse sur la croissance
L’OFCE explique que l’effet négatif du budget provient principalement de la combinaison de mesures d’économies qui pèsent sur la consommation des ménages et sur l’investissement des entreprises. La note ne détaille pas toutes les mesures une par une dans le résumé publié, mais souligne que ces deux canaux — consommation et investissement — sont les vecteurs principaux du freinage de l’activité.
Concrètement, une politique budgétaire moins expansive tend à réduire le revenu disponible des ménages et la demande globale, ce qui peut restreindre les dépenses de consommation. De même, des perspectives de demande plus faibles ou des mesures affectant les marges et la trésorerie des entreprises peuvent conduire à un report ou à une réduction des investissements. Ces mécanismes sont évoqués par l’OFCE pour expliquer la dégradation relative de la dynamique de croissance.
Contexte politique et réactions
Le texte budgétaire a été promulgué le 19 février 2026 après des débats parlementaires marqués par des tensions, qui ont conduit le gouvernement à recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la loi sans vote final. L’usage de cet article, qui permet l’adoption d’un texte sans vote formel du Parlement lorsqu’il est engagé par le gouvernement, a été souligné dans la communication entourant la promulgation.
Parallèlement, la Banque de France, dont le gouverneur François Villeroy de Galhau a été entendu à l’Assemblée nationale le 18 février 2026, a donné une indication relativement proche de celle de l’OFCE. Lors de son audition, il a déclaré : « Le PIB [produit intérieur brut] devrait progresser d’au moins 1 % ». Cette convergence de chiffrages entre l’institut de conjoncture et l’autorité monétaire souligne une certaine cohérence dans les attentes sur la trajectoire de l’économie pour l’année à venir.
Perspectives et incertitudes
L’estimation de l’OFCE — une contraction attendue de 0,5 point de la croissance liée au budget — a une portée claire mais reste soumise à des incertitudes. L’ampleur réelle de l’effet dépendra de la mise en œuvre précise des mesures, de la réaction des ménages et des entreprises, et de l’évolution des autres composantes de la demande intérieure et extérieure.
Les auteurs de la note indiquent que cette révision d’impact peut conduire l’OFCE à ajuster sa prévision de croissance pour 2026. Si la prévision actuelle est de 1 %, une amélioration ou une détérioration de la conjoncture au cours des prochains mois pourra modifier sensiblement ce chiffre, comme c’est habituellement le cas pour les projections macroéconomiques à un an.
Au final, l’OFCE identifie un effet mesurable du budget sur la croissance 2026, atténué par rapport au texte initial, mais suffisamment significatif pour influencer les prévisions d’activité et susciter des attentions particulières dans les prochains mois.





